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Arithmétique parlementaire et parcmètres payants
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Arithmétique parlementaire et parcmètres payants
De 1976 à 1982, l’arithmétique parlementaire est à la mode. La faute en revient aux résultats électoraux du 20 décembre 1976. Les résultats les plus serrés mais les plus beaux car les plus panachés (deux voix de majorité à la coalition PTr-PMSD). Puis, il y eut des contestations, suivies de démissions, suivies d’opposition renforcée, compensées, il est vrai, par le nombre requis de “transfugions” prescrites par le bon Dr Ramgoolam. Tous demeurent à l’affût du moindre froncement de sourcil, de la moindre saute d’humeur. Ainsi, il suffit qu’un Prem Doonghoor “prenne ses paquets” et se retire sous sa tente pour que les calculettes politiques entrent de nouveau en action. Le calcul est à présent subtil. SSR détache la minorité travailliste favorable à une coalition avec le MMM, conserve le pouvoir et a quiet life jusqu’aux prochaines législatives.
Satcam Boolell, depuis mai 1979, possède davantage de partisans que Ramgoolam au sein du groupe parlementaire travailliste. Les calculs se corsent quand on veut doter – on ne sait pas trop pourquoi – le bloc SSR-MMM d’une majorité des deux-tiers pour pouvoir amender la Constitution. Serait-ce en raison de la nécessité de mettre en pratique certains points du manifeste électoral mauve ? Boolell et Gaëtan Duval contrôleraient, selon des calculateurs, une minorité supérieure au tiers de l’Assemblée législative, soit plus de 24 voix. Le clan Boolell serait renforcé par l’apport des ministres travaillistes perdant leur maroquin ministériel en cas de coalition PTr-MMM.
Flairant le danger, Boolell et Duval déclarent “aberrant” ce projet de coalition PTr-MMM. Boolell fait savoir qu’il ne siégera jamais au sein d’un Conseil des ministres en même temps que Paul Bérenger. Il ne quittera pas pour autant le PTr. Il sait que bon nombre de députés rouges suivront son exemple en raison d’une allergie tenace au mauve. “Les grèves d’août 1979 m’ont ouvert les yeux, dit-il. En guise de dynamisme, je n’ai trouvé que des cadavres.” Il refuse de devenir complice de la moindre entourloupette à l’égard du PMSD.
Pour Duval, les priorités de l’heure sont de rassurer les investisseurs étrangers, de museler l’économie, de fortifier la roupie. On ne parviendra pas à ce résultat en introduisant au Conseil des ministres un épouvantail moustachu. Autant introduire le loup dans la bergerie. L’économie requiert un remède de cheval et le gouvernement se fissure de toutes parts pour amadouer le parti du Cœur. Non a l’anesthésie mauve mais oui à un nouveau dynamisme pour sortir le pays du marasme.
Les choses se compliquent, d’ailleurs, au sein du Politburo militant. Jugnauth reprend peu à peu le contrôle du gouvernail et fait savoir à la presse qu’il n’y aura aucune coalition MMM-PTr, même si c’est pour appliquer le programme gouvernemental violet. Du coup, nous sommes tentés de ressortir nos calculettes afin d’additionner la minorité militante pro-Jugnauth à celle travailliste pro-Boolell et au PMSD et vérifier s’il n’est pas possible d’arriver à une autre majorité parlementaire même simple.
Pas la peine, pourtant de le faire car Jugnauth précise que la condition sine qua non à toute coalition avec le MMM exige un Premier ministre mauve. Pas moyen de mettre en pratique un manifeste électoral militant sans un PM mauve. Les militants n’accepteront jamais de servir un PM ne se conformant pas à leur comité central. Entrer dans un band wagon travailliste serait un suicide collectif pour le MMM. Ce serait une trahison imaginable. En tout cas, l’humour ne perd jamais ses droits, même aux heures les plus graves, car la presse ne craint pas d’annoncer que le MMM tient un meeting pour… relancer l’économie du pays et qu’il compte rencontrer le MMMSP (MMM sans Paul).
L’introduction d’un système de parcmètres à Curepipe, à trois roupies l’heure d’attente, fait grincer des dents. Il est question d’un homme d’affaires français acceptant les risques financiers de l’installation de 200 parcmètres en échange de 75 % des recettes, laissant à la municipalité de Curepipe seulement 25% des recettes et à son maire, Gaëtan Duval, les risques politiques.
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