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Au-delà du folklore
Pas question de réduire la culture musicale de Rodrigues aux rythmes traditionnels. D?accord, le Festival qui lui était consacré au Caudan a choisi de faire la part belle au patrimoine. Mazok ? version rodriguaise de la mazurka ? kotis ? déformation de scottish et séga tambour ont tenu le haut de l?affiche de jeudi à hier. Mais prendre la mesure de Rodrigues, n?est-ce pas justement dépasser le cadre convenu ?
Les organisateurs du Festival Rodrigues au Caudan y ont pensé. Bonne idée qui a pris la forme d?un cabaret. Des notes d?accordéon, le tintement du triangle, la ravanne à la fois similaire mais qui revendique discrètement sa différence. La petite foule massée au front de mer, samedi soir, s?est vue transporter dans la petite île montagneuse.
Etoile Rouge et Ambiance Tropicale. Chapeaux de paille et tenues à fleurs étaient de rigueur. Sans effort, l?assistance s?est laissé prendre par le rythme quadrillé de ces danses aux origines coloniales. On n?a pu se retenir de se tortiller, un peu comme le mouchoir qui unit cavaliers et partenaires.
Pourtant, ?le traditionnel se perd ?. Propos de Hardy Meunier. Il était lui aussi à l?affiche hier soir. De Rodrigues, il véhicule une nostalgie douce amère. De celle qui s?offusque que ?labominasyion ape fer ravaz, tou dimoun pe vinn insensib ?. Mais qui reste cinq ans sans faire d?album, parce que pris dans le tourbillon de la vie. ?Je suis parti de Rodrigues à l?âge de deux ans.? Installé d?abord à Poste-de-Flacq avec un père bricoleur, à l?adolescence, Hardy Meunier bouge pour Pointe-aux-Canonniers. Une vie de petits boulots, des soirées à gratter une guitare dans des soirées pour touristes.
Enivré par les premiers applaudissements, Hardy Meunier persévère. Enregistre deux albums, dont le dernier s?intitule justement Rodrigues, sorti en 2000. Il a aussi signé une reprise du Ti mamzel du Réunionnais Thierry Gauliris de Baster.
Et puis plus rien. Hardy Meunier est dans les affaires. En plus de faire tourner une école de plongée à Grand-Baie, il s?occupe du business familial qui propose des croisières sur catamaran, de la marche sous l?eau et du parachute ascensionnel.
Décidément très pris, Hardy Meunier a aussi repris la boîte de nuit de ses parents, Le Bambous, qu?il a rebaptisé le Kilimanjaro. Et même s?il aime les mélanges de jazz et reggae avec du séga, nous avons le sentiment qu?il faudra encore pas mal de temps avant que Hardy Meunier chante à nouveau Rodrigues.
Pendant qu?il s?assure que ?sa petite entreprise ne connaît pas la crise?, le public s?est enthousiasmé pour Snyper. Son look vaut mieux que toutes les tournures de style. Crâne rasé, diamants aux oreilles, lunettes de soleil même la nuit. Son pote à lui, c?est Ultimatum de Monaster. Après leur duo Black is Beauty, Snyper, de son vrai nom Jean Daniel Milazar, s?est lancé en solo. Son motto : ?Faire reconnaître mon île.? Si le rythme de son rap mâtiné de soul n?a rien de spécifiquement rodriguais, reconnaissons la pertinence des textes. Et surtout l?intégration réussie dans le paysage musical local.
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