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Amrita Dyalah : Talentueuse artiste-peintre bercée par les couleurs de la vie mauricienne

28 avril 2012, 20:00

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Amrita Dyalah : Talentueuse artiste-peintre bercée par les couleurs de la vie mauricienne

Elle fait de son mieux pour refléter le quotidien des Mauriciens d’antan dans ses oeuvres. Amrita Dyalah fait revivre l’époque des bœufs et des charrues, de la canne à sucre et du goût des choses simples à chaque fois qu’elle pose son pinceau sur une toile. Rencontre avec cette grande dame de l’art.

Un petit bout de femme qui respire la joie. C’est comme ça que l’on décrirait l’artiste Amrita Dyalah, rencontrée dans sa galerie d’art à Grand-Baie. Loin de tous les artifices des gens hautains, cette passionnée de peinture se dépeint en une femme très simple qui sait trouver la beauté dans la simplicité. C’est d’ailleurs ce qui pourrait résumer son parcours de peintre. Elle qui a débuté avec peu de moyens et qui a prouvé que l’on peut vivre de sa passion.

C’est à Curepipe qu’elle passe les belles années de son enfance en compagnie de ses deux sœurs et de ses parents. Son père qui était dans le secteur de la construction tenait à tout prix à ce que ses trois filles soient scolarisées malgré les faibles revenus de la famille.

«Beaucoup de personnes vous le diront, la vie était loin d’être facile dans les années 60. L’école était payante et mes parents n’avaient pas les moyens de nous donner tous nos livres. Du coup, quand j’avais des devoirs à faire, je me rendais à pied chez une copine et nous les faisions ensemble », dit-elle en souriant.

En grandissant, Amrita découvre les joies de la peinture. Il faut savoir qu’elle n’a pas eu n’importe qui comme mentor. Elle est initiée aux techniques de la peinture à l’huile par Malcolm de Chazal. «Il m’a tout appris. Si aujourd’hui je suis arrivée aussi loin, c’est grâce à lui. Je peignais comme une grande mais malheureusement, certaines personnes ne reconnaissaient pas mon talent », lâche-t-elle.

Amrita raconte qu’à maintes reprises, ses tableaux avaient été refusés à des expositions. «Pour certaines personnes, je n’étais pas digne d’exposer mes tableaux et pourtant, mes œuvres étaient bien meilleures que celles qui avaient été acceptées. Avec le recul, je réalise que ce n’était finalement pas une mauvaise chose, puisque j’en suis sortie plus forte et déterminée à avoir ma propre galerie », soutient-elle.

C’est en 1976 qu’elle expose ses tableaux, pour la première fois en solo dans la Salle d’œuvre à Curepipe. Elle était encouragée par le père Koenig. Ensuite, dans les années 80, elle débute une carrière de journaliste. «Entre-temps, je peins. C’est ma passion. Mais je ne pouvais pas encore vivre de cette passion puisque c’était très dur de vendre un tableau », affirme-t-elle.

L’artiste-peintre poursuit alors son art en mettant sur toile des scènes de la vie mauricienne. Des bribes d’une île Maurice qu’on ne voit plus, avec ses cannes à sucre et surtout ses femmes de toutes les couleurs qui portent, sur leur tête, de gros panier chargés.

«J’aime peindre la femme et j’aime rester fidèle à mon pays. Les scènes locales, c’est ce que j’ai à partager. Mais cela ne veut pas dire que les autres pays ne m’inspirent pas. Je ramène toujours de beaux croquis de mes voyages », souligne-t-elle.

Amrita Dyalah voyage souvent dans le cadre de ses expositions. Elle est d’ailleurs la seule Mauricienne à s’être rendue à Cannes, en 2004, pour une exposition de ses tableaux au Grand marché d’art contemporain. Elle arrive aujourd’hui à vendre ses tableaux et se remémore des paroles que Malcolm de Chazal aimait prononcer de son vivant : «N’importe quel imbécile peut peindre un tableau mais il faut être un malin pour le vendre ».

Cette artiste nous démontre qu’elle a plus d’un tour dans son sac. Quand elle ne peint pas, elle confectionne des colliers avec des turquoises, du bois ou des os qu’elle fait polir par des professionnels. Elle s’envole, d’ailleurs, pour Las Vegas pour une exposition de ses bijoux.

Ses activités artistiques ne s’arrêtent pas là. Elle dessine et coud des robes. Un talent qu’elle a hérité de sa mère, qui était femme au foyer. Elle joue aussi du sitar, un instrument qu’elle a appris à maîtriser au Mahatma Gandhi Institute.

Amrita Dyalah se dit comblée de tout ce qu’elle a accompli. «Je ne dois rien à personne. J’ai poursuivi mes ambitions avec ferveur et mon époux m’a toujours épaulée. Il m’a été d’une grande aide. Aujourd’hui, je ne veux pas faire de publicité pour personne. Quand j’étais en difficulté, les gens qui auraient pu m’aider, n’ont rien fait. Je suis ce que je suis grâce à mes propres efforts. Dans la vie, il ne faut jamais attendre que les autres fassent des choses pour soi… », donne-t-elle comme conseil à tous ceux qui sont découragés face aux difficultés.

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