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Ambiance au Parlement
Shirin Aumeeruddy-Cziffra : «C’est pire qu’une classe. C’est pire que l’école»
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Ambiance au Parlement
Shirin Aumeeruddy-Cziffra : «C’est pire qu’une classe. C’est pire que l’école»
L’ambiance était électrique ce mardi 23 juin à l’Assemblée nationale. Lors des débats autour du Supplementary Appropriation (2024-2025) (No. 2) Bill, les échanges entre les membres du gouvernement et de l’opposition ont donné lieu à plusieurs passes d’armes, obligeant à plusieurs reprises la speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, à intervenir pour maintenir le décorum.
Avant même l’ouverture officielle des travaux, plusieurs discussions se tenaient déjà dans l’hémicycle. La ministre des Services financiers, Jyoti Jeetun, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et l’Attorney General, Gavin Glover, semblaient engagés dans une discussion particulièrement sérieuse. Les premiers signes de tension sont apparus lors de l’intervention d’Adrien Duval, député du PMSD, sur le projet de loi, notamment lorsqu’il a abordé le secteur de l’enseignement supérieur.
Au fil de son discours, plusieurs membres du gouvernement ont manifesté leur désaccord à travers des murmures devenus de plus en plus audibles. «Excusez-moi, il y a des murmures dans la salle», a alors lancé la speaker afin de rappeler les parlementaires à l’ordre. Quelques instants plus tard, le ministre du Logement et des terres, Shakeel Mohamed, est intervenu à travers un point of order : «I guess that the murmur is related to the fact that Adrien Duval is being totally irrelevant in his arguments. It’s totally unfair.»
Les échanges se sont ensuite poursuivis avec des remarques lancées de part et d’autre. Shakeel Mohamed a notamment lancé à Adrien Duval : «To frekant lisien, to gagn pis.» Ce dernier a répliqué : «Pas bizin interonp mwa. Soyez un peu démocrates.» Tentant d’apaiser les tensions, la speaker a rappelé aux élus que la journée parlementaire serait encore longue : «The day is young yet and we have to go until maybe midnight.»
Pendant l’intervention d’Adrien Duval, plusieurs mouvements ont également été observés dans l’hémicycle. Kaviraj Sukon, ministre de l’Enseignement tertiaire, a quitté temporairement la salle avant d’être rejoint par Patrick Assirvaden, ministre de l’Énergie, pour une discussion à l’extérieur. Les deux sont revenus quelques minutes plus tard.
La principale tension de la journée est toutefois intervenue après le discours d’Adrien Duval. Alors que seuls ce dernier et le Premier ministre, Navin Ramgoolam, figuraient initialement sur la liste des intervenants, la speaker a été informée qu’un ministre souhaitait prendre la parole pour répondre aux critiques formulées. Le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, a alors soulevé un point of order. «J’ai comme l’impression qu’on dérange les principes établis à l’intérieur de cette Assemblée. Premièrement, on n’a même pas circulé la liste des orateurs de ce projet de loi. Et le ministre Sukon n’avait pas donné son nom et maintenant, il prend la parole», a-t-il fait ressortir.
Face aux contestations, la speaker a indiqué qu’elle utiliserait sa discrétion pour permettre au ministre Kaviraj Sukon d’intervenir. Une décision qui a provoqué l’agacement des bancs de l’opposition. «Si vous continuez à aller à l’encontre de ce que j’ai déjà décidé, je vais lever la séance et nous irons plus longtemps. C’est une question de démocratie», a-t-elle averti. Elle a également reconnu une certaine confusion autour de la liste des intervenants. «Il y a eu maldonne peut-être. Moi-même, j’ai su à la dernière minute qu’il n’y aurait que deux intervenants sur le Bill. Si vous ne me laissez pas parler, je m’en vais», a-t-elle lancé face aux interruptions.
La Chief Whip du gouvernement, Stéphanie Anquetil, est ensuite intervenue pour apporter des précisions. Elle a expliqué que la liste des orateurs avait été modifiée à plusieurs reprises, pointant du doigt Adrien Duval qui, selon elle, n’avait pas encore confirmé s’il allait intervenir ou non. «On a amendé cette liste plusieurs fois et il est de mauvaise foi», a-t-elle déclaré.
Dans la foulée, le ministre des Technologies de l’information, de la communication et de l’innovation, Avinash Ramtohul, a lancé à Adrien Duval, «Asiz twa, to pe fer malelve-la», provoquant de nouvelles réactions dans la salle. Alors qu’Adrien Duval tentait de répondre en évoquant une question de procédure, la speaker est une nouvelle fois intervenue : «Si vous voulez parler de modalités, j’aurais des choses à dire sur votre rôle concernant la consultation avec les membres de l’opposition à chaque fois. Je ne peux jamais mettre de l’huile sur le feu.»
Quelques minutes plus tard, alors que Kaviraj Sukon avait obtenu l’autorisation de prendre la parole et que Joe Lesjongard souhaitait intervenir de nouveau, le brouhaha a repris dans l’hémicycle. Une situation qui a poussé la speaker à lancer : «C’est pire qu’une classe. C’est pire que l’école.»
La journée a également été marquée par quelques piques lors des débats budgétaires. Le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, a notamment déclaré, «I am not a TikTok minister», provoquant des rires dans l’hémicycle. Joanna Bérenger, semblant se sentir visée, a répondu avec un sourire : «Super, bravo.» Shakeel a lui dit a Joanna Bérenger : «Kan to ti isi, to pas ti pe lerla lerla. To ti gounga lerla?»
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