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Landscope Mauritius: mariage problématique ?

25 octobre 2016, 17:00

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Landscope Mauritius: mariage problématique ?

Annoncée dans le Budget comme une des premières mesures de «rationalisation » des compagnies parapubliques, la mise sur pied de Landscope (Mtius), une fusion des services de la State Land Development Co. Ltd (SLDC – dirigée par Claude Wong So), de la State Property Development Co. Ltd (SPDC – dirigée par Naila Hanoomanjee) et de Business Parks of Mauritius Ltd (BPML – pilotée par Koomaren Chetty), principalement, a été finalisée récemment.

S’il y aura, en théorie, des synergies à regrouper toutes les fonctions immobilières de l’État dans une seule entité, on peut postuler que cette initiative n’a pas été très compréhensive jusqu’ici. Et que, de ce fait, les résultats attendus seront potentiellement faibles.

D’abord, dans le monde des affaires, on souligne que cette fusion est un peu biscornue dans le sens où l’on ne fait aucune «économie de fusion» puisque, absolument aucun emploi n’est terminé pour (c’est le cas de le dire)... double emploi ! Même les postes de CEO ne sont pas concernés ! Les chances sont donc que le dysfonctionnement qui existait avant la fusion sera toujours présent.

D’aucuns suggèrent que si les trois CEO souffraient déjà, avant la fusion, d’un manque de «bonne intelligence» pour coordonner leurs initiatives respectives, il est difficile de croire que cela va changer maintenant. Un dirigeant d’entreprise privée se demande même combien d’entreprises au monde sont, finalement, dirigées par trois CEO qui tirent dans la même direction. Se peut-il que ce soit le président du conseil d’administration – dont il n’y aurait, en revanche, qu’un unique exemplaire – qui dirigera véritablement Landscope et que les trois ex-CEO seront effectivement des ExecutiveVice Presidents ?

Ensuite, des sources autorisées font remarquer que ce mariage de convenance est un mariage inégal qui ne saurait que créer des conflits internes. Le tableau I indique, en effet, que BPML, après des années de difficultés financières, est une compagnie mature qui  génère des profits décents de Rs 195 millions par an au 30 juin 2016, alors que la SLDC perdait Rs 11 millions et que la SPDC perdait de son côté Rs 7,6 millions.

Dans une telle situation, il serait bien étonnant que BPML soit contente de partager les ressources qu’elle a dégagées au cours des ans, avec ses compagnies «cousines». Un dirigeant d’entreprise basé à Ébène se pose d’ailleurs la question suivante : le projet prioritaire de «parking à étage» devant solutionner le stationnement sauvage qui fait si mal a l’image de notre cybercité, a-t-il maintenant une chance de voir le jour, le CEO de BPML étant mathématiquement minoritaire face à ceux de SLDC et de SPDC ?

Tableau I

<p>Finalement, un ingénieur nous a fait la réflexion suivante : si le but est de mieux gérer les terres et l&rsquo;immobilier possédés par l&rsquo;État, cette fusion sous Landscope ne va pas assez loin. À cet effet, il souligne le patrimoine foncier considérable sous le ministère du Logement et des terres (y compris les plages et les baux), les divers ministères qui possèdent leurs propres bâtiments, les biens détenus par la SIC, les terres sous forêts &ndash; actuellement la responsabilité du ministère de l&rsquo;Agro-industrie &ndash; etc. Et de se demander s&rsquo;il y a une nouvelle consolidation à l&rsquo;horizon qui viendrait élargir la <em>&laquo;complémentarité des compétences&raquo;</em>* des CEO, encore plus !</p>

<p>* Déclaration de Naila Hanoomanjee à <em>&laquo;l&rsquo;express&raquo;</em> le 24/10/2016</p>

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