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Appel d?offres pour 40 000 tonnes de sucre pour le marché local

2 septembre 2006, 00:00

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Alain BARBÉ

Le Syndicat des sucres a lancé un appel d?offres international pour l?approvisionnement de Maurice en 40 000 tonnes de sucre. «Nous avons déjà passé une commande pour 20 000 tonnes, explique le Chief executive officer, Jean-Noël Humbert. Elle arrivera d?Afrique du Sud. La commande pour le reste de la cargaison se fera à la lumière de l?évolution de la récolte sucrière.»

Cette décision du Syndicat des sucres découle d?une récolte sucrière inférieure aux estimations faites en juin. Le comité (Crop Estimate Coordination Committee) chargé de cette estimation avait tablé sur une production de 530 000 tonnes. Il s?était basé sur les conditions climatiques peu favorables qui ont affecté la croissance de la canne.

Malheureusement la période de croissance a été suivie d?une pluviosité excessive à nouveau en juillet et d?un temps des plus incléments en août. Ces conditions climatiques ont empêché la canne de mûrir dans de bonnes conditions. Cela a amené le comité à réviser à la baisse ses précédentes estimations, soit à 500 000 tonnes seulement pour la récolte sucrière de 2006.

La clause de force majeure

«Nous ne savons pas encore quelle sera la récolte sucrière finale ajoute dit Jean-Noël Humbert. C?est encore incertain et il faudra attendre décembre pour le savoir. Si le chiffre de 500 000 tonnes se maintient, nous serons en situation difficile et obligés de recourir au processus d?extension du délai de livraison (extended delivery) en vertu des dispositions du Protocole sucre pour satisfaire le quota européen, compte tenu de nos engagements envers l?Union européenne et les Etats-Unis, soit 507 000 et 13 000 tonnes respectivement.» Opinion partagée par Jean Li Yuen Fong, directeur de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA).

L?extended delivery permet à Maurice d?utiliser le sucre de la récolte 2007 pour combler le déficit de la récolte 2006 concernant ses obligations aux acheteurs européens. Selon Jean-Noël Humbert, il faudra attendre que la récolte soit plus avancée, c?est-à-dire fin septembre, pour savoir s?il y a nécessité d?avoir recours à la clause de force majeure. «Car la force majeure ne peut être demandée ou réclamée que quand la récolte est terminée et qu?on a le chiffre final de la récolte sucrière.»

Par rapport à la récolte sucrière à la même date l?année dernière, le retard est de 20 000 tonnes de sucre, soit 40 % des cannes récoltées. Jacques d?Unienville, président de la MSPA, estime qu?une des causes de la récolte réduite est la baisse de la superficie récoltée, outre les conditions climatiques et le taux de rendement à l?hectare ainsi que le taux d?extraction de sucre, qui sont inférieurs aux prévisions.

«Avec la baisse du prix de sucre obtenu de l?UE, et une coupe réduite, les producteurs locaux ne peuvent pas continuer à subventionner le prix du sucre local. Si on a 30 000 tonnes de sucre en moins, cela équivaudrait à un manque à gagner de Rs 550 millions. Nous restons tributaires des conditions climatiques jusqu?à la fin de la campagne.» «Nous ne pouvons pas continuer, ajoute Jacques d?Unienville, à opérer à perte. C?est insoutenable et c?est indispensable d?avoir une augmentation du prix du sucre sur le marché local.»

Jean Li Yuen Fong souligne, lui, que «la demande d?une augmentation de sucre sur le marché local a déjà été faite au gouvernement. Nous espérons que cela sera pris en considération maintenant». «La baisse de prix de 5 % de l?UE, en vigueur cette année, affecte déjà les revenus des producteurs et forcément, le coût de production par tonne va augmenter.»

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