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Adhésion à la SADC : l’île se lance dans la concurrence
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Adhésion à la SADC : l’île se lance dans la concurrence
Bouleversement à l’horizon. La Communauté de développement de l’Afrique subsaharienne (SADC) vient d’accepter l’intégration de Madagascar pour en être le quatorzième pays membre. Le sommet de Gaborone (Botswana), tenu la semaine dernière, parachève deux années de négociations intenses entreprises par les responsables malgaches. Autrement dit, le pays s’engage vers un changement irréversible dans ses relations commerciales avec le continent africain.
L’instauration d’une zone de libre-échange, prévue en 2008, constitue une des étapes décisives. Et dans une organisation à majorité de pays anglophones et face à des Etats riches comme l’Afrique du Sud , la Grande Île n’a pas toutes les cartes maîtresses entre les mains.
Avant l’adhésion de Madagascar, les pays membres de la SADC se sont déjà engagés vers un partenariat commercial étroit. A ce titre, l’établissement, en 2008, d’une zone de libre-échange représente un premier pas. Mais la création de l’Union douanière pour 2010 est l’un de ses programmes les plus ambitieux. Par ailleurs, avec une telle vision, l’instauration de la monnaie unique en 2016 n’est que l’aboutissement logique de ce partenariat.
Pour la Grande île, il s’agit alors de prendre le train en marche. S’associer à ce programme déjà établi dans le cadre de ce que l’on appelle le protocole commerce est l’une des conditions préalables à son adhésion au sein de la SADC. Cet accord a reçu l’aval des parlementaires lors de leur dernière session. Le pays a déposé officiellement la demande d’adhésion en juillet avec tous les engagements techniques liés aux objectifs.
Un défi majeur figure dans les priorités de Madagascar : faire face à la concurrence venant de l’Afrique du Sud et de l’île Maurice, les deux locomotives de l’organisation. Le scénario le plus pessimiste prévoit l’invasion du marché malgache par les produits sud-africains et mauriciens, tandis qu’un autre plus optimiste, voit une opportunité d’exploiter les marchés de certains pays, comme le Botswana ou le Zimbabwe, désormais ouverts aux produits agricoles malgaches. En tout cas, l’avenir commercial de Madagascar se décide maintenant. Selon des informations officielles, le régime SADC entre effectivement en vigueur au mois de février 2006.
Deux protocoles entreront en vigueur à partir de cette date : celui du commerce et celui relatif à l’immunité et privilège des fonctionnaires de l’organisation dans leurs déplacements au sein de la zone. Lors du sommet de Gaboronne, les 13 autres pays membres ont déjà ratifié ce dernier accord. Madagascar n’étant pas encore officiellement admis, le président Marc Ravalomanana ne l’a pas encore signé.
Officiellement, le marché sera donc ouvert à tous les opérateurs issus des pays de la SADC dès le début de l’année prochaine. Les sud-africains sont attendus pour en être les premiers. Sur le terrain, le débat semble être lancé à peine sur les réelles opportunités émanant de l’intégration de Madagascar au sein de l’organisation. L’instauration d’une relation privilégiée avec l’Afrique du Sud figure dans les stratégies malgaches.
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