Publicité
James Wong: «Nous avons survécu aux émeutes Kaya, nous survivrons à ce qui se passe à Hong Kong»
Par
Partager cet article
James Wong: «Nous avons survécu aux émeutes Kaya, nous survivrons à ce qui se passe à Hong Kong»
Les mouvements de protestations à Hong Kong captent l’attention des médias à travers le monde. Face aux tensions, la communauté mauricienne installée à Hong Kong ne voit toutefois pas d’urgence à rentrer au bercail, car disent-ils, les manifestations restent souscontrôle et il suffit de ne pas y prendre part.
À quel moment avezvous vu ou senti l’instabilité s’installer ?
La perturbation qui a eu un impact majeur a eu lieu le 5 août. De nombreuses personnes ne se sont pas présentées au travail. Des entreprises ont ainsi été incapables de fonctionner comme d’habitude. Notre bureau a dû fermer plus tôt, les transports en commun n’opéraient plus et on voulait tous que tout le monde puisse rentrer chez soi en sécurité. Mais heureusement, tout est rentré dans l’ordre le lendemain matin.
Vous rappelez-vous le jour des premières manifestations ?
La première fois que tout cela a attiré mon attention c’était le 16 juin. Il y avait un rassemblement de deux millions de personnes pour une marche pacifique. Ce jour-là nous déjeunions avec des amis mauriciens. Je me suis dit que Hong Kong est une société capitaliste et pour la première fois, je me suis dit que peut-être que le bien-être social serait l’une des priorités de l’administration.
Comment avez-vous vu évoluer la situation ?
Je gère une équipe de professionnels hautement qualifiés et nous avons toutes sortes d’opinions et certains collègues, les plus jeunes surtout, peuvent être très émotifs et les différends peuvent être très vifs. Notre département des ressources humaines est plus occupé que d’habitude. Notre bureau est devenu une salle de presse, avec des nouvelles en direct provenant de toutes les sources que nous suivons. De cette manière, nous pouvons réorganiser instantanément nos travaux sur les sites, le transport du personnel et le transport des matériaux dépendant des nouvelles. Jusqu’à présent nous nous sommes adaptés à la situation et heureusement que les manifestations sont très bien planifiées et nous recevons des informations mises à jour par des agences, ainsi que de la communauté des manifestants directement par l’intermédiaire de WhatsApp et de Telegram.
Niveau répercussions, qu’est-ce qui a changé dans le quotidien ?
Je ne ressens aucune menace pour ma sécurité. Les supermarchés, les restaurants, les banques, les trains, les centres commerciaux, tout fonctionne bien. Ma routine quotidienne n’a pas été affectée. La plupart des manifestations se déroulent après les heures de bureau et les week-ends. Des amis et moi-même planifions nos réunions loin des zones chaudes
Maintenant quel est votre constat ?
Il y a de nombreuses personnes qui portent du noir en soutien à ceux qui protestent mais mis à part cela tout se déroule comme d’habitude.
Cette instabilité n’a-telle donc pas affecté votre vie ou votre travail ?
Pas du tout. Je ne pense pas que la situation soit aussi instable que le décrivent les médias étrangers. Je voyage partout à Hong Kong pour le travail et il n’y a aucune perturbation majeure.
Comment les autres Mauriciens installés ou travaillant à Hong Kong vivent-ils cette situation ?
Personne ne semble partir de Hong Kong pour cette raison. Beaucoup reviennent à Maurice pour la visite du pape François et notre compagnie aérienne nationale fait de la promotion à cet effet. Je ne pense pas que les manifestations aient beaucoup d’impact. Cela a généré peu de discussions parmi le groupe de Mauriciens. Il y a beaucoup d’intérêt à ce sujet c’est sûr mais jusqu’à présent aucun impact négatif.
Les interruptions de vols et manifestations à l’aéroport posent-elles problème ?
Oui, nos équipes voyagent très souvent et nous avons dû annuler toute une semaine de réunions. Heureusement, nos clients régionaux ont été très compréhensifs. Les vols ont repris depuis, avec les zones de protestation désignées et la situation est revenue à la normale.
Vous n’envisagez donc pas de rentrer ?
Les Mauriciens à l’étranger sont connus pour leur résilience et leur débrouillardise. Nos générations ont vécu la manifestation de Kaya en 1999 ; nous survivrons certainement à ce qui se passe ici. Mes amis et ma famille à Maurice seront tristes d’apprendre que pour moi il n’est pas question de revenir bientôt.
Melody Shu Kin So, Visa Officer au consulat général de Suisse
<div style="text-align:center">
<figure class="image" style="display:inline-block"><img alt="" height="330" src="/sites/lexpress/files/images/article/melody-shu-kin-so.jpg" width="620" />
<figcaption></figcaption>
</figure>
</div>
<p style="text-align: justify;"><em>«Tout a commencé avec un jeune couple voyageant à Taïwan pour les vacances et la jeune fille âgée de 20 ans a été assassinée par son petit ami et le corps de la jeune fille a été abandonné dans l'une des plus grandes gares ferroviaires de Taïwan. Hong Kong et Taïwan discutaient de la manière de traduire le petit ami en justice jusqu'à ce que la loi sur l'extradition soit proposée. La première manifestation a eu lieu le 9 juin avec près de 2 millions de personnes marchant dans les rues. J'étais de retour à Maurice en vacances et j'ai vu la nouvelle sur CNN. Je n'étais pas choquée à l'époque, car les manifestations à Hong Kong sont généralement pacifiques, mais j'ai été étonnée du nombre de personnes qui y ont participé. De retour à Hong Kong, je ne me sentais pas inquiète ni effrayée, car les Hongkongais sont généralement pacifiques quand il s’agit de manifester.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cela n’a pas affecté ma routine quotidienne. Au lendemain des clashes, vous ne pouvez même pas dire dans quelle région il y a eu l'utilisation de gaz lacrymogène ou autre la nuit précédente car tout redevient normal le lendemain.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Je vis avec mes parents ici à Hong Kong et mes proches à l'île Maurice restent en contact avec nous pour avoir des nouvelles de la manifestation mais il n'y a rien à craindre. Je pense toujours que Hong Kong est sûre et qu’il suffit d’éviter les zones chaudes, dans la mesure du possible. Pour être honnête, après avoir vécu la Kaya Riot de 1999, ce qui se passe à Hong Kong ne me fait pas peur, car les gens ici ne sont pas aussi violents que le décrivent les médias occidentaux. Oui, il y a eu des soirées où du gaz lacrymogène a été utilisé et des personnes jetaient des briques sur la police, mais je crois que ce ne sont que de petits groupes de manifestants extrêmes, cela ne signifie pas que tous les manifestants sont violents.»</em></p>
Publicité