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Anand Dulloo, consultant auprès des entreprises de pêche

16 mars 2004, 20:00

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<B> Quel est selon vous le potentiel de développement du ?sea food hub? ? </B>

Le gouvernement a déclaré son intention de faire de Maurice un sea food hub de standing international. Tous les partenaires de l?industrie de la pêche se sont accordés pour que ce hub soit un environnement attrayant touchant à l?approvisionnement, la transformation et la distribution (locale et internationale) des produits de la mer.

Cette activité peut devenir un des futurs piliers de notre économie. Je peux vous dire que c?est le meilleur projet que ce gouvernement ait proposé depuis son installation aux affaires. Cela va créer beaucoup d?emplois et générer des revenus à l?exportation conséquents.

La transformation offrira des produits à valeur ajoutée tels les filets de poisson, les préparations pré-cuisson, les fish balls, ainsi que la mise en conserve des produits transformés. Ces produits sont en très grande demande en Europe et aux Etats-Unis. Nous pouvons bénéficier de Africa Growth and Opportunities Act (AGOA) pour exporter vers le marché américain.

<B> Quels sont les atouts dont le pays dispose déjà pour s?embarquer dans ce vaste chantier ? </B>

Notre principal atout est notre zone économique exclusive (ZEE). Ce potentiel reste malheureusement largement inexploité. La Commission thon de la Commission de l?océan indien (COI) avait répertorié 2 017 bateaux de pêche. De ce chiffre, seules 145 appartiennent aux pays membres de la COI. Seuls trois navires appartiennent aux compagnies mauriciennes.

La prise de poisson sur les bancs est unique au secteur de la pêche à Maurice. Les bateaux qui y sont engagés ont des caractéristiques propres. Mais pour développer le sea food hub, il faudra des technologies beaucoup plus avancées. Il faut investir dans des bateaux du type long liners. Il nous faudra en même temps développer les infrastructures de l?entreposage et de transformation.

Ce sont là des activités à haute intensité de capitaux qui vont mobiliser d?énormes ressources financières. Mais les retours sur les investissements sont élevés. A titre d?exemple, la compagnie australienne Austral Fisheries avec trois bateaux type long liners génère des revenus de l?ordre de $35 millions.

<B>Quelles sont les principales incitations qui doivent être mises en place pour faire décoller cette industrie ? </B>

C?est une activité qui devrait intéresser les opérateurs étrangers. Les entreprises locales doivent pouvoir bénéficier d?une ligne de crédit spéciale à la Banque de développement. Je pense que les autorités devraient mobiliser un montant de Rs 3 milliards afin de faire démarrer l?activité, soit pour l?acquisition des nouveaux bateaux, soit pour consolider et étendre les facilités de l?entreposage dans la zone portuaire.

La Banque de développement devra aussi trouver une autre ligne de financement d?une valeur de Rs 6 milliards afin de pouvoir soutenir cette nouvelle activité.

Propos recueillis par Akilesh ROOPUN

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