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PME: comment préparer un dossier en béton pour demander un prêt

29 avril 2015, 10:04

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PME: comment préparer un dossier en béton pour demander un prêt

Vous souhaitez vous mettre à votre compte ? Mais comme la plupart des entrepreneurs, vous ne savez pas par où commencer ? Pour vous aider à y voir plus clair, l’express s’est renseigné sur les étapes à suivre pour mettre sur pied un dossier en béton afin que vous puissiez obtenir le financement nécessaire au lancement de votre affaire.

 

Préparation : maîtriser son secteur

 

Pas de place à l’improvisation quand on souhaite lancer sa propre affaire. Il y a toute une préparation qui doit se faire en amont. «Une fois qu’il a identifié son idée, l’entrepreneur doit tout d’abord sonder le marché», explique un Business Development Officer de la Small and Medium Enterprise Development Authority (SMEDA). Ce que cela signifie? «Qu’il doit identifier ses concurrents, connaître les prix qu’ils pratiquent, l’endroit où ils opèrent et leur clientèle», souligne-t-il. Le but: que l’entrepreneur comprenne dans quoi il s’engage.

 

Une fois cette étape franchie, ce dernier doit commencer à calculer ses coûts d’opération. Ceux-ci dépendent du type de business que l’entrepreneur compte lancer. «Mais, en règle générale, le plus important c’est de calculer les fonds de roulement et le break-even (NdlR ; le seuil de rentabilité, c’est-à-dire, le niveau minimal de production que l’entreprise doit atteindre pour être rentable).»

 

Deux aspects qui, selon l’officier de la SMEDA, font cruellement défaut à certains entrepreneurs. Car, «ces derniers se focalisent beaucoup trop sur la mise sur pied de leur business que sur la somme dont ils auront besoin pour opérer au quotidien». Il ajoute que les Business Development Officers de la SMEDA sont disposés à aider l’entrepreneur à faire ce calcul s’il le souhaite.

 

Business Plan : une feuille de route pour l'entreprise

 

Détrompez-vous. Il ne s’agit pas uniquement d’un document administratif. Comme le fait ressortir Natacha Rousset, Project Coordinator chez Ecclosia Angel Investment, «le business plan est une feuille de route qui aide à la mise sur pied d’une entreprise. Il établit noir sur blanc les objectifs à atteindre ainsi que la stratégie à adopter».

 

Une étape cruciale pour l’entrepreneur puisqu’il définit d’une part, la vision de l’entreprise sur le long terme. D’autre part, c’est le document que ce dernier devra présenter à une banque pour sa demande de prêt, par exemple.

 

Concrètement, comment se prépare un business plan ? L’entrepreneur doit remplir – seul ou avec l’aide d’un officier – un template business plan, disponible à la SMEDA. Il y a plusieurs détails à fournir :

 

Résumé : l’entrepreneur doit expliquer, en une page, en quoi consistera son business.

 

Description du projet : il est tenu de faire un bref descriptif des produits qu’il a l’intention de proposer et du marché qu’il vise. Il doit aussi indiquer comment il compte procéder pour que sa PME se distingue des autres. Une rubrique qui ne devrait faire qu’entre cinq à dix lignes.

 

Marché : l’entrepreneur doit y inscrire le profil des clients qu’il recherche ; les tendances et la taille du marché que vise l’entreprise ; ses principaux compétiteurs ; le prix qu’il pratiquera ; entre autres informations demandées.

 

Produits ou services : il devra expliquer, en détail, les produits ou services qu’il développera. Il devra aussi fournir des informations sur d’éventuels permis ou formalités légales avant le lancement de ses produits ou services.

 

Mise en opération : les matières premières dont l’entreprise aura besoin, d’où proviendront-elles, le temps que cela prendra à l’entreprise pour commencer sa production… Autant de détails que devra donner l’entrepreneur.

 

Management et staff : il aura à fournir des informations sur le personnel qu’il compte employer. Il devra aussi préciser le type d’expertise dont aura besoin son entreprise. Sous cette section du business plan, l’entrepreneur devra s’expliquer sur la manière dont sera gérée l’entreprise s’il y a plus d’un directeur. Sans compter le fait qu’il devra dire comment les profits seront répartis.

