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NPF 2.0 : ne pas répéter les mêmes erreurs

5 août 2026, 10:00

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La réforme du système des pensions continue à susciter des débats passionnés, éclipsant totalement le débat économique. Les fractures semblent aujourd’hui profondes au sein même de l’exécutif. Vendredi, lors du passage au vote du Finance Bill, l’ex-Junior Minister chargé du Tourisme, Sydney Pierre, a allumé la mèche en disant «non» aux amendements proposés au National Pensions Act, ne laissant d’autre choix au Premier ministre que de le révoquer au nom du principe de la responsabilité collective. C’est regrettable qu’on en soit arrivé là ! Surtout quand on sait que Sydney Pierre est avant tout un professionnel aguerri du secteur hôtelier, ayant évolué au sein de grands groupes internationaux comme Marriott Hotels et Lux Collective, avant d’être nommé Chief Executive Officer de la division Hospitality & Conservation de Janus Continental Group.

Pendant son mandat, il a fait preuve de compétence dans l’exercice de ses fonctions et s’est toujours montré prompt à participer aux débats dans la presse concernant les enjeux dans l’industrie touristique.

Après le «non» tonitruant de Sydney Pierre, cela a été au tour de Khushal Lobine, le leader des Nouveaux Démocrates, absent lors de l’exercice de «division of votes», de jeter à nouveau de l’huile sur le feu en affirmant qu’il aurait dit un «grand non» à la nouvelle formule de la réforme des pensions, embarrassant au passage encore un peu plus le gouvernement.

Pendant ce temps, Véronique Leu-Govind, membre des Nouveaux Démocrates, est empêtrée jusqu’au cou dans une sale controverse après l’arrestation de son époux, Gulshand Govind, soupçonné d’être mêlé à un vaste réseau de trafic de drogue sur l’axe Maurice-Réunion. Fort heureusement, après un temps de réflexion, le Premier ministre a enjoint Véronique Leu-Govind à démissionner en tant que ministre déléguée.

Pour revenir au second volet de la réforme des pensions, c’est un exercice raté. L’absence de consultations élargies et d’une communication claire sur ce sujet hautement sensible qui concerne non seulement 263 000 retraités, mais aussi les générations à venir a fait que le gouvernement a été forcé de revoir sa copie à plusieurs reprises. Si bien que la réforme semble aujourd’hui amorphe et vidée de sa substance. D’ailleurs, jusqu’ici, le Trésor public n’a pas encore publié d’estimations financières par rapport à l’impact de la dernière mouture du projet de réforme sur les finances publiques.

Au milieu de tout ce ramdam, la dernière note de Moody’s en date du 31 juillet devrait consolider l’exécutif dans sa conviction qu’elle se devait de prendre des actions pour approfondir la réforme des pensions. Commentant les derniers développements, l’agence de notation estime que l’application partielle de la réforme est révélatrice des difficultés auxquelles le gouvernement devrait faire face pour assainir les finances publiques. À la fin de la journée, Maurice s’en tire plutôt bien en conservant sa note souveraine de Baa3 et son statut de pays investissable (Investment grade). Mais le pays demeure au bord du précipice avec une perspective négative.

Pour la seconde partie de la réforme repoussée pour 2027, il est primordial que le gouvernement change d’approche. La balle est dans le camp de la Commission des experts, qui a proposé l’institution du National Pensions and Provident Fund, une institution toute-puissante devant englober les différents régimes de retraite, à savoir, le National Pension Fund, le National Savings Fund, la Contribution sociale généralisée, le Portable Retirement Gratuity Fund, ainsi que les plans de retraite des fonctionnaires et des employés des corps parapublics. Il va sans dire que la gestion d’une telle méga-institution devra se faire dans la transparence la plus absolue car il va de l’intérêt des cotisants.

À eux seuls, le NPF et le NSF constituent une énorme masse monétaire de près de Rs 240 milliards. Qui en assumera la gestion ? Déjà, la proposition de la Commission des experts de confier la gestion du plan de retraite des fonctionnaires – actuellement sous la tutelle de la SICOM –, à plusieurs gestionnaires de fonds fait tiquer et alimente les suspicions de conflit d’intérêts.

C’est un fait : il faut rentabiliser au maximum le futur NPPF à travers une stratégie d’investissement prônant un risque mesuré. D’où la nécessité de ne pas rater le coche quand il s’agira de sélecter les gestionnaires de portefeuilles. Il est essentiel qu’on choisisse la crème de la crème. Selon les professionnels de la place, le NPF générait un rendement d’environ seulement 4 % par an car les investissements étaient trop concentrés dans les obligations d’État et les compagnies locales titrées sur la Bourse de Maurice. À travers une stratégie mieux pensée et tournée vers les marchés de capitaux étrangers, on pourrait réaliser de bien meilleures performances.

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