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Air Mauritius ouvre son école d?ingénierie aéronautique
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Air Mauritius ouvre son école d?ingénierie aéronautique
Investir dans la formation pour réduire ses coûts à long terme. Air Mauritius veut le prouver en ouvrant son école d?ingénierie aéronautique la semaine prochaine avec l?appui d?Air New Zealand (ANZ). Situé à l?aéroport de Plaisance, ce centre aura un objectif précis : aider la compagnie nationale d?aviation à être autosuffisante en ingénieurs ? de surcroît mauriciens ? d?ici 2009.
Air Mauritius a déjà recruté 49 étudiants mauriciens pour suivre la formation de quatre ans. Les cours, qui ont été validés par l?European Aviation Safety Agency (EASA) et le département mauricien de l?aviation civile, débuteront en janvier. Les étudiants ont été répartis en deux groupes. Le premier se consacrera à l?avionique, ce qui implique la maintenance des systèmes de communication, de navigation et de radar, entre autres.
Le deuxième sera dédié à la mécanique, soit l?entretien des structures d?avions ainsi que de leurs moteurs et systèmes électriques. Pendant les trois premières années, les étudiants suivront des cours théoriques et pratiques. Ils passeront également trois mois en Nouvelle-Zélande où ils pourront se parfaire avec les équipements sophistiqués du centre de formation d?ANZ.
La formation se fera en deux étapes. La première, qui est de nature générique, se terminera en décembre 2008 avec un examen. Les lauréats décrocheront une licence basique d?ingénieur aéronautique émise par le département mauricien de l?aviation civile.
La deuxième partie démarrera en janvier 2009 et ne durera qu?un an. Elle permettra aux ingénieurs de se spécialiser sur un type d?avion. Après quatre ans et 2 400 heures de cours, ils deviendront des Licensed Aircraft Engineers.
Ces jeunes, qui n?ont aucune formation préalable en ingénierie, ont été choisis à l?issue d?un rigoureux exercice de sélection. La compagnie nationale d?aviation n?a pas eu de peine pour attirer les meilleurs. Après tout, les heureux élus suivront gratuitement à Maurice une formation qui peut coûter jusqu?à Rs 2 millions à l?étranger. Les quatre ans de cours coûteront Rs 1 million par étudiant à Air Mauritius, mais le transporteur y trouvera son compte sur le moyen terme.
La grande majorité d?ingénieurs de la compagnie a toujours été des étrangers. Cette situation est désormais problématique. À l?heure où la compagnie est engagée dans une rude bataille pour réduire ses coûts, la masse salariale des expatriés pèse lourd. Celle-ci s?amplifie à vue d??il car la demande pour les ingénieurs diplômés en aéronautique est grande à travers le monde. Le boom de l?aérien en Europe, au Moyen-Orient et en Asie fait que la demande excède l?offre. Ainsi, les transporteurs les plus riches offrent des salaires mirobolants pour attirer les professionnels.
Ne pouvant concurrencer les Emirates et Etihad de ce monde, le Paille-en-Queue préfère miser sur les ressources humaines locales. Elle s?est d?abord lancée dans un exercice visant à réduire le coût du Maintenance & Engineering (17 % des dépenses totales) tout en restant fidèle aux normes internationales.
Même service à moins cher
Au cours de la dernière année, les techniciens d?Air France qui étaient affectés à Maurice ont été remplacés par d?autres expatriés qui proposent le même service à moins cher. Ces derniers seront remplacés en 2009 par les premiers pensionnaires de l?école d?ingénierie aéronautique.
La logique veut qu?un Mauricien réfléchira beaucoup plus qu?un expatrié avant d?accepter l?offre d?une compagnie étrangère. Les étudiants de l?école d?ingénierie aéronautique se sont d?ailleurs engagés à servir la compagnie nationale pour une durée prédéterminée.
Ce centre ne recrutera toutefois pas chaque année. Il ouvrira ses portes aux nouveaux à la lumière des besoins d?Air Mauritius. Mais comme Maurice aspire à devenir un knowledge hub et que la compagnie nationale est appelée à s?épanouir, le Paille-en-Queue est bien parti pour devenir une référence dans la formation.
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