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Attentats à Paris et à Bamako : la menace terroriste continue
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Attentats à Paris et à Bamako : la menace terroriste continue
Une attaque terroriste meurtrière s'est produite aujourd’hui vendredi 20 novembre, avec une prise d'otages massive dans un grand hôtel de Bamako, au Mali. Et ce, exactement une semaine après les attentats de Paris, qui furent revendiqués par l’État islamique (EI). Une terreur qui se poursuivra, estiment des experts.
Ce matin, l'hôtel Radisson à Bamako, prisé par la clientèle internationale, a été attaqué par des assaillants lourdement armés qui retenaient au départ 170 personnes. Au moins trois d'entre elles ont été tuées lors d'un assaut rapidement lancé par les forces spéciales maliennes qui ont pu libérer 80 personnes.
Des ressortissants étrangers, dont le nombre et les nationalités n'étaient pas connus dans un premier temps, se trouvaient dans l'hôtel au moment de l'attaque. Au moins sept touristes chinois et six membres de la compagnie aérienne turque Turkish Airlines (THY) étaient dans l'établissement au moment de l'attaque, selon de premières informations. Des tirs d'armes automatiques pouvaient être entendus de l'extérieur de cet hôtel qui compte 190 chambres.
Selon le ministère de la Sécurité, les assaillants sont au nombre de deux ou trois, des témoins faisant état d'une dizaine d'assaillants armés. Ils sont rentrés dans l’enceinte de l'hôtel au même moment qu'une voiture munie d'une plaque diplomatique, sur laquelle ils ont ouvert le feu, selon le ministère, rectifiant une précédente information selon laquelle ils seraient arrivés à bord du véhicule diplomatique.
Compte tenu de la dimension de l’établissement et du nombre de personnes présentes, une bonne partie d'entre elles s'étaient enfermées dans des chambres et n'étaient donc pas sous la menace directe des ravisseurs, a souligné le ministère de la Sécurité.
PARIS AVANT ROME
Cette attaque, non revendiquée pour l’heure, est intervenue une semaine après celles de Paris qui ont fait 129 morts et provoqué une onde de choc planétaire. Elle a été revendiquée par l’EI qui a des ramifications en Afrique du Nord et de l'Ouest.

Les tueries du vendredi 13 à Paris ont fait 129 morts.
Les attentats du 13 novembre risquent d’ailleurs de marquer le début d'une campagne d'actions terroristes menées par l’EI dans les pays de la coalition qui le combattent en Syrie et en Irak, selon des experts.
«La séquence d'attentats Ankara (102 morts, le 10 octobre),charter russe dans le Sinaï (224 morts le 31 octobre),Beyrouth (44 morts le 12 novembre),Paris (129 morts le 13 novembre)n'est pas une marque de faiblesse, bien au contraire», explique Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences-Po Paris et spécialiste des mouvements djihadistes. «Dans la logique du Daech, il faut frapper le plus vite possible en Europe. L'idéal pour eux maintenant serait une frappe coordonnée quelque part en Europe. Après l'avoir fait à Paris, montrer qu'ils peuvent le refaire ailleurs..»
L’EI promet d’ailleurs que le massacre parisien n'est qu'un début. Dans son numéro 12 publié jeudi 19 novembre, le magazine en ligne de l'EI en anglais, Dabiq, dont la couverture, sous une photo de pompiers parisiens, clame «Just terror», félicite les «huit chevaliers qui ont mis Paris à genoux».

La couverture de la 12e édition du magazine de l'EI, Dabiq.
De nouvelles menaces ont également été proférées par deux djihadistes anonymes, dans une vidéo tournée en Irak, dans la province de Dijla, mise en ligne aujourd’hui vendredi 20 novembre et intitulée «Paris avant Rome». «Oh France de la croix, avec la permission d'Allah le tout-puissant nous allons pilonner tes monuments», clament-ils. «Nous avons commencé avec toi, nous terminerons par la Maison Blanche, qui sera noircie par notre feu».
«IL FAUT VISER L’EI COMME UN ÉTAT ENNEMI, ET NON UN TERRORISTE»
Pour l'instant, l'intensification des raids aériens des Occidentaux, promise il y a déjà plusieurs semaines par Washington, ne semble pas avoir commencé. En début de semaine, Paris et Moscou ont multiplié les raids contre des positions de l’État islamique. Mais avec une efficacité relative. Si des djihadistes ont été tués, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, l'état-major du groupe djihadiste avait pris ses précautions.
Pour avoir un véritable impact et commencer à affaiblir l'organisation, il faudrait entamer ce que l'expert australien David Kilcullen qualifie de «campagne aérienne sérieuse», dix ou vingt fois plus intense que ce qui est fait actuellement.
«Nous continuons à traiter l'EI comme une organisation terroriste, cherchant à éliminer les chefs et les caches d'armes», dit-il. «Il faudrait le viser comme un État ennemi. C'est ce qu'ils sont. Ça signifie détruire leurs sources d'énergie, leur approvisionnement d'eau, les champs pétroliers, les villes qu'ils contrôlent».
Rappelons que quatre kamikazes ayant péri le 13 novembre, tous Français, ont été identifiés. Reste à mettre un nom sur trois autres kamikazes, dont un homme passé récemment par la Grèce, auprès duquel a été retrouvé un passeport syrien à l'authenticité douteuse.
Du côté de la Belgique, la justice a prolongé la détention provisoire de Hamza Attou et Mohammed Amri, soupçonnés d'avoir exfiltré vers la Belgique Salah Abdeslam, suspect clé dans les attentats de Paris, a annoncé le parquet fédéral belge.
Les gardes à vue de deux personnes, sur les neuf interpellées jeudi à Bruxelles dans le cadre des investigations en lien avec les attentats de Paris et l'entourage de Bilal Hadfi, l'un des djihadistes décédés dans les attaques, ont par ailleurs été prolongées de 24 heures, selon la même source.
En France, les perquisitions administratives, facilitées par l'état d'urgence - 600 depuis le 13 novembre - se poursuivent dans tous les départements. 157 personnes ont été assignées à résidence.
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