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Malgaches à Maurice : Ces visages si familiers

13 mars 2016, 07:27

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Malgaches à Maurice : Ces visages si familiers

Annie Agathe, née Ombanjahary, employée d’une maison de retraite

Cela fait deux ans et demi qu’Annie est installée chez nous.«J’ai trouvé l’âme soeur», confie-t-elle en riant. Originaire de Tamatave, dans l’est de la Grande Île, Annie a grandi à Tana. Alors qu’elle est responsable d’un showroom qui vend des fournitures pour bureau et du matériel de sécurité, elle vient à Maurice «pour des raisons professionnelles». Ce qu’elle voit l’incite à revenir aussi souvent, deux fois l’an, pour les fêtes. «En plus, j’ai de la famille ici. Une cousine de ma mère vit à Maurice.»Ce qui l’attire plus particulièrement, «c’est le pays même, les différentes cultures qui s’entendent très bien».

Samuel Rantriakotonjanahary, étudiant à l’African Leadership College

C’est contre l’avis de ses parents, tous deux fonctionnaires du ministère des Finances malgache, que Samuel Rantriakotonjanahary s’inscrit à l’African Leadership College. La toute nouvelle institution est située au Beau Plan Business Park. Après trois mois en cours d’ingénierie électronique à l’université de Tana, Samuel, 18 ans, arrête les cours. «Le problème, c’est que tout se faisait sur papier. Il n’y avait pas de pratique. Or, je voulais faire des études qui soient interactives.»

Le jeune homme originaire de la capitale malgache cherche alors une bourse d’études. Il en décroche deux. L’une au Niger, en aviation, l’autre, en leadership, à Maurice. «Choisir était vraiment un dilemme. Tout le monde autour de moi aurait préféré que j’aille au Niger. Comme en plus à Maurice c’est une nouvelle université, ma famille me l’a déconseillée. Elle avait peur que celle-ci n’existe pas.» Mais Samuel aura le dernier mot. Il fait partie de la promotion inaugurale de l’institution. Il est chez nous depuis le 4 novembre 2015, pour trois ans d’études.

«C’est le modèle mauricien qui m’a plu. Tout ce qu’on fait a un impact sur la carrière.» La sienne, il l’envisage en tant qu’entrepreneur. «Je veux créer une entreprise de fabrication de pièces électroniques. Madagascar a beaucoup de ressources en minéraux que nous exportons pour acheter des produits électroniques de Chine. Pourquoi ne pas les fabriquer localement ?» Après quelques mois à loger à Grand-Baie, Samuel est aujourd’hui à Trou-aux Biches. Si le personnel de l’institution qu’il fréquente compte des Mauriciens, en revanche, il n’y en a pas parmi les élèves, indique Samuel.

Fidy Rasoanaivo, entraîneur de Pamplemousses SC

Fidy Rasoanaivo a connu les beaux jours du football, du temps de l’équipe de Sunrise. À l’époque, il a 23 ans. Nous sommes en 1989. Fidy évolue au sein du FC BSV, équipe championne malgache, qui participe à la Coupe d’Afrique. Dans la famille Rasoanaivo, le foot est presque dans les gênes. Le père, Étienne, a été joueur avant de devenir entraîneur. Ses fils seront aussi des joueurs.

Le quatrième de la fratrie, Fidy, tape dans l’oeil d’Ashok Chundunsing, qui est alors entraîneur de l’équipe de Sunrise. À la même époque, Fidy a des contacts avec l’équipe d’Auxerre, en France. Il doit y prendre sa place en mars 1990. «Ashok Chundunsing m’a proposé de passer deux mois à Maurice, pour l’expérience.»

Fidy Rasoanaivo est toujours là. Et il parle le créole avec un très léger accent. «Je suis venu avec monpère. Ashok Chundunsing a parlé à Paul Jones, quiétait alors le président de Sunrise. C’est lui qui a parléà mon papa pour me convaincre de rester à Maurice.» Obéissance filiale oblige, Fidy écoutera les conseils paternels. «Mon papa m’a dit qu’il se faisait vieux etque s’il arrivait quelque chose, j’aurais été loin.» En plus, avant Fidy, son cousin Harry avait déjà joué à Maurice. Fidy, lui entraînera son petit frère Rado dans l’équipe. Il restera à Maurice six ans.

Fidy Rasonaivo, lui, est resté parce qu’il a trouvé sa moitié chez nous en 1993. Aujourd’hui père de trois enfants, il est entraîneur du Pamplemousses SC. Avant de venir à Maurice, j’avais entendu dire qu’ici on n’aimait pas les étrangers. Mais c’est très facile de s’intégrer. Il a même entamé des démarches en vue d’obtenir la nationalité mauricienne. Ce qui pourrait alors faciliter ses démarches administratives.

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