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Ahmed Parkar, Chief Executive du groupe Star Knitwear : «Les travailleurs étrangers sont essentiels à la survie de notre industrie textile»
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Ahmed Parkar, Chief Executive du groupe Star Knitwear : «Les travailleurs étrangers sont essentiels à la survie de notre industrie textile»
Le CEO de Star Knitwear Ltd met en avant les revenus de Rs 26 milliards que génère l’industrie du textile. Il explique qu’une réduction du nombre de travailleurs étrangers ne pourrait que mettre en péril l’emploi de 30 000 Mauriciens directement et 90 000 autres indirectement.
■ Le renouvellement de l’Africa Growth and Opportunity Act est acquis. Jusqu’ici c’est le secteur manufacturier et, dans une moindre mesure celui de la transformation des produits de mer qui en ont le plus profité. À quand une stratégie de diversification de la gamme de produits susceptibles d’être écoulés sur le marché américain ?
En ce qui concerne le textile, nous sommes déjà sur le marché américain et nous croyons dans le développement de ce secteur à l’avenir. Les marques reviennent à Maurice pour de nombreuses raisons, et notamment grâce à l’avantage hors taxes qui va jusqu’à 27 %. Maurice fournit aussi des produits aux détaillants de la mode du monde entier. Ainsi, nous pouvons offrir une vaste gamme de produits sur le marché américain.
■ Le dernier bulletin de Statistics Mauritius sur les indicateurs de productivité et de compétitivité, fait ressortir que de 2004 à 2014, la productivité associée à la performance des équipements, a accusé une baisse de 0,6 %. Cette baisse était de 0,8 % en 2013, mais la tendance s’est légèrement inversée ces derniers mois avec une hausse de 0,7%. À quoi attribuez-vous cela ?
La productivité du secteur du textile a enregistré une croissance importante depuis 2005. Si nous voyons les chiffres en termes simples, nous exportons pour une valeur de Rs 26 milliards à peu près. Ce chiffre est le même qu’en 2005 mais avec 45 000 personnes aujourd’hui, contre 100 000 alors. Ceci démontre une hausse directe de la productivité.
■ Les récents scandales qui ont secoué le paysage financier mauricien ont-ils provoqué une réticence des investisseurs étrangers à placer leur argent à Maurice ou à se lancer dans des projets de développement ?
Le problème de la BAI est très sérieux, car l’impact sur l’économie concerne tous les secteurs. Toutefois, l’intervention rapide du gouvernement devrait réduire cet impact à long terme et ramener la confiance dans les institutions. Maurice offre toujours un retour intéressant.
■ Votre entreprise, Star Knitwear, a toujours été un exemple en matière de modernisation du mode de production. Comment le risque d’une productivité inadéquate au niveau des équipements est-il géré au sein de votre entreprise ?
Nous investissons dans des équipements dernier cri et notre industrie est très moderne et très efficiente à tous égards.
■ Le secteur du textile emploie de nombreux étrangers. Le ministre du Travail Soodesh Callichurn vient récemment d’affirmer qu’il y a trop de travailleurs étrangers et qu’il faut en réduire le nombre. Cela vous inquiète-t-il?
Les travailleurs étrangers sont essentiels pour notre industrie. Nous ne pouvons pas obtenir assez de travailleurs au niveau local. Cette industrie génère Rs 26 milliards. Le coût de la main-d’oeuvre est de 25 % de la valeur de l’exportation. Ce qui protège l’emploi de 30 000 Mauriciens directement et de 90 000 autres de façon indirecte. Si les travailleurs étrangers cessent de venir ou si une réduction de leur nombre est imposée, l’industrie pourra être dangereusement affectée sur le plan de ses opérations et en termes de viabilité.
■ Comment rendre ce secteur attirant afin que les jeunes puissent aussi s’y intéresser ?
Nous offrons déjà de très bons salaires mais il nous faut un personnel spécifique. Nous avons aussi de très bonnes opportunités dans tous les secteurs, entre autres, la finance, le design, le marketing. Donc, des opportunités intéressantes existent déjà. Mais je pense qu’il faut mieux rendre visibles ces opportunités.
■ Où se positionne cette industrie aujourd’hui face aux concurrents mondiaux ?
Maurice est un producteur de mode à valeur ajoutée et est reconnu à l’échelle mondiale. La preuve de notre succès est que le pays produit pour les meilleures marques au monde, dont Topshop, Island, H&M, Zara, Forever 21. Donc, nous sommes définitivement très bien positionnés.
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