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Achat de farine turque : les zones d?ombre se multiplient

15 janvier 2008, 00:00

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L?achat, par la State Trading Corporation (STC), de 20 000 tonnes de farine turque sans passer par l?appel d?offres soulève de nombreuses interrogations. Et de nouvelles contestations. La direction des Moulins de la Concorde (LMLC) a précisé qu?elle n?a jamais été contactée par la STC pour l?achat de 20 000 tonnes de farine mais de 10 000 tonnes, contrairement à ce qu?a laissé entendre le directeur de la STC, samedi, Ranjitsing Soomaroah lors d?un point de presse.

L?autre zone d?ombre a trait au timing. L?on se demande dans le milieu comment un navire transportant une cargaison de 4 300 tonnes de farine a pu lever l?ancre dans le port d?Istanbul le 20 décembre 2007 alors que le 14 décembre, en réponse à une Private Notice Question (PNQ) du leader de l?opposition, Paul Bérenger, le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, indiquait que l?option turque avait été écartée pour ce qui est de l?importation de la farine. Et ce, parce que le prix était trop élevé.

Mais quelques jours après, une commande est placée auprès d?un fournisseur turc pour un montant avoisinant les Rs 350 m. La cargaison de 4 300 tonnes embarquée, le navire a mis le cap sur Valence, en Espagne. Ensuite les conteneurs ont été transbordés sur le MSC Levina qui est attendu à Port-Louis le 20 janvier.

Un haut responsable de LMLC a expliqué à l?express, hier matin, dans quelles conditions la STC les a contactés. «Le 27 novembre vers midi nous avons reçu un e-mail de la STC, nous demandant si c?était possible de leur fournir 10 000 tonnes de farine.» Cet e-mail précisait qu?il fallait 8 000 tonnes de farine type A et 2 000 tonnes de farine type B.

«Eviter toute rupture de stock»

Mais la correspondance adressée à LMLC ne leur accordait que 24 heures pour donner une réponse. «Comme la situation sur le marché mondial concernant le blé est extrêmement difficile et que les sources d?approvisionnement de farine de qualité à un prix compétitif sont limitées, nous demander de répondre en 24 heures est pratiquement impossible», devait indiquer ce haut responsable de LMLC.

Devant cette offre considérée comme restreinte, LMLC ont préféré répondre par la négative. L?express a aussi appris que ce dossier d?achat de farine turque a été l?objet de vives discussions au sein du Conseil des ministres. Le Premier ministre Navin Ramgoolam était apparemment irrité par la manière dont le dossier a été traité.

Quant aux arguments du directeur de la STC, Ranjit Soomarooah, lors de son point de presse, samedi, ils semblent totalement à l?opposé de ce qu?avance la direction de LMLC sur la farine turque. Il a justifié l?achat de cette farine en précisant «vu que Les Moulins de la Concorde n?étaient pas intéressés à approvisionner le marché en janvier, la STC s?est retrouvée dans l?obligation d?engager ces procédures pour éviter toute rupture de stock. L?offre de la Turquie était la plus compétitive. Ces 20 000 tonnes de farine reviendront à Rs 30 millions moins cher que le prix coté par les Moulins de la Concorde. L?exercice avait été entrepris avec l?aval du conseil d?administration de la STC».

La direction de la minoterie mauricienne précise qu?il n?y a jamais eu d?appel d?offres qui a été lancé pour ce contrat de farine de la Turquie. «Sinon on aurait pu y participer», indique-t-il.

D?autre part, la possibilité d?une action en cour contre la STC pour non respect des procédures d?appel d?offres serait à l?étude au sein de l?opposition.

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