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Journée internationale: une évolution certaine de la langue créole
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Journée internationale: une évolution certaine de la langue créole
Apprendre le créole ? Pa mwa sa li sa. Comment se portent les préjugés et les résistances en ce qui concerne l’apprentissage du KreolMauricien qui fait partie du quotidien de la majorité des Mauriciens ? Nous sommes partis sur le campus de Réduit pour tâter le pouls des étudiants et des professeurs. Cela, à l’occasion de la Journée internationale de la langue et de la culture créoles célébrée ce vendredi 28 octobre.
Quatre étudiants en troisième année de BA French and Creole Studies partagent leur vécu. Ils font partie de la première cuvée à obtenir ce diplôme de l’université de Maurice. Yaziid Meerally, l’un des deux garçons de la classe, nous dit d'emblée que ses parents étaient divisés quant à son choix de faire ce cours. Si la mère est ravie que son fils soit admis à l’université, le père hésite. «Le cours de français, c’est une chose. Il existe depuis longtemps, mais le créole, c’était une première. Cela n’a pas été une mince affaire de le convaincre. Il m’a même dit que je pouvais tenter ma chance dans la force policière qui recrutait à ce moment-là».
«Monn tant mo sans»
Sensible à l’argument de ses profs disant que le secteur de l’enseignement du français au secondaire, est «saturé» en ce qui concerne les offres d'emplois, le jeune homme tient bon. «On m’a expliqué qu’étant donné que le créole était déjà entré au primaire, il y avait de fortes chances qu’il arrive au secondaire. Monn tant mo sans».
Dans le cas de Goshna Ramdewor, c’est elle qui était «stressée» au début du cours. Cette dernière se voit déjà en prof et souhaite se spécialiser pour enseigner aux collégiens. «Depuis que je suis le cours, j’ai vu l’évolution. Si nou mem nou pa fer enn pa de lavan, si nou pou kontign gagn onté, nou pou res deryer».
Le créole, c’est justement avec ses petits camarades à l’école primaire que l’apprend Gina Parbhoo. A la maison, le français était de rigueur. C’est lors des journées portes ouvertes à l’université que la jeune fille découvre l’existence du BA French with Creole Studies. «Je me suis demandée ce qu’on allait y apprendre. Le créole est une langue qu’on parle à la maison, ‘une langue vulgaire’. J’ai été très étonnée d’apprendre que le créole avait une histoire». Assortie d’une graphie standard et d’un dictionnaire.
Manuella Mamedy est, elle, passée de «pas du tout contente» d’avoir été admise en cours de français et créole a contente. Elle dit avoir eu l’occasion de confronter la théorie à la pratique. Enseignante stagiaire en français dans un collège d’Etat pendant les vacances, elle s’est rendu compte que «quand j’expliquais les choses en français, certains détails échappaient aux élèves. En créole, ils comprenaient mieux. Même quand ils me parlaient, c’était toujours en créole».
Une évolution certaine que Guilhem Florigny, Professeur de français à l’université de Maurice, analyse avec prudence. «Oui, il y a une résistance des parents, des profs, de la société en général, à apprendre le créole. L’anglais et le français sont toujours considérés comme des langues à valeur ajoutée, des langues internationales. Le créole ne fait pas partie des langues classées en haut de la hiérarchie».
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