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Vente de CD piratés: des artistes dénoncent la manière de faire de la police
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Vente de CD piratés: des artistes dénoncent la manière de faire de la police
«Kan fini bat twa to ava ale guet avoka.» C’est ce qu’auraient dit des policiers au producteur Michel Nany à la suite d’une bagarre survenue à Port-Louis. Celle-ci avait rapport à la vente de CD piratés dans la capitale. Lors d’une conférence de presse, mercredi 20 janvier, des artistes dénoncent la manière de faire de la police et lancent un appel pour que leurs droits soient respectés.
«Ils ont sorti leurs matraques et ont commencé à passer à tabac les artistes. Certains ont même été battus devant le poste de police avant d’être arrêtés. Ils faisaient aussi usage d’un langage grossier», allègue Michel Nany.
Comme lui, Kenny Seenien, l’un des artistes qui avaient été arrêtés suite à cette affaire, soutient qu’il a vécu un vrai cauchemar entre les mains des policiers. «Ils m’ont enchaîné. Je ne pouvais pas me détacher même pour aller aux toilettes ou à la douche. Mo manke mor laba.»
«Nou pa bann bouncers. Nou bann artistes. Zot pirat nou, zot cokin nou», a, lui plaidé le Dr Boyzini. Tandis que Bruno Raya a fait ressortir que suite à cet incident «tou bann artis ici lor caution et bann marchan la lib zot».
Marche pacifique
Par ailleurs, les artistes n’entendent pas baisser les bras et sont déterminés à se faire respecter. «Il faut démarrer un mouvement collectif pour conscientiser le public sur le piratage. Une marche sera organisée le 29 janvier à 11 heures. Cela ne concerne en aucun cas une manifestation», soutient Bruno Raya. Le chanteur est également d’avis qu’il faut tout revoir «notre statut, le Copyright Act et tout le reste».
Richard Hein, membre du conseil de la Rights Management Society (RMS), abonde dans le même sens. «Nous avons entretenu une réunion avec les ministres Duval, Baboo et le président de la RMS. Ils nous ont promis des actions et que le Copyright Act allait être revu», poursuit-il. Il a ajouté qu’avec le «High-Powered Committee qui sera mis sur pied, des solutions seront trouvées dans l’intérêt des artistes».
Il a, dans la foulée, indiqué qu’entre-temps, la loi existante doit être appliquée. «Il y a plusieurs points qui stipulent que des ‘producers’ et des ‘performers’ doivent percevoir une paye lorsque leurs chansons sont diffusées. Mais cette loi n’a jamais été appliquée. Les artistes ont perdu des centaines de millions», précise Richard Hein.
Jean Jacques Arjoon, avance, pour sa part, que Maurice doit s’inspirer des lois d’ailleurs. «Par exemple, la RMS a pour devoir de gérer les droits des artistes et les protéger. Si quelqu’un vend mon produit, il a besoin d’un permis pour le faire. S’il ne peut pas prouver son éligibilité, comment se fait-il qu’il puisse continuer à opérer ?», se demande le chanteur.
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