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Les Britanniques sur le point de connaître le nom du nouveau Premier ministre
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Les Britanniques sur le point de connaître le nom du nouveau Premier ministre
Deux mois après la démission du Premier ministre Boris Johnson et en pleine crise du coût de la vie, les Britanniques s'apprêtent à savoir ce lundi 5 septembre, qui va lui succéder, à l'issue d'une course au pouvoir qui sauf coup de théâtre verra la consécration de Liz Truss.
Annoncée à 12H30 locales (11H30 GMT), l'issue du vote, ouvert aux quelque 200 000 adhérents du Parti conservateur, laisse peu de place au suspense tant la ministre des Affaires étrangères est en avance dans les sondages face à l'ancien ministre des Finances Rishi Sunak.
La ministre de 47 ans, restée fidèle jusqu'au bout à Boris Johnson quand les démissions au sein de l'exécutif se comptaient par dizaines début juillet, deviendra sauf improbable retournement la quatrième Première ministre britannique depuis le référendum du Brexit en 2016, la troisième femme à ce poste après Margaret Thatcher et Theresa May dans l'histoire du Royaume-Uni.
Le nouveau locataire de Downing Street prend ses fonctions dans un contexte économique et social explosif, avec une inflation qui dépasse les 10% et devrait encore considérablement augmenter, et une hausse exorbitante des factures d'énergie qui étrangle familles, entreprises et services publics.
Inflation et grogne sociale
La politique économique s'est naturellement retrouvée au centre de cette longue campagne, marquée très à droite et qui a parfois semblé déconnectée de l'aggravation dramatique de la crise pendant l'été.
Liz Truss a séduit en promettant des baisses d'impôt massives et adoptant un ton très dur contre les syndicats. De son côté, Rishi Sunak, richissime ex-banquier, a perdu des points en prônant un réalisme économique loin des «contes de fées» et a été vu comme un technocrate donneur de leçons incapable de comprendre les difficultés des ménages.
Dimanche, Mme Truss a assuré sur la BBC qu'élue, elle agirait «dès la première semaine» pour aider les Britanniques avec leurs factures d'énergie, refusant toutefois de préciser la nature concrète des mesures qu'elle comptait prendre. Selon plusieurs médias britanniques, elle envisage un gel les prix de l'énergie.
Elle a aussi souligné qu'elle présenterait «d'ici un mois» un projet de réforme fiscale pour faire face à la crise.
Dans deux journaux populaires, le Sun et le Daily Mail, elle a promis de «tout faire» pour que les Britanniques aient chacun «l'opportunité d'aller aussi loin que leur talent et leur dur travail puissent les emmener».
Si elle a séduit la base du parti au pouvoir depuis 12 ans au Royaume-Uni, 52% des Britanniques estiment qu'elle sera une mauvaise voire très mauvaise Première ministre selon un récent sondage YouGov. Pas sûr donc que ces vagues promesses suffisent à calmer la grogne sociale qui agite le pays comme jamais depuis les années Thatcher (1979-1990), à deux ans des législatives de 2024.
L'«été du mécontentement», avec de multiples grèves dans les transports, les services postaux, les hôpitaux, chez les avocats pénalistes, se transforme en rentrée sociale explosive.
Agir vite
Et ce dans une période de quasi-vacance du pouvoir, avec un Premier ministre démissionnaire absolument absent, parti à deux reprises en voyage à l'étranger avec sa famille.
Mais si les deux candidats conservateurs se sont évertués à prôner un «changement» après l'ère Johnson marquée par les scandales, l'ancien Premier ministre manque déjà à une partie des adhérents du Parti conservateur - plus masculins, âgés et blancs que la moyenne des Britanniques.
Boris Johnson a refusé de soutenir publiquement l'un ou l'autre des prétendants et a assuré son successeur de son soutien dans un message d'adieu dans le Sunday Express, estimant que les finalistes étaient tous les deux «plus que capables» d'occuper le poste.
Il n'a toutefois pas écarté un retour en politique.
Il ira dès mardi remettre sa démission à Elizabeth II dans sa résidence d'été de Balmoral en Ecosse, une première pour la souveraine de 96 ans qui a du mal à se déplacer et ne fera pas le voyage à Londres.
Son successeur suivra pour devenir le 15e chef de gouvernement des 70 ans de règne de la monarque, avant de rentrer à Londres pour prononcer son premier discours devant le 10, Downing Street, former son gouvernement et affronter mercredi le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer pour la première fois au Parlement.
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