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Alerte à la bronchiolite !

6 mars 2005, 00:00

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Toux, fièvre, gêne respiratoire : la bronchiolite s?attaque de plus en plus à nos petites têtes brunes. Du 9 janvier au 27 février, près de 2 200 cas ont été décelés dans les cinq hôpitaux régionaux. Des chiffres qui font frémir ! « Nous avons certes noté une augmentation dans le nombre de cas de bronchites. Cela est dû à la variation de température impressionnante que nous connaissons en ce moment », affirme un pédiatre exerçant à l?hôpital Jeetoo. En principe, ce sont les nourrissons à partir de 3 mois qui en souffrent le plus. « Mais nous notons qu?il y a des enfants d?un mois qui sont affectés. La pollution et le tabagisme doivent y être pour quelque chose », ajoute-t-il.

Les pédiatres qui exercent dans le privé se disent bouleversés par le nombre d?enfants malades qui affluent quotidiennement dans leur cabinet de consultation. « En neuf ans de carrière, je n?ai jamais vu cela. Par jour, je décèle entre cinq et dix cas. Certains enfants arrivent dans un état terrible », confie le Dr Radhika Jagatsingh-Beehuspoteea. Les enfants les plus exposés sont les nourrissons de 3 à 9 mois.

Des difficultés respiratoires

Nombreux sont les enfants qui ont été infectés après avoir fréquenté des lieux publics. Les plus grands ont été contaminés à l?école maternelle par leurs camarades déjà infectés. « La maladie étant très contagieuse, elle se transmet d?un individu à l?autre directement par les gouttelettes expulsées lorsque l?enfant tousse et éternue », affirme notre interlocuteur. Le virus se transmet aussi indirectement par l?intermédiaire des mains ou d?objets contaminés.

La principale erreur est de consulter tardivement lorsque la maladie a déjà bien évolué. Comment reconnaître les premiers symptômes ? L?infection se traduit d?abord par un rhume banal et le virus, dans certains cas, va se propager vers le bas de l?appareil respiratoire, entraînant la bronchiolite. C?est alors que la rhinite avec fièvre laisse la place à une toux et à des difficultés respiratoires. Sèches au début, les quintes deviennent ensuite plus grasses. La respiration s?accompagne de sifflements. Dans quelques cas, la maladie évolue vers une surinfection bactérienne, nécessitant un traitement à base d?antibiotiques.

Selon la fragilité de l?enfant, une détresse respiratoire peut aussi apparaître. Ce qui peut provoquer une déshydratation et surtout des difficultés pour s?alimenter. « Plusieurs enfants ont ainsi dû être hospitalisés », affirme le Dr Radhika Jagatsingh-Beehuspoteea.

Au niveau des hôpitaux, on note malheureusement la même tendance. « Une des raisons qui expliquent la gravité de leur état de santé est que les parents leur donnent rarement les doses de médicaments prescrites », fait ressortir le médecin de l?hôpital. Au lieu d?utiliser les doseurs qui accompagnent les médicaments, les adultes se servent de cuillères de yaourt? À éviter aussi de trop couvrir l?enfant au risque de le voir faire une convulsion : « Il y a aussi quelques règles d?hygiène à respecter : éviter de mélanger tétines, petites cuillères et serviettes ; se laver les mains avant de manipuler le nourrisson. »

La prise en charge de la bronchiolite est simple, sauf en cas de complication. On prescrira une kinésithérapie respiratoire quotidienne qui aidera l?enfant à expectorer. « Il s?agit de maintenir l?enfant sur le dos et d?exercer des pressions sur le thorax », conseille-t-on à l?hôpital Jeetoo. Le but est d?évacuer les sécrétions en les faisant remonter le plus haut possible dans l?arbre bronchique et de les faire sortir par la bouche.

Un traitement coûteux

Le traitement médicamenteux se résume à peu de chose. Dans les centres de santé publique, on prescrira du paracétamol, qui sert à faire baisser la température lorsque celle-ci est trop élevée. Les sérums physiologiques servent à désobstruer le nez. « Il est très important de réaliser des lavages du nez réguliers, avant les repas et avant le coucher », souligne le Dr Radhika Jagatsingh-Beehuspoteea. Les antibiotiques ne sont prescrits qu?en cas de surinfection bactérienne.

Dans le privé, on a tendance à prescrire des corticoïdes à inhaler grâce à un nébuliseur. Ce traitement coûteux n?est pas à la portée de tous. Le nébuliseur coûte Rs 2 700 et les corticoïdes s?élèvent à Rs 1 000 pour un traitement de trois jours. Si certains pédiatres du privé ne jurent que par son efficacité, cet avis n?est pas partagé dans les milieux de la santé publique. « Les corticoïdes, qui exercent un effet anti-inflammatoire dans l?asthme, n?ont pas montré d?efficacité dans un premier épisode de bronchiolite », affirment des pédiatres du service public.

La bronchiolite reste le plus souvent une infection bénigne. Si dans certains cas l?hospitalisation est nécessaire, la guérison spontanée est de loin l?issue la plus fréquente.

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