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Ambiance mi-figue mi-raisin pour l?élection des maires

21 novembre 2003, 20:00

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Il est 17 h 50. C?est l?heure à laquelle le maire sortant de Curepipe, Gérard Colin, prononce son discours de remerciements à tous ceux qui l?ont épaulé durant son mandat. Au fond de la salle se trouvent les conseillers municipaux. Certains sont venus de leur plein gré assister à la cérémonie, d?autres affirment avoir été «sommés de faire acte de présence». Raison : pour ne pas froisser les susceptibilités des dirigeants de l?alliance gouvernementale.

A l?heure de la présentation des candidats pour l?élection du maire et de l?adjoint-maire, les conseillers n?ont fait aucune objection aux élections. Si bon nombre de conseillers ne contestent pas l?élection de Moorgess Motay (Mouvement socialiste militant) comme adjoint-maire, ils ont tenu à exprimer leur opposition au nouveau maire en dehors de l?hôtel de ville. Ils ont ainsi choisi de bouder le cocktail donné en son honneur, malgré une ambiance survoltée au son du djembé. Dehors, c?est la pétarade, la fumée brûle les narines.

Le nouveau maire de Curepipe, Ackmed Mohamed, qui a reçu auparavant les félicitations des conseillers, s?est retrouvé isolé durant le cocktail d?honneur, à l?exception de ses proches et du secrétaire de la ville, Basdeo Rojee.

Le conseiller du Parti mauricien social-démocrate, Lyndsay Paul, habituellement absent des réunions de la municipalité, ainsi que quelques conseillers de la majorité et les agents des con-seillers étaient présents. Sur une vingtaine de conseillers, la moitié a boudé la cérémonie du cocktail.

Les autres conseillers municipaux, une dizaine, se sont réunis dans un restaurant de la localité pour «fêter l?événement à leur manière». Interrogé hier, un «contestataire» a déclaré avoir choisi de bouder le cocktail car il «ne se sent pas prêt à collaborer avec Ackmed Mohamed». Renseignement pris, le conseiller Ackmed Mohamed est considéré comme un conseiller se tenant à l?écart des tractations. Il est, en quelque sorte, «victime de son intégrité» et sa disposition à ne pas se mêler à des combines. D?ailleurs, lors de son premier discours, il a souhaité que «les cuisines internes» de la municipalité ne soient pas étalées au grand jour. Il a souhaité que les divergences soient utilisées à bon escient pour l?amélioration la qualité de la vie des citadins de la ville lumière.

un plaza bondé de monde

Un peu moins d?une heure avant le discours du maire sortant de Curepipe, soit vers 17 heures. Le théâtre du Plaza, à Rose-Hill, est plein à craquer. Nombreux sont les citoyens à être venus assister à l?élection du maire et de son adjoint. L?émotion est à son comble.

Les murs sont parés de ballons blancs, mauves et bleus. Les lourdes tentures de velours rouge qui dominent la scène ajoutent au décor. Jayen Cuttaree, Rajesh Bhagwan et d?autres personnalités sont présents. Les citadins des Villes-s?urs sont venus apporter leur soutien à l?exercice et dire leur approbation du choix des conseillers.

17 h 30 sonne le début de la cérémonie. Bala Padiachy, le maire sortant, cède la place à Patrice Duval au fauteuil mairal de Beau-Bassin-Rose-Hill. «Je suis satisfait du travail accompli par mon équipe qui a été très soudée», lance le maire sortant avant de se dire «fier» des projets sociaux réalisés. «C?est une ville avant-gardiste dans bien des domaines.»

Aucune objection à la proposition de nommer Richard Duval et Yogida Sawmynaden, respectivement maire et adjoint-maire, n?a été notée. Des pétarades accueillent la passation de pouvoirs, dans la plus pure tradition mauricienne et sous les applaudissements de l?assistance.

Le nouveau maire tient, en premier, à remercier son épouse Vanessa, son «plus grand appui». «C?est une fierté de faire honneur au Parti mauricien social-démocrate. Je remercie les membres pour leur soutien. J?ai beaucoup de projets que je souhaite mener à bon terme?» Patrice Duval remerciant les citoyens de lui avoir «remis les clefs des Villes-s?urs en toute confiance».

L?adjoint-maire est aussi ému que le maire. Yogida Sawmynaden rend lui aussi hommage à son épouse pour son soutien tout en dédiant sa nomination à sa grand-mère décédée en juin.

La cérémonie continue dans une ambiance festive. Les conseillers se disent soudés derrière leur premier magistrat, comme lors de la dernière élection.

