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Adam Siao Him Fa: bien parti pour devenir patineur professionnel

3 août 2019, 11:22

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Adam Siao Him Fa: bien parti pour devenir patineur professionnel

Il n’y a pas que les athlètes locaux qui brillent comme les médailles qu’ils ont récemment remportées. Adam Siao Him Fa, né à Bordeaux de parents mauriciens, qui a commencé à patiner à quatre ans et qui en a aujourd’hui 18, a décroché à trois reprises le titre de champion de France junior. Portrait d’un jeune, qui est sous l’emprise totale du patinage artistique.

 «J’espère devenir patineur professionnel, gagner ma vie en faisant des galas à travers le monde.»

C’est par mél que nous communiquons avec Adam Siao Him Fa, qui n’est pas revenu dans l’île natale de ses parents depuis qu’il a environ 12-13 ans. Il en conserve cependant de merveilleux souvenirs. «Nous venions souvent à Maurice lorsque j’étais petit mais, en grandissant et avec le patinage artistique, j’ai eu de moins en moins de temps libre. Du coup, cela fait un moment que je ne suis pas revenu dans l’île. J’adorais les moments passés à la plage à essayer les sports nautiques. J’adore la nourriture mauricienne et, en particulier, le curry. J’espère venir à Maurice prochainement.»

Adam Siao Him Fa est né, il y a 18 ans, à Bordeaux, en France. Il est le benjamin de quatre enfants. C’est dans le cadre de leurs études supérieures que ses parents, Daniel et Patricia, sont venus s’installer à Bordeaux à la fin des années 70 et n’en sont jamais repartis. Daniel Siao Him Fa, le père d’Adam, est anesthésiste-réanimateur en neurochirurgie à l’hôpital de Bordeaux alors que sa mère Patricia est aujourd’hui femme au foyer. Si elle s’est occupée de la fratrie d’Adam, qui a pour aînés Valérie, suivie de Ronny et de Benjamin, elle encadre énormément son dernier.

Lorsque l’on demande à Adam Siao Him Fa pourquoi, de tous les sports existants, il a choisi le patinage artistique, il réplique que c’était pour faire comme ses aînés. «Ma grande sœur Valérie et mes grands frères Ronny et Benjamin ont tous les trois fait du patinage artistique avant moi. Et depuis tout petit, je les prenais pour modèles et je voulais les émuler C’est pour cela que j’ai choisi le patinage artistique.»

C’est à l’âge de quatre ans qu’il commence à s’entraîner sur la glace. Et il se prend au jeu. Si bien qu’il remporte le championnat de France minimes en 2012 alors qu’il n’a que onze ans. À partir de là, Adam Siao Him Fa n’arrête pas de se démarquer lors des compétitions nationales et européennes. Jugezen vous-même : champion de France novices ; 2e à la Coupe de Denkova Staviski à Sofia, en Bulgarie ; 2e au Rooster Cup à Courbevoie ; 1er au Tirnavia Edea Ice Cup en République Tchèque ; et 1er au Santa Claus Cup à Budapest, en Hongrie, en 2014. En 2015, il décroche le titre de champion de France novice et se classe 10e aux Jeux olympiques de la jeunesse à Lillhammer, en Norvège ; 1er à l’Open d’Andorre ; 2e à la Coupe de Nice ; 12e au JGP de Tallinn en Estonie ; et 8e au championnat de France élites en 2016.

En 2017, il est champion de France junior ; 5e à la Coupe du Tyrol à Innsbruck, en Autriche ; 9e au JGP de Zagreb, en Croatie ; 9e au JGP d’Egna à Bolzano, en Italie ; et 7e au Festival européen de la jeunesse olympique à Erzérum en Turquie. L’an dernier, il est vice-champion de France junior ; 4e au championnat de France élites ; 17e au championnat du Monde junior à Sofia, Bulgarie ; 1er aux Masters de France ; 3e au JGP de Richmond au Canada ; 1er au JGP d’Everan ; et 4e à la finale du JGP à Vancouver au Canada. Et cette année, il reprend le titre de champion de France junior ; celui de vice-champion de France élites ; 12e au championnat d’Europe senior à Minsk en Biélorussie ; 6e au championnat du Monde junior à Zagreb ; et 4e au sein de l’équipe de France au World Team Trophy à Fukuoka au Japon.

Vous vous doutez bien que de tels résultats supposent des entraînements intensifs et des sacrifices. «Il faut une préparation sérieuse et s’entraîner dans de bonnes conditions avec les bonnes personnes. Mais il faut surtout être motivé dans ce que l’on fait. Cela demande beaucoup en termes de temps pour se préparer et l’on doit sacrifier un peu de son temps libre aussi», raconte Adam Siao Him Fa.

Depuis deux ans, il vit à Poitiers pour une raison : il voulait être entraîné par le champion du monde 2007, Brian Joubert, patineur français qui a le plus formidable palmarès. Ce dernier venait de créer son école et lui également était intéressé à pousser Adam Siao Him Fa le plus loin possible dans cette discipline. Mais, à Poitiers, le jeune homme n’a pu allier lycée et entraînements. «Car à l’heure des entraînements, il y avait toujours cours. J’ai dû suivre des cours par correspondance, tout en suivant des cours par vidéo-conférence dans une école spécialisée pour sportifs ou artistes.» Il se réjouit car, malgré la pratique intensive de sa passion, il a réussi à obtenir son baccalauréat. «Cette année, je rentre en cours de Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives à l’université de Poitiers.»

Le patinage est pour lui non seulement un sport mais aussi une passion dévorante. La plus belle expérience qu’il lui a été donné de vivre a trait aux Jeux olympiques de la jeunesse d’hiver à Lillehammer en Norvège en 2016 où il représentait la France. «Mais en général, toutes les autres compétitions sont aussi de belles expériences pour moi car elles m’ont permis de voyager et de rencontrer des gens.»

Ses parents lui sont d’un soutien indéfectible, en particulier sa mère, Patricia, qui le suit dans ses entraînements et ses déplacements et qui est donc forcément son meilleur public. «Je suis allé m’entraîner à Toulouse pendant six ans et ma mère m’y a accompagné. Nous rentrions à Bordeaux les weekends où il n’y avait pas de compétitions. Puis elle m’a accompagné à Poitiers.» 

Après son succès au championnat de France cette année, Adam Siao Him Fa vise la qualification aux Jeux olympiques de Pékin en 2022. Pour cela, précise-t-il, tout dépendra des résultats lors du Championnat du monde senior en mars 2021. «Ensuite, pour pouvoir patiner aux JO, il y a un quota de points à faire. Ces points sont obtenus grâce aux contenus techniques et à l’exécution artistique des deux programmes en compétition. Et si la France n’obtient qu’une place, il faudra être le meilleur Français.» Est-ce faisable ? «J’y travaille», réplique-t-il. Adam Siao Him Fa ne sait pas encore ce qu’il fera comme métier à l’avenir. «Pour l’instant, je ne sais pas encore car je suis à fond dans le patinage. J’espère donc devenir patineur professionnel, c’est-à-dire gagner ma vie en faisant des galas à travers le monde.» En attendant, il savoure toute la «richesse emmagasinée à chaque déplacement en compétition, à chaque rencontre avec d’autres patineurs de tous les pays et ces moments de partage et d’échange…»

 

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