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Développement foncier : L’authenticité de Palmar en danger ?

18 mars 2015, 09:29

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Développement foncier : L’authenticité de Palmar en danger ?

Ce village de l’Est a conservé son cachet authentique de «lepok lontan». Mais des projets de construction, sur la plage notamment, pourraient changer la donne...

 

Des kilomètres de sable blanc, un écrin de mer turquoise, une plage où l’herbe verte et les filaos se côtoient... Palmar est l’une des dernières plages de l’île à avoir gardé son cachet authentique. Mais cela pourrait ne pas durer. Car des promoteurs ont jeté leur dévolu sur cette plage pour la construction d’hôtels ou encore de villas Integrated Resort Scheme. En effet, l’année dernière, Palm Realty Ltd, une subsidiaire du groupe Ramdenee, a fait une demande d’Environment Impact Assessment auprès du ministère de l’Environnement pour la construction de 102 résidences de luxe, dont 48 villas, sur un terrain de l’État de 13,3 arpents, en face de la plage publique. Elle attend toujours le permis.

 

De plus, en décembre, deux jours après la prestation de serment des nouveaux ministres, le ministère du Logement et des terres a repris à Pridebridge Ltd 30 arpents de terres situés à Palmar. Cette compagnie, dissoute depuis janvier, appartenait entre autres à Nandanee Soornack et Rakesh Gooljaury. Elle était censée développer ces terres mais elle n’aurait pas respecté les clauses du contrat. Selon un des habitants de Palmar, auparavant, ce terrain était peuplé de bétail. On y trouvait des vaches, des cabris, des moutons...

 

BEAUTÉ NATURELLE

 

Ceux qui fréquentent cette localité ne voient pas d’un bon oeil le développement de Palmar. Ils craignent que la construction des hôtels ou autres ne vienne gâcher cette plage. À l’instar de Vijay Kumar Bhobeechun, un habitant de Camp-de-Masque. «Enn baz familial ici. Palmar est plus tranquille, c’est pour cela que nous venons ici. Il y a moins de bruit, c’est moins fréquenté que Belle-Mare», fait-il ressortir. Et d’ajouter que si des hôtels sont construits sur cette plage, les agents de sécurité empêcheront les Mauriciens de profiter de la plage comme ils le font actuellement. En effet, les week-ends et les jours fériés, de nombreuses familles de l’Est viennent  sur la plage, jusqu’à fort tard. Au programme : foot entre amis, grillade en famille, bain de mer ou petite partie de pêche.

 

Roshan, un habitant de Riche-Mare, canne à pêche à la main, attend justement qu’un poisson morde à l’hameçon. «Il y a beaucoup de poissons ici, il y a de tout. Là, c’est la saison du cordonnier », dit-il. Pour lui, Palmar est l’une des plus belles plages de l’île et développer cette région détruira la beauté naturelle du site.

 

Le village de Palmar, lui, a conservé son côté rustique. On y voit des habitants qui jouent aux dominos sous la varangue d’une boutique ou encore sous un gros badamier. Farouches et méfiants, ils nous regardent du  coin de l’oeil. Timidement, l’un d’eux confie que leur mode de vie «enkor kouma lépok lontan». Ashok Kumar Ramruttun, le boutiquier du coin, craint de son côté que le village de pêcheurs de Palmar ne disparaisse avec le développement.

 

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