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Agressé par des videurs, il raconte son calvaire

19 avril 2008, 00:00

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Agressé par des videurs, il raconte son calvaire

Lui frôle la mort. Eux, écopent d?un mois de prison. Ce n?est pas exactement le jugement qu?attendait ce jeune homme de 24 ans pour ses agresseurs. C?est en 2006, devant une boîte de nuit connue à Vacoas que quatre videurs agressent ce jeune homme. Traduits en cour de Curepipe récemment, ses quatre agresseurs ont écopé d?un mois de prison et d?une amende.

«A cause d?une petite discussion»</B>

«C?est une injustice», lâche le jeune homme quand nous le rencontrons, à son domicile, dans un village du Nord de l?île. Pour lui, ce jugement est «trop clément». «Ils n?auront pas peur de recommencer», affirme la victime, qui est restée deux jours dans le coma et près de deux mois en convalescence à la suite de l?agression.

Le 19 août 2006, le jeune homme se trouve en boîte. Venu seul, il se met dans un coin et allume une cigarette quand un des videurs s?approche et le somme d?éteindre sa cigarette. Il aurait tenté d?amadouer le videur, ce que ce dernier n?aurait pas apprécié. Il lui demande de se diriger vers la porte de l?établissement, où se trouve un autre videur. Le trio sort de la boîte de nuit. Deux hommes attendent dehors.

«C?est juste à cause d?une petite discussion», lâche notre interlocuteur, racontant comment, à quatre, les videurs se jettent sur lui et lui assènent de violents coups de poing et coups de pied, après l?avoir injurié. L?un des quatre, qui tient un bâton, lui donne plusieurs coups au ventre. Blessé sur tout le corps, il est laissé devant la boîte de nuit. C?est un de ses amis, présent ce soir-là, qui lui viendra en aide.

Deux jours de coma et une opération délicate plus tard, notre interlocuteur se réveille en salle des soins intensifs, à l?hôpital du Nord. Sa rate, démolie par ses agresseurs, a été enlevée par les médecins pour qu?il puisse survivre. Ce n?est que deux mois plus tard qu?il reprendra le travail. Mais sa vie ne sera plus jamais la même.

« Je suis diminué depuis cette agression», affirme le jeune homme. Habitué aux efforts physiques sur son lieu de travail, il ne peut plus rien faire aujourd?hui. Il demande à être muté, pour ne pas avoir à chercher un autre emploi. «Je ne peux pas faire d?effort physique», affirme-t-il, sachant que cela ne changera jamais?

Des quatre accusés ? Marden Madouren, Samy Santoa, Oomeshsing Ram- lagun et Sastryduran Lallbahadoor ? seront tous reconnus coupables de coups et blessures. Chacun donnera une version en cour, tous réfutant les accusations auxquelles ils font face. L?un affirmera avoir vu la victime pousser un autre accusé. L?autre dira que c?est l?accusé qui s?est montré violent envers eux. Un autre encore dira avoir vu la victime être emmenée à la porte par deux autres hommes, Vicky et Roshan. L?existence de ces deux hommes n?a toutefois pas été prouvée.

Dans son jugement, rendu en mars dernier, la magistrate Nalini Senevrayar-Cunden dira que même si le coup porté à l?abdomen est l??uvre d?un seul des assaillants, les quatre autres ont agi de concert. Et c?est ce qui leur a valu la condamnation pour coups et blessures, avec des circonstances aggravantes. Non satisfaite, la victime dit craindre que d?autres subissent le même sort qu?elle.

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