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Nouvelles marches des libertés, après une semaine marquée par les violences policières
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Nouvelles marches des libertés, après une semaine marquée par les violences policières
Plusieurs milliers de manifestants défilent samedi en France contre le texte de loi «sécurité globale» et sa mesure phare, qui prévoit de restreindre la possibilité de filmer les forces de l’ordre mais aussi contre les violences policières et le racisme.
«Floutage de gueule», «Qui nous protègera des féroces de l’ordre ?», «Baissez vos armes on baissera nos caméras»: les manifestants ont sorti les pancartes et fait fleurir les slogans contre un texte jugé attentatoire à «la liberté d’expression» et à «l’Etat de droit» par ses opposants.
De premiers rassemblements ont eu lieu dans la matinée avec plusieurs milliers de manifestants à Rennes, à Lille ou encore à Montpellier. Pour Maud, 45 ans, manifestante rennaise où des incidents ont éclaté en fin de manifestation, «il y a un réel déni démocratique et on ne va pas continuer comme ça. Il y a une dérive autoritaire».
«On a commencé par démanteler les droits des travailleurs et maintenant on s’en prend aux libertés fondamentales et aux basiques de notre démocratie, la liberté d’expression, d’information», dénonce Sophie Misiraca, 46 ans, avocate en droit social au barreau de Paris.
Samedi dernier, la mobilisation avait rassemblé environ 22.000 personnes sur l’ensemble du territoire, selon les autorités.
«Agression inacceptable»
Depuis, la controverse autour de ce texte, vivement dénoncé par les journalistes et les défenseurs des libertés publiques, s’est encore renforcée.
L’évacuation brutale d’un camp de migrants à Paris lundi soir et la révélation jeudi du passage à tabac d’un producteur de musique noir par quatre policiers, actuellement en garde à vue, ont suscité l’indignation et électrisé le débat. Des scènes filmées et visionnées des millions de fois sur les réseaux sociaux.
Dans ce contexte tendu, Emmanuel Macron est descendu vendredi dans l’arène pour dénoncer l'«agression inacceptable» du producteur Michel Zecler et des «images qui nous font honte».
Il a demandé de nouveau au gouvernement de lui faire rapidement des propositions «pour lutter plus efficacement contre toutes les discriminations».
Qu’adviendrait-il si les policiers ne pouvaient plus être filmés, interrogent les détracteurs de la loi «sécurité globale», qui redoutent la portée de son article 24, pénalisant ceux qui voudraient filmer les forces de l’ordre avec une intention malveillante.
Après avoir modifié le texte pour inclure des garanties sur le «droit d’informer», le gouvernement a passé la semaine à tenter de déminer ce dossier.
En vain: malgré son adoption en première lecture par l’Assemblée nationale, la polémique était telle que Matignon s’est résolu à annoncer une nouvelle réécriture du texte par une «commission» indépendante. Avant de rétropédaler face à l’ire des parlementaires et de la majorité, à qui Jean Castex a dû assurer qu’ils auraient le dernier mot.
«Avant, on ne parlait pas assez du racisme dans la police, c’est notre moment.», dénonce Mohamed Magassa, 35 ans, habitant de Garges-les-Gonesses (Val-d’Oise).
«Quand Darmanin écrit l’article 24 ce n’est pas forcément que contre les journalistes, ce sont surtout les quartiers qui sont visés. Ces images sont vitales pour nous dans les quartiers, sinon nous sommes toujours les coupables», ajoute-t-il.
Le ministre de l’Intérieur, au coeur de la tourmente, était la cible de nombreux slogans hostiles et de pancartes le tournant en dérision.
«Refonte de la police»
Partie de la place de la République, cette marche des libertés doit rallier celle de la Bastille, à l’appel du collectif «Stop! Loi sécurité globale», qui rassemble des syndicats de journalistes, des ONG, l’association de la presse judiciaire, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et d’autres associations.
«Il est temps de procéder à une reprise en main générale de la police et, pour être encore plus clair, à une refonte de la police», a déclaré Jean-Luc Mélenchon, le chef de file des Insoumis à quelques journalistes, avant le départ du défilé parisien prévu pour le début d’après-midi.
Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, avait initialement interdit le défilé et souhaitait un rassemblement statique à République, afin «d’éviter le brassage des populations» pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Une décision finalement cassée par le tribunal administratif de Paris.
Dans une lettre adressée vendredi soir aux policiers, M. Lallement a appelé ses troupes à «tenir» la «ligne républicaine». En «dévier», c’est «perdre le sens de notre mission», a-t-il ajouté.
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