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Au grand bal de la pub

30 juillet 2007, 00:00

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Désopilantes tenues fifties : chapeaux rouges et noirs, gants blancs, vestons d?époque, longues robes bleues, ambre, couronnées de cascades de perles?

le tout dans une atmosphère de bal. En musique et sur scène, la petite société de la pub s?est donné rendez-vous samedi au Domaine Les Pailles pour sa grand-messe profane, annuelle et sans tabous. Au menu : les récompenses d?un an et demi de joyeux mais néanmoins réels labeurs: les Association of Advertising Agencies (AAA) awards.

Il est 20 heures. Sous les cuivres très Big Band de l?atelier Moz?art, d?une table à l?autre, on se salue, on se revoit, parfois de loin, mais toujours sourire. A droite du plateau, presque cachés, les rutilants trophées de verre qui attisent l?attention.

En état de ?Grace Kelly?, Pria Thacoor, présidente de l?AAA, toute de satin et tulle, paraît et annonce ?La? nuit sacrée de la pub en remerciant les sponsors.

A 22 heures, on passe aux préliminaires, entrecoupés par les moments de poésie (Piaf, Oscar et Hamerstein), chantés par l?élégante Stéphanie, au souffle aussi inépuisable que Rama Poonoosamy, Chairman de l?AAA Awards Committee, est, selon le mot de Piyush Pandey, président du grand jury, ?superenergetic?. Et par des reprises de chorégraphies remises à la saveur toute créole de ?Singing in the rain? et de danses latines qui enflammèrent les fifties. Et qui continuent d?enflammer, portant une étincelle épicée à La (The) Flame, le sigle des AAA Awards.

Si bien que quand commencent les choses sérieuses, le spectateur est complètement enveloppé dans le cérémonial de la religion publicitaire. 22 h 45: Piyush Pandey peut rendre hommage à un ?island spirit that no mainland can match?. La joute est ouverte.

Oeuvre utile

On applaudit beaucoup. Normal. On comprend assez l?adhésion du jury, confirmée par le public, aux Thaïlandais Jippra Phiurupsakul et Monshai Vitpusimond de Publicis et leur humour déboutonné dans Shakespearian Gecko (Internatioal Low Budget Tv). On n?est guère étonné que Cread, qui a mêlé ?uvre utile et design pour la Blood Donors Association et pour le ministère de la Santé (Chikungunya), ait raflé l?or pour la meilleure campagne de presse et la catégorie des spots télévisés à petits budgets.

Le fantasme de l?Italienne pour Alfa Roméo (P & P Link Saatchi and Saatchi : bronze pour la campagne radio) a le mérite de fonctionner. Et la force des images de la violence infantile par les Kenyans de Olgivy et Mather s?impose d?elle-même. L?humour malicieux de Circus frappe juste pour sa campagne pour les Etudes en France. Ne vaudrait-il pas davantage son or si argent et bronze dans la Best overall campaign avaient trouvé preneurs ?

Certaines catégories n?offrent, elles, pas d?or : sous le regard épuisé des garçons très sollicités tout au long de l?événement, le Best radio Campaign donnera une palme d?argent à P & P Link Saatchi and Saatchi, qui aura réalisé un parcours de toute beauté pour ces awards (trois prix).

23 h 40, certains, repus du copieux repas servi lors de la soirée, et peut-être un peu gais, paraissent enfoncés dans leur chaise. A part le ?superenergetic? Rama Poonoosamy, et Vino Sookloll (Cread), sémillant dans son costume de satin broché. Il a de quoi sourire avec pas moins de cinq trophées.

A minuit, c?est fini? pour les awards. Allez tout le monde sur la piste de danse. Le bal reprend de plus belle. Ce n?est pas une illusion.

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