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Police Fighters Union

«L’autorité a été mal informée de la réalité du terrain»

2 juillet 2026, 12:30

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«L’autorité a été mal informée de la réalité du terrain»

■ Au centre, le président du Police Fighters Union, Satish Baljeewon, hier, à la municipalité de Port-Louis.

Un peu plus d’une semaine après la présentation du Budget 2026-2027, le Police Fighters Union (PFU) ne décolère pas. Réunis hier à la municipalité de Port-Louis, les responsables du syndicat ont détaillé, chiffres à l’appui, ce qu’ils considèrent comme un Budget taillé sans considération pour la force policière.

Selon le sous-inspecteur Satish Baljeewon, président du syndicat, la majorité des citoyens, tout comme les policiers eux-mêmes, ne se retrouvent pas dans les annonces budgétaires. «On (les policiers) a été mis de côté», a-t-il lâché. Il pointe une série de mesures qui, selon lui, ont démotivé les rangs : le Sunday allowance réduit à deux fois par mois, des indemnités impayées depuis un an, alors que les policiers comptent, dit-il, parmi les plus gros contributeurs aux caisses de l’État à travers les contraventions.

Le président de la PFU regrette également qu’aucune promotion n’ait été évoquée pour la police. À cela s’ajoute un déficit d’effectifs qu’il évalue à environ 2 000 policiers à travers l’île, un seul devant aujourd’hui, selon ses dires, abattre le travail de deux à trois éléments.

Satish Baljeewon estime que seule l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) sort gagnante, avec une allocation portée de Rs 2 000 à Rs 5 000 par mois. Il s’interroge sur le sort réservé aux unités qui appuient l’ADSU sur le terrain, à l’image de la Special Support Unit (SSU). Le volet welfare n’a pas été oublié. Un membre de la PFU a cité le cas des unités de la Special Mobile Force (SMF), sollicitées aussi bien dans les hôpitaux que lors des rassemblements ou sur les plages, mais selon lui jamais récompensées à la hauteur de leur charge de travail. «L’autorité a été mal informée de la réalité du terrain», a-t-il résumé.

«Trouv bann lezot solision»

La question des pensions a occupé une bonne partie de l’intervention de l’assistant surintendant (ASP) Rashid Warsalee, vice-président de la PFU. Le système annoncé lors du Budget créerait une disparité et une compétition malvenue entre fonctionnaires. Il appelle le gouvernement à «trouv bann lezot solision, pa tous nou pansion» et suggère qu’il s’attaque plutôt au gaspillage mis au jour chaque année par les audits.

L’ASP Warsalee a par ailleurs dénoncé l’annonce, année après année, du projet d’une Disciplined Forces Academy, dont l’enveloppe aurait oscillé entre Rs 200 et Rs 250 millions selon les exercices, sans jamais se concrétiser. Interrogé sur l’accord de coopération logistique et militaire entre Maurice et les États-Unis – dont Mᵉ Sanjeev Teeluckdharry conteste la légalité constitutionnelle devant la Cour suprême, réclamant l’annulation de la décision du Conseil des ministres du 29 mai dernier – le PFU a été catégorique : «On ne sera pas d’accord si l’armée américaine installe ses éléments sur notre sol, jamais !»

Le syndicat en a profité pour égrener d’autres doléances, dénonçant une rémunération inférieure à celle des agents de sécurité du privé, et un régime d’assurance maladie jugé en décalage avec la réalité : «À quoi bon avoir une assurance maladie ?» Les certificats médicaux délivrés par des médecins privés ne seraient pas reconnus par l’institution policière.

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