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Amis? mais pas trop
Troisième séance de la rentrée parlementaire? Et nos parlementaires reviennent à de meilleurs sentiments. Après l?incident qui avait éclaté entre le député Rajesh Bhagwan et le ministre James Burty David, la semaine dernière, l?on aurait pu penser que les rivalités auraient continué de plus belle. Le mood a quelque peu surpris.
Le ton est donné par le leader de l?opposition qui pose une Private Notice Question dont le sujet est pour le moins consensuel. Le Premier ministre y répond d?un ton tout aussi raisonnable.
Paul Bérenger donnera néanmoins l?impression d?être celui d?un ancien Premier ministre ayant un peu de mal à se faire à l?idée de se retrouver dans l?opposition.
Les propos du leader de l?opposition ont varié de ?je voudrais informer le Premier ministre et peut-être qu?il est au courant? en passant par ?je suggère au Premier ministre? ou ?je suggère qu?on révise cette façon de faire? au ministre du Travail pour ne citer que ces exemples. Le summum sera quand Paul Bérenger s?adresse au Premier ministre en l?appelant ?le leader de l?opposition??
Les rires fusent de toutes parts et Bérenger continue de parler, inconscient du lapsus? Jusqu?à ce que Jayen Cuttarree l?interrompe et lui dise ?tonn apel li leader lopozisyon?.
Ce à quoi, Bérenger répondra en riant : ?Je dois malheureusement corriger cela.? Et le plaisir de l?opposition a décuplé lorsque quelques heures après, le ministre des Arts et de la Culture, Mahen Gowressoo, un peu perdu dans ses réponses répond à une suggestion de Paul Bérenger en disant : ?J?ai pris note de ce que le Premier ministre a dit?? Tout le monde a eu la bonne grâce de rire de l?incident?
Les attaques, comme la semaine dernière, ne sont pas venues de l?opposition, mais de la majorité en forme de questions parlementaires. Les réponses servaient à mettre en lumière les faux pas de l?ancien régime.
Alors que les ministres répondent de façon provocante aux questions, les concernés écoutent sans broncher. Pas de réparties, pas de propos malveillants, pas d?attaques.
Une des questions les plus ?sensibles? posée par l?opposition portait sur l?affaire de recel dans lequel le député Hookoom a été impliqué. Contre toute attente, le seul commentaire viendra du leader de l?opposition. C?est en riant qu?il regarde Hookoom et dit ?Hookoom ti pe kasiet li? en parlant d?une autre personne impliquée dans l?affaire qui s?était évadée de prison.
Et quand les députés de la majorité, à l?instar de Kalyanee Virahsawmy, posent des questions supplémentaires déjà préparées en lisant d?un document, l?opposition en rit. ?Fouf ! Telegide sa. Lormus kinn ekrir sa. Whip pe vinn kouma lapos. Pa lir tou enn sel kou, lir bout par bout?, dit-il à la députée rouge en riant.
?Mo konn ekrir?, réplique cette dernière. A la fin de l?échange, Bérenger fait rire tout le monde en disant son désormais fameux ?2 dan 1 sa !?
L?échange amical ralentira quand Arvin Boolell répond à une question en disant que le gouvernement ?puts people first?. ?Mai to nepli first twa Arvin?, répondra Bérenger, malicieux. Cette fois-ci, ce n?est que l?opposition qui rit?
La bonne humeur revient quand Etienne Sinatambou, ministre suppléant à la Santé, refuse de donner plus de détails sur l?affaire des Health Care Assistants, l?affaire étant en cour. Bérenger s?écrie sur le ton de la boutade : ?Cover up, justice à deux vitesses? en imitant l?ancienne opposition.
Et la bonne entente entre les deux camps viendra à son apogée quand le ministre du Travail, Vasant Bunwaree, répond à une question de son prédécesseur, Showkutally Soodhun. A la fin de la réponse, étonné, Rama Sithanen dit à Soodhun : ?To poz kesyon lor to mem !?
Tout le monde éclate de rire. Paul Bérenger n?est pas en reste : ?Sa apel put people first !? Navin Ramgoolam lance, en riant, au député de l?opposition : ?To met tomem premier ?? Et des bancs de la majorité, l?on entend ?putting Soodhun first !?
Mais le rappel que la trêve n?était que temporaire vient de la députée rouge, Nita Deerpalsing. Dans son discours, elle n?oublie pas d?égratigner l?ancien régime. ?Nous avons mis la médiocrité à la porte.? ?Le danger est là bas?, ajoutera-t-elle. A la fin du discours de Deerpalsing, les députés de la majorité applaudissent bruyamment.
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