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Alain Gordon-Gentil interviewe le gouverneur général
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Alain Gordon-Gentil interviewe le gouverneur général
Alain Gordon-Gentil interviewe notre deuxième gouverneur général mauricien. Sir Dayendranath Burrenchobay lui dit : “Je veux être l’arbre sur lequel reposent les lianes”. Il constate, amèrement, à 61 ans, que le Mauricien devient paresseux. Il demeure toutefois serein et confesse tout devoir à son pays. Etre réduit au Réduit le désempare après une carrière aussi active que la sienne. La solitude lui pèse. A quoi bon vivre dans un environnement princier si on ne peut le partager avec ceux qu’on aime ? Discipline et rigueur règlent désormais sa vie. Difficile d’être seulement témoin quand on a été acteur principal. Ne pas pouvoir dire ce qu’on pense quand on le veut est sa contrainte la plus astreignante. “On se plaignait parfois de ma franchise”. Il abuse désormais de la langue de bois. Encore que la courtoisie diplomatique ne lui déplaît guère. Il demeure allergique aux adjectifs et aux superlatifs. Il se vante même de leur absence dans ses discours gubernatoriaux. “Je sens fortement ce que je dis mais n’aime pas le dire avec passion et m’emporter”. La dégradation des mœurs mauriciennes est latente. Il n’y a pas de solutions simples à nos problèmes. Le travail est par nature difficile. La nation mauricienne est à construire. Donnons-nous le temps pour le faire. Brusquer les choses abîme le Mauricien. Mais il faut à tout prix construire cette nation mauricienne. Les Mauriciens doivent cesser de vivre en parallèle. Il est cependant normal que chacun veuille retrouver ses racines. Le meilleur progrès est d’apprendre à vivre ensemble. La richesse, comme la pauvreté, unit. Les mathématiques restent la reine et la servante des sciences. Reine parce que parfaite. Servante car, sans elle, rien ne se fait. “Ma vision de la société mauricienne ne change pas”. Elle s’approfondit. “Mon père nous a inculqué la valeur du travail et sa nécessité. Il a connu la misère. Il nous a enseigné que pour acheter nos manuels scolaires, il lui fallait passer ses dimanches à tresser des nattes et les vendre. Il nous a appris à accepter de travailler en commençant par toucher seulement Rs 19.50 par mois… Il y a ce désir latent de paix, d’harmonie, de travail, d’ordre et de discipline. Il faut le ferment qui les fera naître au grand jour”.
A propos d’arbres porte-lianes, André Masson a ceci à dire aux jeunes : “Soyez des arbres dénudés c’est-à-dire nus dans votre vérité, ennemis irréductibles du mensonge, surtout du mensonge envers vous-même, le pire de tous les mensonges, le père de tous les mensonges envers les autres… Ne vous revêtez pas de feuilles mensongères… Sachez vous émonder… Même à coup de cisaille… Ne vous pardonnez rien… Soyez de ce bois dur, équarri, sans nœuds, dont on fait d’indestructibles demeures… Ne craignez pas les cyclones… Si vous êtes fort de votre volontaire dénudation… vous résisterez seuls dans le secret, héros de vous-mêmes, à toutes les tempêtes”. Il se souvient d’un jeune, arborant volontairement et publiquement, aux heures d’affluence, les vêtements les plus ridicules. Il se savait ridicule mais agissait ainsi pour se dompter et vaincre amour-propre et préjugés. Il parle d’un autre portant cilice, au grand dam de son confesseur.
On trouve trace de ce dépassement de soi et des autres dans l’obtention d’un brevet français par Patrice Bigara pour son grappin, révolutionnant le chargement mécanisé de la canne à sucre. L’Institut français de la Propriété industrielle avalise le bien-fondé de la requête de cet employé de Constance-La Gaieté S.E. Il possède désormais les droits d’exploitation, de divulgation et de dépôt de son invention. Ex-élève du collège Saint-Joseph, il s’est toujours passionné pour le dessin industriel et la mécanique. Il obtient son diplôme de dessinateur industriel en 1976. Son invention laisse sur le sol 90 % des impuretés ramassées par les grappins conventionnels. Il ramasse seulement 8,4 kg de terre contre 76 kg pour les autres grappins et 1,6 kg de roches contre 14,3 kg pour les autres. La grosseur maximale des roches ramassées varie de 3 kg à 41 kg.
C’est un autre type de ramassage qu’effectue l’hélicoptère de la police. Il ramène aux casernes centrales onze employés de la Marine Authority, bloqués sur l’île Plate depuis le 15 janvier 1980, en raison du mauvais temps, causé par la présence de Hyacinth, errant entre Madagascar et les Mascareignes. Le retour prévu, le 21 janvier, par le côtier La Françoise, se révèle dangereux, voire impossible. Les vivres s’épuisent. La mission d’évacuation est d’autant périlleuse que l’hélicoptère ne peut ramener que deux travailleurs à la fois. L’appareil doit résister au vent soufflant à 56 km/heure.
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