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Armstrong en patron

16 juillet 2004, 20:00

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Hier, le Tour prenait son véritable envol. Au menu des 167 coureurs restants, le col d?Aspin et du Tourmalet. L?heure de la bagarre entre les favoris avait bel et bien sonné, et aucun des ténors ne pouvait se cacher, ni même bluffer. La chaleur allait être au rendez-vous et annonçait une journée éprouvante, synonyme d?enfer pour tous les lâchés. Le maillot jaune, Thomas Voeckler, s?élançait de Castelsarrasin avec 9 minutes et 35 secondes d?avance sur Lance Armstrong et jouait gros sur ces deux montées de première catégorie.

<B>Un groupe de quatre</B>

Dès le quatrième kilomètre, quatre hommes se font la belle, Kim Kirchen (Fassa Bortolo), Wim Vansevenant (Lotto-Domo), Marcus Ljunqvist (Alessio Bianchi) et Frédéric Finot (RAGT). Rapidement, l?écart plafonne à quatre minutes, sans arriver à grimper davantage, alors que les attaquants de ce début d?étape sont partis pour un numéro bien délicat. A l?arrière, le peloton, emmené par les US Postal et les Brioches La Boulangère, roule de manière soutenue, sans mener de chasse prématurée. Les quatre offensifs du jour, n?ayant réussi à creuser l?écart, sont rattrapés dans les prémisses du col d?Aspin. Les conditions climatiques se gâtent, des trombes d?eau tombent sur les coureurs.

Dans les premiers kilomètres du col d?Aspin, les premiers lâchés se ramassent à la pelle. McEwen, Finot et cie décrochent et leur fin de journée sera très éprouvante. A l?avant, les US Postal emmènent très fort, et tous les favoris suivent comme des aimants. A mi-chemin du sommet, Simeoni (Domina Vacanze) porte une attaque, alors que les cadors s?observent. Christophe Moreau (Crédit Agricole) tente de partir, mais Virenque le suit et nos deux Français rejoignent le coureur italien de la Domina Vacanze, avant de se faire avaler par le train des « Postiers ». Rasmussen (Rabobank) s?échappe à 6 km du sommet, et prend le large. A 1 km de la banderole indiquant la fin de l?ascension, le coureur de la Rabobank compte 12 secondes d?avance sur le groupe emmené par les coéquipiers de Lance Armstrong. A l?arrière de ce groupe, Thomas Voeckler continue de tenir, alors que Zubeldia et Hamilton ne paraissent pas au mieux.

<B>Ullrich craque</B>

Dans la descente du col d?Aspin, Rasmussen creuse le trou et compte 30 secondes d?avance sur le groupe maillot jaune. Un temps piégé par un groupe de six, dont Ullrich, Armstrong revient avant l?ultime montée, alors que Brochard et Mercado partent en poursuite. La dernière épreuve approche, et tous les prétendants sont là, prêts à en découdre à 12 km du terme de cette étape. Dans les premiers lacets du Tourmalet, les « Postiers » imposent une allure du tonnerre, et comme prévu, des coureurs décramponnent. Tyler Hamilton lâche prise d?entrée, tandis que Sastre contre à l?avant. Richard Virenque et Thomas Voeckler ne peuvent suivre et se laisse décrocher. L?incroyable se produit au kilomètre 192, Jan Ullrich est au plus mal et bascule à l?arrière. A l?avant, Armstrong élimine un par un ses adversaires.

Après le coureur de la T-Mobile, Heras et Simoni décrochent. A 5 km de La Mongie, Sastre en remet une couche et s?extirpe du groupe Armstrong. Dès lors, le quintuple vainqueur du Tour compte plus qu?une dizaine de coureurs dans sa roue, et plus aucun coéquipier devant lui. A deux kilomètres du terme, Armstrong attaque sèchement, Mayo ne peut suivre, mais Basso parvient à rester, seul, au contact. Les deux hommes rejoignent Sastre aux abords de La Mongie, avant de lui dire adieu pour un final synonyme de duel Basso-Armstrong. Dans les derniers mètres, Basso passe devant et Armstrong le laisse, en leader, remporter cette 12e étape.

Armstrong termine deuxième de l?étape, mais marque un énorme coup dès l?entame des Pyrénées. Jan Ullrich, victime d?une défaillance, a franchi la ligne a plus de deux minutes du Texan. La bataille tant attendue avait eu lieu, mais aucun homme n?a été susceptible d?inquiéter l?immense Lance Armstrong. Thomas Voeckler, en s?arrachant tout du long, boucle sa montée quatre minutes derrière nos deux vainqueurs et pourra à nouveau défendre sa tunique de leader aujourd?hui.

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