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Vols: le neighbourhood watch ne fait pas l’unanimité à Rivière-Noire

24 avril 2016, 08:09

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Vols: le neighbourhood watch ne fait pas l’unanimité à Rivière-Noire

 

Ils sont scandalisés. Des habitants de Rivière-Noire et Tamarin sont d’avis que la surveillance de voisinage (neighbourhood watch) mise en place à la suite de la recrudescence des vols dans la région est une aberration. Du moins, ils déplorent la manière de faire et certaines méthodes utilisées par d’autres résidents.

En effet, certains habitants ont mis en place un système de surveillance de voisinage depuis le 25 mars après une rencontre avec des policiers de la région. Celui-ci est composé de 21 personnes qui ont formé un groupe sur WhatsApp. L’application est utilisée pour signaler les comportements suspects. Les membres du groupe auraient publié les photos de personnes qu’elles estiment suspectes. Ce qui déplaît à certaines personnes, dont la photo a été partagée sur ce groupe WhatsApp sans leur autorisation.

«Eski népli éna drwa mars dan morselman aster ? Eski li zis pou enn katégori dimounn. Explik mwa, mo anvi konpran», lance d’emblée Gérard, un habitant de Tamarin ayant la quarantaine. Il raconte qu’alors qu’il se rendait sur son lieu de travail un dimanche soir, des individus lui auraient bloqué le passage. Ils l’auraient ensuite pris en photo sans son autorisation. Photo qui aurait été partagée sur leur groupe WhatsApp afin d’alerter le voisinage de sa présence.

«On est tous affectés par le nombre de cambriolages dans la région mais il y a une faille dans la façon de faire.» 

«Des gens qui me connaissent m’ont approché pour me dire que ma photo avait été partagée et qu’on soupçonne que je suis un roder lavi. Je travaille dur pour gagner ma vie honnêtement et on me prend pour un voleur, déplore Gérard. On prend ma photo sans ma permission. Mes droits ont été bafoués, ce n’est pas logique.»

Sylvio, un autre habitant, est aussi de cet avis. Une photo de deux jeunes qui marchaient dans les morcellements et qu’on a partagée sur WhatsApp l’a choqué. «Est-ce-que le fait d’être pauvre est suffisant pour qu’une personne soit stigmatisée? Non. On est tous affectés par le nombre de cambriolages dans la région mais il y a une faille dans la façon de faire.» Il l’a d’ailleurs bien fait comprendre à ses voisins.

«Il se peut que ces gamins n’avaient rien à faire avec les vols. Ils sont pauvres et cherchaient de l’argent pour se nourrir. Je ne crois pas que ce soit la meilleure façon de procéder, avance Sylvio. Ils ciblent les nouveaux visages. C’est peut-être une bonne chose, mais de là à les interroger ou à les prendre en photo, c’est navrant. Les gens qui cherchent du travail ne sont pas forcément des voleurs.»

«Fausses alertes»

Autre son de cloche du côté de Jean Leclos Camoin, un habitant. Selon lui, cette méthode porte ses fruits. «Les vols ont nettement diminué et nous n’avons que de fausses alertes», affirme-t-il. «À la nuit tombée, on organise des tournées dans chaque ruelle et aussitôt que l’on remarque des individus qui ne sont pas de la région, on les questionne.»

Une boutiquière explique que ce sont surtout des jeunes de la localité qui seraient ciblés. «Ces jeunes sont livrés à eux-mêmes. Ils n’ont jamais été scolarisés et ne souhaitent pas travailler. Ils sont souvent accros aux drogues et n’hésitent pas à voler pour s’en procurer.»

Selon les habitants de Tamarin et Rivière-Noire, il y a eu un total de 81 vols en mars, dont 11 en une seule journée et plusieurs évités de justesse. Ils ont envoyé une pétition au Premier ministre et au commissaire de police pour que des caméras de surveillance soient placées un peu partout dans la région.

 

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