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Air Mauritius réalise des profits records

25 juin 2005, 00:00

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Les turbulences n?ont pas manqué mais le Paille-en-Queue a terminé l?année financière 2004-2005 en beauté. Air Mauritius a réalisé des profits nets records de Rs 742 millions pour l?année financière se terminant au 31 mars 2005, et ce malgré la fulgurante montée du prix du pétrole.

«La note de fuel est passée de Rs 1,9 milliard à Rs 3,1 milliards mais nous avons pu réaliser une grande première : des profits opérationnels de plus d?un milliard de roupies», explique Megh Pillay, directeur général de la compagnie nationale d?aviation.

La santé du Paille-en-Queue n?a jamais été aussi bonne. Outre les profits records (pour un chiffre d?affaires de Rs 12,9 milliards), les avions de la compagnie nationale ont volé avec moins de sièges vides.

«Avec un nombre accru de vols qui sont plus ciblés et plus remplis, nous avons généré une importante productivité car tout cela a été réalisé avec les mêmes moyens», souligne Megh Pillay. Pendant la dernière année financière, Air Mauritius a transporté 1,1 million de passagers. Il n?empêche que 400 000 sièges sont restés vides. «Rien que sur l?Europe, nous avons eu 126 000 sièges vides. Cela démontre que la capacité est disponible», déclare Megh Pillay.

L?Europe a pourtant été le moteur de la bonne performance financière d?Air Mauritius. Au cours de la dernière année, le nombre de passagers voyageant sur cette ligne est passé à 433 600, ce qui représente une augmentation de 8,6 %. Les meilleures croissances ont été réalisées sur Londres (27,9 %), Paris (14,7 %) et l?Italie (41,9 % à la suite de problèmes d?Air Europe). La croissance des revenus se chiffre à 3,62 %.

Air Mauritius a accentué sa présence sur Londres et Paris tout en se retirant de Bruxelles, Munich et Vienne, entre autres. Dans le même souffle, la compagnie a conclu des partenariats avec d?autres transporteurs. Cette stratégie lui permet de limiter ses coûts tout en assurant une présence sur certains marchés.

Le créneau Asie-Australie-Extrême-Orient a également été très profitable. Toutefois, c?est l?Australie et l?Inde qui retiennent l?attention. Le démarrage d?un vol direct sur Sydney avec un A340 et d?un vol dédié sur Perth a rapporté ses fruits. Le nombre de passagers a ainsi grimpé de 30,6 %. Le trafic sur l?Inde a connu une hausse de 6,7 %. «Ce chiffre ne représente pas l?importante croissance depuis les derniers mois de l?année dernière à la suite de l?enlèvement des restrictions au niveau des visas», souligne Megh Pillay.

Secousses à prévoir

La performance d?Air Mauritius en Afrique est tout aussi satisfaisante : le nombre de passagers est passé à 99 400, soit une croissance de 7,6 %. Le vol quotidien sur Johannesburg s?est avéré un pari gagnant. La croissance des revenus sur le secteur Afrique est de 10,6 %.

Seul point noir au tableau : les lignes régionales. Le nombre de passagers a dégringolé de 6,8 % sur les vols à destination de la Réunion, Rodrigues et Madagascar, passant de 373 700 à 347 600. Le nombre de vols sur la Réunion et les Seychelles a été réduit. L?engouement pour le duty free à Rodrigues s?est aussi estompé car seulement 29 000 Mauriciens s?y sont rendus, contre 35 000 l?année précédente. Par contre, le nombre de non-Mauriciens visitant l?île a augmenté. La croissance de revenus sur ce secteur a été négative : - 5,8 %.

Le fret a connu une hausse de 5,4 %, les avions d?Air Mauritius ayant transporté 37 000 tonnes de marchandises. Sauf que les revenus ont baissé. «Nous avons dû baisser les tarifs à cause de la compétition. De plus, nos frais sont en dollars alors que nous sommes payés en roupies, ce qui a un impact sur les comptes», explique Megh Pillay.

La performance financière d?Air Mauritius en 2004-2005 lui offre de belles perspectives. En limitant les dividendes à Rs 1,50 par action (mais en payant un bonus équivalant à un mois de salaire à chaque employé), elle a accumulé des réserves solides. Cela lui permettra de verser les paiements pré-livraison pour les trois Airbus récemment commandés.

Le spectre du fuel plane toujours car le prix du pétrole continue à grimper. De nouvelles secousses sont à prévoir avec l?intensification de la compétition et la hausse de certains coûts d?opération. L?aérien est en mauvaise posture au niveau global. En 2005, l?industrie subira des pertes de Rs 180 milliards. Maurice n?est pas épargnée mais le Paille-en-Queue est serein. Il mise sur les résultats de la restructuration entreprise depuis 2003 pour s?envoler vers un nouveau record.

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