La sérénité est revenue dans la ville des fleurs hier pour l?élection du premier magistrat de Quatre-Bornes. C?est la promesse faite au conseiller du Mouvement militant mauricien, Guy Emmanuel Troylukho, selon laquelle le prochain maire viendrait de la cité Kennedy qui a permis l?élection de Kavidas Ramano. Un choix qui a été vivement contesté par le conseiller Troylukho qui affirmait que Paul Bérenger lui avait promis le fauteuil.

Malgré la promesse obtenue, Guy Troylukho a boycotté la cérémonie de passation du collier de maire à Kavidas Ramano et son adjoint, Arlène Carver. «Ni moi, ni les militants de la cité Kennedy n?ont été invités à cette élection. C?est pourquoi je n?y étais pas présent», déclarait-il au téléphone hier après-midi. Il rentrait chez lui après avoir participé à une émission radio.

Interrogé par l?express, le maire sortant, Ravindra Srekeessoon, a démenti les allégations du conseiller. Il précise qu?une invitation a été adressée à Guy Troylukho et son épouse. «Quant aux militants, les conseillers devaient dresser la liste de ceux qu?ils voulaient inviter. Guy Troylukho ne l?a pas fait. J?ai malgré tout adressé trois invitations aux responsables militants de Cité Kennedy. Et tous ces gens sont présents à la réception.»

Après les déclarations acerbes faites de part et d?autres, il semble que Kavidas Ramano et Guy Troylukho veuillent passer l?éponge. Le conseiller de Cité Kennedy estime qu?il sera le prochain maire: «Alan Ganoo et Ivan Collendavelloo, en l?absence de Paul Bérenger, m?ont promis que le prochain maire viendra de Cité Kennedy. Comme j?en suis le seul conseiller, ce sera moi, si des élections municipales n?interviennent pas entre-temps.»

Kavidas Ramano se dit confiant de pouvoir mener à bien ses projets. Il a fait preuve d?originalité en évoquant hier la présence de petites entreprises dans des zones résidentielles. «Ces entreprises sont le gagne-pain de plusieurs familles. Je crois qu?il faut envisager la mise sur pied d?une light industrial zone pour les aider.» Une suggestion qui pourrait débarrasser les quartiers résidentiels de certaines nuisances sonores. Le nouveau maire n?assumera ses fonctions que lundi prochain, après avoir prêté serment en cour de Rose-Hill. Tel est aussi le cas pour son adjoint.


Quatre-bornes

Kavidas Ramano, notaire de profession, est un militant de longue date. Il est aussi Chairman de la Mauritius Freeport Authority et se trouve à la tête d?une petite entreprise.

A l?express qui lui demandait quelles sont les qualifications et aptitudes qu?il détient pour gérer Quatre-Bornes, Kavidas Ramano répond qu?il compte sur sa longue expérience de travailleur social pour réussir dans sa tâche.

«J?appartiens d?ailleurs à une famille liée historiquement au travail social.» Il dit reconnaître que depuis très longtemps Mauricie n?a pas produit de maires exceptionnels qui ont marqué de leur empreinte leurs 12 mois de fonction. «Ce n?est pas seulement une question de compétence, mais aussi de solidarité et de coopération de tous les conseillers et employés municipaux».


B.-bassin ? Rose-hill

L?année 2003, l?année de tous les bonheurs pour Patrice Duval ? En février dernier il épouse l?élue de son c?ur, Vanessa. Assistant Process Manager à la société Union St.-Aubin, il est aussi à la tête du Sugar Industry Pension Fund. Et il devient hier le premier magistrat des Villes-soeurs.

Né le 12 octobre 1966 à Rose-Hill, Patrice Duval, étudie au Couvent de Lorette de Vacoas et au collège du St.- Esprit.

Il débute dans le monde professionnel au poste d?assistant chimiste avant de suivre des cours au Regional Sugar cane Training Centre à Réduit.

Le nouveau maire, qui tâte de la politique depuis 20 ans, possède déjà une expérience de la gestion municipale. En effet, il a plusieurs fois assuré la suppléance en l?absence de l?ex-maire, Bala Padiachy.


Curepipe

Ackmed Mohamed doit sa réussite à sa mère et à ses proches.

Agé de 32 ans, Ackmed Mohamed, est Human Resource Manager à Ireland Blyth Ltd. Elu conseiller municipal depuis 1996, il a fait ses études au collège de St-Joseph. Membre du Mouvement militant mauricien, Ackmed Mohamed, est un habitant d?Eau- Coulée. Célibataire, il siège actuellement au conseil de direction d?une importante institution bancaire du pays.

Il affirme que sa réussite dans la vie à sa mère et à ses proches qui l?ont toujours soutenu dans ses bons et mauvais moments.

Ackmed Mohamed entend accorder priorité aux loisirs des jeunes, à la protection de l?environnement, à la réhabilitation des drains, à la dératisation et au réasphaltage des routes.

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