 

Données financières : l’entrepreneur sera tenu de faire une projection des profits et des pertes attendus durant la première année d’opération ainsi qu’une projection du fonds de roulement. Cela, après avoir calculé, au préalable, le capital requis et les intérêts que l’entrepreneur est disposé à payer pour les emprunts contractés.

 

Ce que veulent les banques en 5 «C»

 

Rajesh Mykoo, Officer in Charge à la Mauritius Post and Cooperative Bank, résume en 5 «C» ce qu’attendent les banques d’un entrepreneur qui souhaite obtenir un prêt.

 

C comme Caractère

Il s’agit du caractère du business de l’entrepreneur. Cela englobe sa maîtrise du secteur, son expérience, ses projets passés, son statut financieret sa réputation.

 

C comme Capital

L’entrepreneur sera tenu d’expliquer d’où provient son capital. Il devra aussi prouver qu’il en a assez pour soutenir son entreprise, en dehors des prêts bancaires. L’objectif étant de s’assurer que l’entreprise a la capacité nécessaire pour absorber les chocs susceptibles d’affecter sa performance.

 

C comme Capacité

L’entrepreneur aura à démontrer qu’il sera capable de rembourser son emprunt.

 

C comme Condition

L’entrepreneur devra fournir des informations sur les facteurs externes qui pourraient, directement ou indirectement, influencer les opérations de son business.

 

C comme Collatéral

L’entreprise devra fournir des preuves concrètes qu’elle sera en mesure d’honorer les quatre premières conditions précitées, y compris le remboursement de son emprunt.

 

Des petits conseils

 

«Maîtrisez votre secteur ! Ayez une excellente connaissance de votre produit et du milieu dans lequel vous allez opérer. Car, lorsque vous vous présentez devant votre banquier, en sus de votre business plan qui devra être exhaustif, vous devrez aussi savoir comment vanter les mérites de votre entreprise !» Ce sont les nombreux conseils que donne Avinash Joganah de Zilo Ltd.

 

Selon lui, les aptitudes de marketing de l’entrepreneur représentent les cartes maîtresses qu’il pourra abattre pour convaincre un banquier de le soutenir dans son projet. Cela servira aussi à le différencier des autres entrepreneurs  qui, comme lui, demanderont un financement. Cela est d’autant plus important quand l’entrepreneur se lance dans les affaires pour la première fois.

 

Natacha Rousset estime, elle, qu’un bon moyen de se préparer est de répondre à trois questions. «Qu’est-ce que je veux faire ? Est-ce que je peux le faire ? Pourquoi ça va marcher ?» Si l’entrepreneur trouve les réponses,  dit-elle, il a toutes les chances d’obtenir le financement et l’accompagnement dont il a besoin.

 

«Ne lancez pas un business par dépit ou parce que vous en avez assez de travailler toute la journée. Lancez-vous par passion. Lancez-vous parce que vous avez envie de réussir, de monter une entreprise bien à vous. Entourez-vous de personnes qui travailleront dur pour réussir et travaillez plus dur que tout le monde», lance-t-elle en guise de conseil. Car, conclut-elle, c’est de là que vient le succès.

 

C'est quoi un bon dossier?

 

Grosso modo, c’est quoi un bon dossier ? «Il s’agit d’un dossier complet, qui contient un maximum d’informations sur le projet afin de permettre au banquier de se faire une opinion précise ainsi que d’identifier les opportunités et les risques associés», informe Vishuene Vydelingum, directeur du département de Corporate Banking à la Barclays.

 

Car, dit-il, plus le dossier regorge d’informations, plus le banquier sera apte à proposer une solution adaptée aux besoins de l’entreprise. Dans le cas de celles qui sont déjà opérationnelles, il s’agit de fournir un «bilan financier  des dernières années et la projection de flux par rapport à l’activité commerciale. Tout cela, en soulignant les aspects relatifs aux variances en termes de revenus et aux composants du coût et, s’il y a lieu, souligner les événements exceptionnels qui peuvent influer sur les activités.»

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