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83 % des Mauriciens ne pratiquent aucun sport

21 février 2008, 00:00

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Les chiffres interpellent. 90 % de la population féminine ne pratiquent aucun exercice physique alors que 75 % d?hommes adultes n?en font pas. 35,5 % sont obèses ou sont en surpoids. C?est ce que révèle le dernier rapport du Non Communicable Disease Survey du ministère de la Santé.

Depuis, ce ministère ne cesse d?insister sur la nécessité de s?adonner à un sport pour prévenir l?obésité qui est un facteur de risque pour l?hypertension, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Sauf que le message ne gagne pas la masse.

L?exercice physique reste la préoccupation de quelques centaines de familles qui font l?effort régulièrement de faire un sport, de fréquenter le gymnase, de pratiquer l?aérobic, ou de fréquenter les piscines. Dans certaines régions, plus que d?autres, le manque d?exercice dans les familles est frappant. Le Multi-purpose de Quinze-Cantons, qui abrite un gymnase, jusqu?ici bien équipé (mais pas depuis six mois) n?accueille pas plus d?une quinzaine de personnes chaque jour. Un membre d?une force vive de cette localité fait remarquer qu?il y «avait un peu plus quand il y avait les équipements mais depuis six mois, ils n?ont pas été remplacés. Il est vrai que pour des sessions presque quotidiennes, nous aurions pu attirer plus de monde».

Scénario différent dans les piscines</B>

Un des préposés ajoute qu?au début «la salle était pleine. Un concept nouveau attire. Ce qui démontre que les gens ne sont pas conscientisés à la réelle nécessité de pratiquer un sport».

L?ancien maire, Reza Issack, est d?avis que le problème vient des municipalités. «Nous offrons des possibilités pour l?aérobic mais il demeure insuffisant. Nous ne savons pas canaliser et encourager leurs efforts», explique-t-il. Il estime que les cours d?aérobic et autres types de sports proposés ne sont pas suffisamment valorisés. Moins encore les bienfaits liés à la pratique régulière d?exercices physiques.

A la municipalité de Quatre-Bornes, NirajRamburn affiche plus ou moins la satisfaction. Plus de 700 entrées pour les cours de yoga. Le nombre d?inscrits est le même pour les cours d?aérobic. Les cours en tai-chi, qui étaient jusqu?ici méconnus, commencent aussi à attirer. Pour chaque session que propose la municipalité sur deux jours, quelque 100 habitants de Quatre-Bornes se sont inscrits. «Normalement, les sessions d?aérobic et de yoga se font sur un an. L?on propose ensuite à certaines personnes de s?inscrire alors que d?autres peuvent continuer les cours», explique Niraj Ramburn.

Dans les piscines municipales, le scénario est quelque peu différent. «Nous assurons nos quotas, par exemple, pour les écoles de formation. Il en est de même pour les cartes d?abonnement que nous avons proposées aux adultes pour des cours le matin à la piscine. Les dix sessions de cours de natation dans les six plages de l?île ont connu un succès relatif avec quelque 2 500 participants», soutient un proche du dossier au ministère des Sports.

<B>Le football échappe à la règle</B>

L?intérêt pour les piscines se voit davantage à Serge Alfred, Beau-Bassin et à Quatre-Bornes. Ce qui n?est pas répercuté dans les piscines de Calebasses et de Rivière-du-Rempart. L?explication, selon cette même source, est que «le contexte dans lequel l?on évolue joue beaucoup pour ce manque d?intérêt. La compétition académique est un frein. La non valorisation des activités physiques dans les écoles, l?Internet et les jeux virtuels sont autant de facteurs qui jouent en défaveur des exercices physiques».

Seul le football échappe quelque peu à cette règle. A cause de la passion mauricienne pour le football anglais. Les Mauriciens «ne jouent pas parce qu?ils veulent pratiquer ce sport ou parce qu?ils sentent la nécessité d?être en bonne santé. Les jeunes, surtout, imitent les grands noms du football britannique. D?où un engouement très superficiel ,» note ce spécialiste de la question.

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