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50 projets routiers mis au frigo

21 mai 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le prix du bitume a grimpé à une allure vertigineuse ces derniers mois. Au point où la Road Development Authority (RDA) et les collectivités locales sont contraintes de revoir leurs priorités au niveau des projets routiers. Chez Gamma, on confirme que plusieurs projets de réfection ? et d?agrandissement ? de routes ont été gelés.

La hausse inquiétante du prix du baril du pétrole depuis maintenant plus de deux ans a eu des effets fâcheux sur le porte-monnaie des automobilistes. Elle pourrait désormais avoir un impact direct sur l?état de leurs voitures. Car du pétrole, dépend le prix du bitume que Maurice importe pour le réseau routier. Et les prix sont si élevés que pas moins d?une cinquantaine de projets routiers tels que le ré-asphaltage de rues ? dont des artères principales ? et l?agrandissement de routes ont été mis au frigo.

C?est ce que l?express apprend auprès de la compagnie Gamma. Ravi Gutty, un de ses responsables chargé des travaux d?asphaltage et de projets routiers à travers le pays, confirme que «de nombreux projets routiers ont été gelés ces derniers mois en raison de la hausse considérable des prix du bitume d?au moins 20% à 25%.»

Le pétrole est la principale matière première entrant dans la fabrication du bitume. En cinq ans, effectivement, le prix du bitume a grimpé de 50 %. Pour les cinq premiers mois de cette année le prix du bitume a crû d?au moins 20 %. Et la tendance est toujours à la hausse selon les informations disponibles dans ce secteur.

A la RDA, l?on évoque le même problème des coûts, mais à mots couverts. Ainsi, un responsable de cet organisme a indiqué à l?express hier qu?il s?attend à ce que le budget 2008-2009 soit plus généreux envers la RDA pour «qu?elle puisse aller de l?avant avec ses projets routiers.»

En attendant, les projets patinent. Ainsi, l?agrandissement de la route Wooton-Quartier-Militaire, qui aurait dû se faire en 2007, a été mis au frigo. Ce tronçon long de 7 km allait décongestionner cette route très fréquentée ? les autobus, actuellement, arrivent difficilement à se frayer un passage sur la route existante, trop étroite.

Rs 25 millions de plus que prévu

Il faut préciser que l?exercice d?appel d?offres complété, les autorités devaient réaliser que ce tronçon allait leur coûter Rs 25 millions de plus que prévu, soit Rs 100 millions au lieu de Rs 75 millions initialement prévues. La RDA disposant d?un budget annuel de Rs 300 millions, ne pouvait y injecter d?avantage d?argent.

Le projet finalement n?a pas été jugé prioritaire, a appris l?express des milieux proches du ministère des Infrastructures publiques.

Comme à la RDA, le problème est en effet d?ordre budgétaire au sein des collectivités locales. Plusieurs dizaines de routes, tombant sous la responsabilité de collectivités locales, tant en régions rurales qu?urbaines sont ainsi laissées dans leur état actuel en raison du manque de financement.

Ravi Gutty, de Gamma, fait aussi remarquer qu?il y a des travaux qui ont été effectués à perte, dans la mesure où, en cours de route, les prix des matières premières, en particulier du bitume, ont grimpé à une vitesse vertigineuse. En effet, la loi prévoit qu?un contrat inachevé est passible de sanctions très fortes, dont des amendes.

Ce responsable de Gamma dit ainsi appréhender l?avenir. Selon lui, le projet de ré-asphaltage de la Nationale sur 7 km à partir du rond-point de Terre-Rouge au rond-point de Pamplemousses risque de coûter encore plus cher que prévu. Il se demande du reste si les autorités paieront le prix réel de ces travaux.

Selon ce responsable de Gamma, la construction d?une nouvelle route absorbe 20 à 25% de bitume. Le revêtement d?une route déjà existante comme l?autoroute, de Grand-Baie à Plaine-Magnien, nécessite encore plus de bitume, soit 70 à 80% de la matière première globale. Tandis qu?une route devant être réaménagée, comme celle de Verdun ? Quartier-Militaire, allait absorber 40 % de bitume.

La consommation de bitume à Maurice est de 20 000 tonnes par an et la majeure partie du bitume est importée d?Afrique du Sud et de l?Iran.

Devant la flambée des prix, le gouvernement n?a d?autre choix que situer ses priorités en matière de projets routiers.

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