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José Moirt, avocat: «Remettre la démocratie au service de monsieur et madame Tout-le-monde»

14 août 2015, 06:28

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José Moirt, avocat: «Remettre la démocratie au service de monsieur et madame Tout-le-monde»

 

«Zot Tu Parey» sera lancé aujourd’hui. Qui sont les «zot» ?

Zot Tu Parey a été lancé le 30 juillet lors d’une conférence au centre Marie Reine de la Paix. C’est un acte citoyen militant nécessaire à la revitalisation de la réflexion pour, au final, changer la pratique politique. En d’autres mots, pour faire de la politique noblement !

 

«Zot» c’est cette «classe» de politiciens qui se sont mobilisés depuis les années 80 pour défendre leurs intérêts personnels, familiaux et claniques. «Zot» ambitions c’est de jouir de l’argent public de génération en génération. Aujourd’hui, cette guerre de «classes» n’est ni sournoise, ni cachée tellement leur système est devenu totalitaire.

 

Cette campagne se fera à travers le pays afin de, premièrement, décrypter le langage, les actions et les omissions de cette oligarchie politique et dans un second temps, faire prendre conscience à la société civile qu’aujourd’hui, le pays a besoin de ses talents pour sortir de la situation difficile dans laquelle il s’enfonce davantage chaque jour. Nou pays bizin nou !

 

Pensez-vous que la politique à Maurice a été confisquée par une oligarchie ?

Ce n’est pas la politique qui a été confisquée par cette oligarchie, mais bien notre démocratie. Les politiciens traditionnels manipulent les esprits, en utilisant des institutions, y compris les médias, pour nous faire intérioriser leur soi-disant supériorité. Leur objectif : créer un sentiment d’impuissance et de servitude volontaire au sein de la population. D’où ce dicton à chaque élection : «Ki nou pou fer ?» L’heure a sonné de leur montrer ki nou kapav fer. La société civile possède plus de talents, de valeurs et de convictions républicaines que tous ces partis traditionnels réunis.

 

Concrètement, combien de familles contrôlent la politique à Maurice ?

Ramgoolam, Duval, Jugnauth et Bérenger, assistés dans leur entreprise par leurs proches, des sous-fifres, des carapates. Maintenant même les maîtresses sont de la partie.

 

Aujourd’hui, M. Duval se permet un écart de langage pour traiter ses pairs de «lèch-bottes», mais comment qualifier ses agissements durant les 14 années qu’il a passées dans le gouvernement travailliste ? Ne vous étonnez pas demain si ce même M. Duval fait partie d’un gouvernement avec ceux qu’il vient de maltraiter, car ses intérêts personnels, familiaux et claniques primeront toujours.

 

Néanmoins, le pays avance dans la bonne direction dans la mesure où Ramgoolam et Bérenger, les deux plus «grands», sont à terre. Pour terminer ce nettoyage politique, ce ne sera pas difficile parce que primo, n’importe quel parti qui s’alignera aux côtés de Ramgoolam ou de Bérenger pour les prochaines élections sera enterré avec eux et deuzio, les partis qui resteront au pouvoir ne pourront pas «deliver» sur leurs propres promesses électorales car celles-ci ont toutes été faites uniquement pour gagner les élections, pas pour être honorées.

 

Est-ce parce que c’est un petit cercle d’initiés, qui se marient entre eux, qu’il n’existe aucune loi sur le financement des partis politiques ?

Ce n’est pas un «petit cercle» d’initiés. C’est une grosse machinerie avec des ramifications internationales qui brassent des millions de roupies à chaque échéance électorale. Une petite partie de l’argent est jetée au peuple affamé et le reste entre dans les coffres-forts. Je vous donne un exemple : des preuves de paiements par millions ont été rendues publiques après les dernières élections générales, de surcroît, non réfutées par les récipiendaires. Avez-vous entendu parler d’enquêtes de l’ICAC ou de la MRA ?

 

Qu’ils gagnent ou qu’ils perdent les élections, les partis traditionnels touchent le jackpot. Maintenant, vous voulez espérer une loi sur le financement des partis politiques de «zot» ? Vous espérez qu’ils voteront des lois CONTRE leurs intérêts ?

 

Comment sortir de la logique électorale de deux blocs ? Une troisième force restera-t-elle virtuelle ?

Il n’y a pas de «deux blocs» puisqu’il s’agitd’une oligarchie. Les termes «deux blocs» et «troisième force» sont encore une fois le résultat d’une manipulation d’esprits par l’oligarchie politique pour détourner l’opinion de son jeumalsain. C’est qui la deuxième force ? Comment parler d’une troisième force quand on neconnaît pas la deuxième ?

 

C’est la raison d’être de la campagne Zot Tu Parey. Il faut décrypter les mensonges, aiderla population à prendre conscience de cettemanipulation et avec elle, mettre sur pied denouveaux instruments politiques pour fairede cette majorité sociale une nouvelle majoritépolitique. Notre ambition : construire une nouvellemajorité politico-sociale pour démocratiserla démocratie et la remettre au service demonsieur et madame Tout-le-monde.

 

«Société civile», voilà de jolis termes. Mais sont-ils homogènes ?

Notre Constitution garantit les libertés individuelles et collectives des individus, telles que le droit de se réunir et de s’associer. Nous avons le cadre légal nécessaire à l’existence d’une société civile indépendante de l’État et des organisations économiques. En général, ces organisations ou individus ne poursuivent aucun objectif visant un profit, mais cherchent à créer un impact social dans la vie publique.

 

Pourquoi chercher une homogénéité ? Pour faire comme les partis traditionnels et classer les individus dans des casiers ? That would defeat the whole purpose ! Notre force est cette diversité en termes de capacités, de pensées, d’ambitions et d’êtres. Maurice va mal. Rester les bras croisés équivaut à être complice de l’oligarchie politique qui est en train de le démembrer.

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