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126ᵉ anniversaire de la naissance de Sir Seewoosagur Ramgoolam
De Belle-Rive au Réduit
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126ᵉ anniversaire de la naissance de Sir Seewoosagur Ramgoolam
De Belle-Rive au Réduit
■ Les liens amicaux ont toujours été importants pour Seewoosagur Ramgoolam. On le voit ici jeune étudiant à Londres en 1926 en compagnie d’un ami.
Un homme, une vision, celle de tout un peuple. Sir Seewoosagur Ramgoolam, qu’on nomme avec émotion et respect le Père de la nation, reste une figure incontournable dans la construction de notre pays. Son parcours dans l’arène politique a duré un peu plus de quatre décennies. Si ses œuvres en tant que politicien sont connues, l’homme reste toutefois une énigme. Quelle était la profondeur de son être ? Nul ne peut le dire, mais ce qui est certain, c’est qu’il était un visionnaire, et que de sa vision est née une île Maurice libre et indépendante.
Son père, Moheeth Ramgoolam, travailleur engagé, avait affronté le Kala pani en quittant son Bihar natal, en Inde, pour tenter de trouver une vie meilleure à Maurice. Pouvait-il savoir, quand son navire, le Hindoostan, accosta à Port-Louis en 1896, que son fils allait être l’un des plus illustres bâtisseurs de cette île ?
Seewoosagur Ramgoolam est né de l’union de Moheeth Ramgoolam et de Basmati Ramchur. Cette dernière, veuve, avait déjà deux enfants de son premier mariage. Dans sa jeunesse à BelleRive, Kewal, comme le surnommaient ses parents – et qui signifie «fleur» –, était toutefois loin de voir la beauté autour de lui. Car il était, au quotidien, témoin de la maltraitance et des abus subis par les travailleurs engagés. Dès lors, il rêva d’une vie meilleure pour ces derniers. Il devint orphelin à l’âge de neuf ans. Seewoosagur Ramgoolam connut également une expérience traumatisante. À l’âge de 12 ans, alors qu’il aidait son demifrère Ramlall, il a été éborgné par un taureau. Toutefois, cela ne l’a pas empêché de poursuivre ses études et d’accomplir son rêve.
Le docteur Masson et le goût du savoir
Après des études dans son village natal, il est admis au Collège Royal de Curepipe. C’est là une nouvelle étape importante pour lui. C’est auprès de son oncle, Seewoosagur Buguth, chez qui il logeait à Curepipe, et qui était l’un des intellectuels du pays à cette époque, qu’il est mis en contact avec l’univers politique en Inde et à Maurice. Dans le même temps, grâce à la précieuse bibliothèque de son oncle, il fait la connaissance de plusieurs auteurs anglais, français et indiens. Au collège, le docteur Masson, botaniste, va lui donner le goût de l’érudition en lui apportant des livres et en discutant avec lui. Dès lors, la graine du savoir est plantée en lui. Il s’intéresse alors de plus en plus aux écrits de Lala Lajpat Rai et aux mouvements mis en place en Inde pour la lutte pour l’indépendance.
En 1921, il embarque sur Le Luxor pour des études de médecine en Angleterre. Peu après son arrivée dans cette Angleterre d’après-guerre, il fait la connaissance de George Lansbury, l’un des leaders socialistes de l’époque. Ce dernier le présente à plusieurs figures politiques, artistiques et littéraires.
Amoureux du savoir, Seewoosagur Ramgoolam passait son temps au British Museum, s’inspirant des plus grands esprits de l’époque. Il fréquente la Fabian Society et devient secrétaire de la branche londonienne de l’Indian National Congress. À travers le journal The Venture, il entre en contact avec plusieurs intellectuels dont Sarojini Naidu, Patel, speaker de l’Assemblée législative indienne, Sashi et le Pandit Malavya.
En 1932, dans le sillage de la London Round Table Conference, il a l’occasion de rencontrer le Mahatma Gandhi ainsi que plusieurs leaders indiens. Dès lors, il commence sérieusement à penser à l’indépendance pour son île natale.
En 1935, il revient au pays et écrit dans l’Indian Cultural Review. Mais bien vite, avec l’aide de quelques-uns de ses amis partageant avec lui des idées socialistes, il lance le quotidien Advance, qui voit la participation de quelquesuns des écrivains les plus en vue, dont Robert Edward Hart et Malcolm de Chazal. En 1940, Seewoosagur Ramgoolam est élu conseiller de la ville de Port-Louis. La même année, il est invité par le gouverneur sir Bede Clifford à faire partie du Conseil législatif. Dès lors, sa carrière politique est entamée. Sept ans plus tard, il rejoint officiellement le Labour Party et, en 1958, il en devient le leader.
En 1951, il est nommé Liaison Officer à l’Éducation. En 1958, il est élu maire de Port- Louis. Après la mise en place du système ministériel, soit en 1958, Seewoosagur Ramgoolam accède au poste de Secrétaire ministériel à la Trésorerie ou Secrétaire au ministère des Finances. En 1961, il devient Chief Minister et ministre des Finances. En 1965, il devient Premier et durant la même année est élevé au rang de chevalier. En 1968, son rêve se réalise : le pays accède à l’indépendance et il devient Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.
De Premier ministre à gouverneur général
Sir Seewoosagur Ramgoolam a été Premier ministre de l’île de 1968 à 1982, année où il perd les élections face à l’alliance composée du Mouvement militant mauricien et du Parti socialiste mauricien. Nombreux sont ceux à le considérer comme un négociateur averti et un habile politicien. Une année plus tard, soit en 1983, il est nommé gouverneur général du pays.
Sir Seewoosagur Ramgoolam s’est éteint le dimanche 15 décembre 1985 au château du Réduit, après une longue maladie. Il était âgé de 85 ans. Il était l’un des chefs d’État les plus âgés du monde entier. Lors de ses funérailles, des foules se sont amassés tout au long du trajet emprunté par le cortège pour rendre un dernier hommage à cet homme qui avait tant fait pour le pays. Sir Seewoosagur Ramgoolam a été incinéré le mardi 17 décembre au jardin botanique de Pamplemousses. Le vice-président de l’Inde, le chargé d’affaires du Vatican, Monseigneur Pedro Quintana, et un représentant malgache sont quelques-unes des nombreuses personnalités à avoir fait le déplacement. Il a été incinéré à quelques mètres de l’arbre commémoratif planté par Indira Gandhi lors de sa visite officielle en 1970.
Extrait de l’ouvrage «SSR : Le médecin qui rêva Maurice», publié par La Sentinelle en 2025, à l’occasion du 125ᵉ anniversaire de sa naissance.

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