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Arafat inhumé à Ramallah dans la ferveur populaire

13 novembre 2004, 00:00

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Yasser Arafat a été inhumé vendredi à Ramallah dans l?enceinte de la Moukata?a où le «raïs» palestinien avait été confiné par les Israéliens pendant les deux dernières années de sa vie.

La ferveur et le chaos poussés à leur paroxysme qui ont entouré le dernier voyage du vieux chef palestinien ont obligé les responsables de l?enterrement à enterrer sa dépouille en avance sur l?heure prévue.

?Il a été porté en terre en avance en raison de l?émotion de la foule. Nous n?avions pas le choix?, a déclaré l?un d?entre eux à Reuters.

Il était initialement prévu que la dépouille du «Vieux» soit exposée à la Moukata?a avant l?inhumation proprement dite mais compte-tenu du chaos ambiant, le corps a été directement conduit vers sa dernière sépulture: un tombeau de marbre blanc abrité par des arbres et paré du légendaire keffieh à damiers blanc et noir.

Les membres du service de sécurité, entourés par une foule scandant le nom de leur dirigeant décédé jeudi matin en France, ont eu le plus grand mal à extraire le corps d?Arafat de l?hélicoptère qui le ramenait dans son QG partiellement en ruine de la Moukata?a en provenance du Caire.

Ils ont placé le cercueil sur un véhicule et fendu la foule en délire qui a réussi à retirer le drapeau aux couleurs palestiniennes coiffant le cercueil.

Les policiers ont dû tirer en l?air pour tenter de tenir la foule à l?écart. Quatre Palestiniens au moins ont été blessés par des tirs émanant soit des forces de sécurité, soit de la foule hystérique. «Avec notre sang et notre âme, nous t?honorons, Abou Ammar», chantait la foule, utilisant le nom de guerre de leur ancien dirigeant qui ne verra jamais naître l?Etat indépendant pour lequel il s?est battu.

«Je veux voir le président!», implorait Youssef Ibrahim, un habitant de Ramallah. «Je vais réussir à rentrer», assurait Ibrahim Nafi tout en négociant avec la police chargée de bloquer l?accès à la Moukata?a. «Personne sur terre ne pourra m?empêcher de voir Abou Ammar.»

Les scènes de chaos et de ferveur enregistrées à Ramallah ont contrasté avec la cérémonie dite de «funérailles militaires» du Caire, où le public a été soigneusement maintenu à l?écart par les services de sécurité.

Dans la foule qui se dirigeait vers la Moukata?a, des personnes brandissaient des feuilles de palmier, d?autres des drapeaux palestiniens et des portraits d?Arafat, l?un des dirigeants les plus facilement identifiables au monde.

D?autres tiraient des coups de feu en l?air, promettant vengeance au Premier ministre israélien Ariel Sharon, qui refusait obstinément de négocier avec le «terroriste» Arafat.

Des dizaines de milliers de Palestiniens étaient attendus à l?enterrement. De nombreux habitants de Cisjordanie et de la bande de Gaza n?ont pu faire le voyage de Ramallah en raison du bouclage de la zone par les troupes israéliennes.

L?ancien président de l?Autorité palestinienne rêvait, lui, de reposer à Jérusalem, où il affirmait &avoir vu le jour. Mais Sharon a refusé, estimant que cela donnerait plus de crédit à la demande palestinienne de faire de la ville sainte la capitale d?un éventuel Etat indépendant.

Selon un responsable palestinien, Arafat devait être inhumé dans un cercueil en béton afin qu?il puisse être à l?avenir transféré à Jérusalem.

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