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Arvin Boolell plaide pour une zone de libre-échange entre les pays ACP
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Arvin Boolell plaide pour une zone de libre-échange entre les pays ACP
L?union fait la force. C?est en substance le message que souhaitait faire passer Arvin Boolell, ministre des Affaires étrangères. Il a mis en exergue les risques de l?effritement de l?unité des Etats d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) dans le sillage de la signature des Accords de partenariat économique (APE), séparés ou bilatéraux, avec l?Union européenne (UE). C?est l?une des raisons pour lesquelles le ministre a proposé la création d?une zone de libre-échange entre les pays ACP lors du sommet des chefs d?Etat et de gouvernement ACP à Accra, au Ghana, les 2 et 3 octobre.
«Il y a un grand risque d?affaiblissement de la base même de la cohésion, de l?unité et de la solidarité. Nous ne devons pas permettre que cela arrive. Un groupe ACP divisé est un groupe ACP faible. Nous avons vu lors des négociations comment la Commission européenne (CE) a exploité notre division», a argué Arvin Boolell. Le chef de la diplomatie mauricienne a fait un véritable plaidoyer en faveur d?un groupe ACP «fort» et «uni» car c?est, dit-il, «la seule façon de se faire respecter».
Il a déploré que l?UE ait imposé des tarifs élevés sur certains produits d?exportation aux Etats ACP qui ont décidé de ne pas signer les APE. D?autant plus que ces Etats exerçaient leur droit de souveraineté et que les APE en question n?étaient qu?intérimaires. «D?une certaine façon, c?est une punition. C?est inacceptable», a estimé le ministre Boolell. A son avis, c?est seulement à travers une intervention politique au plus haut niveau que l?on pourra résoudre les problèmes qui entravent les progrès des négociations au sujet des APE. «Le temps presse. Il faut agir vite et il ne faut pas permettre que les APE nous affaiblissent», a-t-il souligné.
<B>Organisation dynamique</B>
Ainsi, le ministre a proposé que le sommet prenne un certain nombre de décisions visant à «consolider et renforcer» le groupe ACP pour pouvoir faire face aux défis soulevés par les APE. Sans oublier ceux de la globalisation et d?autres développements, tant sur le plan régional qu?international.
Tout d?abord, l?intégration du groupe ACP est importante pour pouvoir avoir une organisation «dynamique». De l?avis d?Arvin Boolell, l?expérience APE peut servir de base pour décider dans quelle direction le groupe doit bouger. Ainsi, il a proposé que le Conseil des ministres des Etats ACP soit immédiatement mandaté pour examiner la possibilité d?établir une zone de libre-échange entre les pays membres. Cette zone de libre-échange pourrait utiliser comme base les concessions commerciales que les Etats ACP ont, individuellement ou sur une base régionale, accordées à l?UE sous les APE, intérimaires ou complets.
«Une zone de libre-échange ACP est faisable et peut être établie rapidement. Dans le passé, une telle proposition a déjà été faite, mais il n?y a pas eu de progrès sur la question. Maintenant, c?est le moment opportun pour aller de l?avant», dit-il.
Le chef de la diplomatie mauricienne appelle aussi de ses v?ux le renforcement de la coopération entre pays ACP. A cet effet, il faudra, selon lui, saisir l?occasion qu?offre le dixième Fonds européen de développement, au sujet des avenues de coopération, pour voir le financement des projets et des programmes communs aux Etats ACP. La science, la technologie, la recherche, l?éducation, la formation et les technologies de l?information et de la communication, peuvent être des secteurs initiaux de coopération.
Arvin Boolell a soulevé, en troisième point, la crise alimentaire, qui a affecté plusieurs Etats ACP et qui représente, à son avis, une opportunité. Car, dit-il, en Afrique, il y a suffisamment de terre, de main-d??uvre et d?eau pour nourrir la population, à condition que les politiques appropriées soient mises en place, avec les infrastructures, la technologie et le financement nécessaires.
Dans ce contexte, le ministre Boolell a déclaré que les pays ACP accueillaient favorablement la proposition de la CE pour une aide de Rs 43 milliards (1 milliard d?euros). Cela afin de les aider à faire face à la hausse des prix des denrées alimentaires. Il a également demandé à l?UE d?accorder une attention spéciale aux pays qui dépendent entièrement des importations pour leurs approvisionnements, et de considérer les propositions de financement de projets nationaux qui ont une dimension régionale.
Le ministre des Affaires étrangères mauricien a souhaité que les programmes déjà arrêtés soient dotés des ressources appropriées pour promouvoir le développement de l?énergie solaire, de la seconde génération de biocarburants et des éoliennes.
Arvin Boolell a conclu en affirmant que le groupe ACP peut jouer un rôle important dans la promotion de la coopération commerciale Sud-Sud. A cet effet, il a proposé également l?institution rapide d?un mécanisme pour consolider davantage les relations entre le groupe ACP et les économies émergentes.
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