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Analyses en laboratoires : Des normes pour le privé

31 mars 2005, 00:00

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La fiabilité des laboratoires pourra désormais être établie. Selon des sources sûres, le ministère du Commerce envisagerait de légiférer en vue de mettre sur pied un organisme régulateur dont la mission est d?accréditer les laboratoires d?analyses médicales. Une initiative qui fait suite à la création d?un comité technique chargé de faire des recommandations pour l?institution d?un organisme d?accréditation des laboratoires. La décision était attendue depuis la fin des travaux de Mauritas (Mauritius Accreditation Services) en 2000.

Mais l?établissement des normes est-elle à la satisfaction des consommateurs ? ?Pas si sûr?, observe Ibrahim Sheik-Yousouf, directeur général de Pro-Medica. ?La législation ne contraindra pas les laboratoires à se soumettre à des tests de vérification des normes. Il aurait fallu un conseil de l?ordre des biologistes médicaux doté des pouvoirs effectifs afin de consolider la législation.?

Depuis plus de dix ans, le milieu des laboratoires se caractérise par une certaine absence de normes. Cette situation donne lieu à certaines pratiques qui sont loin de répondre aux attentes du consommateur. L?absence de formation de certains membres du personnel, de matériel adéquat, de tarifs standards entre autres, est le résultat d?un vide juridique qui défavorise à la fois le consommateur et les laboratoires qui ont investi gros pour être crédibles.

Certains laboratoires se jouent des consignes du ministère de la Santé à l?instar de ce laboratoire qui continue à pratiquer des tests de dépistage du Sida. Or, une circulaire du ministère de la Santé, datée du 28 septembre 2004 et adressée aux laboratoires écrit ceci : ?We would appreciate if you could refrain from accepting requests for HIV tests by instead refer these patients to the Virology laboratory of Candos.? Rien n?y fait et nous l?avons vérifié. Au standard de ce laboratoire, on nous indique que le test de dépistage du Sida coûte Rs 340 et les résultatsde l?analyse sont obtenus le jour même du dépôt.

<B>La guerre des tarifs</B>

Ce qu?il convient d?appeler la guerre des tarifs est un autre aspect du problème. À Port-Louis, le test d?hémoglobine ne coûte que Rs 30. Le consommateur s?en sort souvent avec une information minimale et approximative.

On retrouve la même pratique dans certaines pharmacies ou dans des consultations médicales privées à travers l?île. Les analyses se font au petit bonheur, car il arrive que celui ou celle qui effectue le prélèvement sanguin soit incapable d?interpréter les résultats. ?Une analyse qui est effectuée lorsque la personne est à jeun donne des résultats plus fiables, explique Ibrahim Sheik-Yousouf. C?est pourquoi je refuse de traiter des personnes qui ont mangé. À ce titre, je pense que le test de glycémie ne doit pas être effectué sur des personnes qui ne le sont pas.?

Les consommateurs sont souvent induits en erreur sur les véritables fonctions du biologiste médical et celles de son médecin traitant. Si le premier peut interpréter des analyses, il ne peut, en revanche, prescrire un traitement. Or souvent, un médecin effectue les deux fonctions, se contentant d?une interprétation sommaire des résultats des analyses.

Il faut tout de même savoir que celles-ci nécessitent des qualifications appropriées de manière à réduire au strict minimum l?erreur humaine. Par ailleurs, de nombreuses personnes persistent à croire que ce sont des pathologistes qui sont les spécialistes aptes à effectuer des tests sanguins pour le dépistage d?une maladie.

On pourrait avoir de sérieux doutes concernant la fiabilité des analyses pratiquées par certains laboratoires privés. Le problème se complique davantage car certains médecins, contre tout respect élémentaire du code d?éthique, conseillent à leurs patients de confier leurs analyses à des laboratoires de leur choix.

Au moment où la liste d?attente pour des examens biologiques ne cesse de s?allonger au laboratoire central, les Mauriciens sont nombreux à recourir au privé. Ce qui est tout à fait normal, mais le ministère de la Santé devrait toutefois passer en revue les services offerts par le privé.

<B>Certification de confiance</B>

Même si la législation à venir n?obligera pas les laboratoires privés à se faire accréditer, le client pourra lui se fier à ceux dont l?ensemble des tests, des équipements, de la maintenance et du personnel ayant reçu une certification de confiance.

C?est à ce niveau que la différence de qualité s?établira dans le milieu du service privé.

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