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Arafat réunit le Fatah pour la paix et les réformes

26 février 2004, 20:00

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<B>LE PRESIDENT</B> palestinien Yasser Arafat a présidé une réunion d?urgence des chefs de son mouvement, le Fatah, auxquels il a signifié qu?il recherchait la paix avec Israël et qu?il souhaitait organiser des élections internes pour encourager les réformes.

Cette réunion, la première du Conseil révolutionnaire du Fatah depuis plus de trois ans, visait à enrayer une dérive marquée par des démissions collectives, des accusations de corruption portées contre la vieille garde du Fatah et un contrôle de plus en plus faible sur la base du mouvement.

Arafat a ouvert cette session en promettant des élections destinées à renouveler la direction du Fatah, et la relance des efforts de paix visant à sortir le conflit israélo-palestinien de l?impasse où il se trouve depuis septembre 2000.

Les statuts du Fatah prévoient que des élections y soient organisées tous les cinq ans, mais les dernières remontent à 15 ans.

Bras du fer

?La sécurité et la paix ne sont pas seulement dans l?intérêt des Palestiniens, mais aussi d?Israël. Notre option est celle de la paix, et nous nous remettrons au travail dans cet objectif (...). Nous devons (également) injecter un sang nouveau au Fatah, en nous appuyant sur des mesures démocratiques?, a déclaré Arafat au Conseil révolutionnaire.

Le ?Raïs? de 74 ans, de plus en plus critiqué au sein de la jeune génération du Fatah, n?a fourni cependant ni détails ni calendrier concernant ces élections.

?Sa promesse d?organiser des élections internes est un geste positif répondant à des demandes des militants, et nous ferons en sorte qu?elles soient organisées avant six mois?, a déclaré l?ancien chef de la sécurité palestinienne, Mohammed Dahlan, un partisan des réformes ayant récemment croisé le fer avec Arafat.

La plupart des 130 membres du Conseil révolutionnaire ont exigé la tenue d?élections afin de remplacer les dirigeants entourant Arafat, qui sont au pouvoir depuis des décennies.

Des participants à la réunion ont fait savoir en outre qu?une possible dissolution de la branche armée du Fatah, les Brigades des martyrs d?El Aksa, qui ont réalisé de nombreux attentats suicide anti-israéliens, n?avait pas été abordée.

Le Premier ministre palestinien Ahmed Koreï a déclaré pour sa part qu?il faisait l?objet de fortes pressions des Etats-Unis, de l?Union européenne et du monde arabe pour qu?il rencontre son homologue israélien Ariel Sharon. Il a dit qu?il le ?rencontrerait peut-être dans les prochains jours?, sans fournir plus de détails.

Crise au sein du Fatah

Koreï, un modéré, a répété par ailleurs que les services de sécurité palestiniens devaient réprimer les actes de banditisme perpétrés par des milices palestiniennes liées pour certaines au Fatah même.

Jusqu?ici, les efforts entrepris par Koreï pour contrôler les services de sécurité et enrayer la violence des activistes se sont heurtés à l?obstruction d?Arafat, et ses appels à une remise au pas ont été largement ignorés.

En privé, la plupart des dirigeants du Fatah reconnaissent la nécessité de démanteler les Brigades des martyrs d?El Aksa, qui ont passé outre aux directives du mouvement interdisant les attentats-suicides et limitant la résistance aux territoires occupés que les Palestiniens réclament pour un futur Etat.

Les Brigades ont revendiqué un attentat-suicide qui a causé la mort de huit passagers de bus israéliens dimanche à Jérusalem, plongeant ainsi dans l?embarras les dirigeants palestiniens à la veille des auditions de la Cour internationale de justice sur le ?mur? construit par Israël en Cisjordanie.

Arafat ayant condamné l?attaque et juré de mettre au pas les ?militants irresponsables?, les Brigades ont démenti ensuite être impliquées dans l?attentat.

Les Brigades des martyrs d?El Aksa constituent au sein du Fatah un ensemble hétéroclite de groupes armés qui sont entrés en action avec le déclenchement de l?intifada en septembre 2000. Elles sont à l?origine d?attentats et d?attaques qui ont causé la mort de dizaines d?Israéliens, et l?Etat juif a éliminé ou emprisonné nombre de leurs dirigeants.

La plupart des attentats-suicides commis en Israël même sont le fait des mouvements Hamas et Djihad islamique, qui préconisent la destruction d?Israël alors que le Fatah milite pour la coexistence d?un Etat palestinien et d?un Etat juif.

Israël et les Etats-Unis accusent Arafat de ne rien faire pour mettre au pas les activistes. Ce que les Palestiniens nient en faisant valoir que les raids israéliens réduisent leurs forces de sécurité à l?impuissance.

Les dirigeants du Fatah, Arafat compris, passent pour ne guère contrôler les Brigades bien que celles-ci considèrent toujours le vieux raïs comme le symbole de leurs aspirations nationales. Certains responsables du Fatah estiment que la crise qui affecte le mouvement risque d?aboutir à son éclatement.

Wafa Amr

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