Publicité
Les banques étouffent-elles le développement des PME?
26 février 2015, 16:45
Par
Partager cet article
Les banques étouffent-elles le développement des PME?
«Zot pou gagn problem ar mwa», a-t-il prévenu. Vishnu Lutchmeenaraidoo a ainsi annoncé qu’il ne tolérerait plus que les banques freinent le développement des PME hier, mercredi 25 février. La Mauritius Bankers' Association (MBA) n’a pas tardé à réagir à cette attaque virulente du ministre des Finances en tentant de démontrer, chiffres à l’appui, que tel n’est pas le cas.
La prise de position du ministre n’a pas étonné Jayen Chellum, secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice. «Connaissant Vishnu Lutchmeenaraidoo en tant que ministre des Finances dans le passé, nous savons qu’il est très franc dans son appréciation et son analyse du secteur bancaire», déclare-t-il.
Est-ce le début d’une guerre entre le ministre et les banques commerciales ? Pas si sûr car malgré les propos acerbes de Vishnu Lutchmeenaraidoo, la MBA se dit prête à collaborer avec les autorités «pour voir dans quelle mesure elles peuvent contribuer davantage au développement de ces secteurs afin que le potentiel productif de notre pays soit pleinement exploité».
Mais il n’empêche qu’elles avancent leurs chiffres pour démontrer qu’elles aident bel et bien les PME. De décembre 2011 à ce jour, un total de Rs 4,5 milliards a été alloué aux PME à travers le secteur bancaire, selon les chiffres officiels de la Banque de Maurice. Par ailleurs, durant la même période, 95% des 3 425 demandes de prêts faites par les PME ont été acceptées par les banques commerciales.
La Fédération des PME est loin d’être du même avis. Son président, Amar Deerpalsing, soutient que certaines banques engrangent un taux d’intérêt très élevé pour le remboursement des emprunts. Ces taux seraient «insoutenables sur le long terme», avance-t-il. L’entrepreneur estime que certaines banques «abusent de la population en général».
Un point sur lequel le rejoint totalement Jayen Chellum. Arguant que les PME sont «importantes pour le développement économique du pays» et qu’elles sont appelées à «devenir encore plus importantes», le secrétaire général de l’ACIM va lui aussi dans le même sens que le ministre des Finances. «Si le ministre pense que les banques commerciales traînent leurs pieds, c’est qu’il a suffisamment d’informations pour dire ce qu’il a dit», estime-t-il.
Jayen Chellum parle également d’une culture de «maximisation des profits» pratiquée par les banques commerciales, et pas seulement en ce qui concerne le secteur des PME. «Quand on compare le taux d’intérêt à l’emprunt au taux d’intérêt à l’épargne, l’écart est tellement large que, finalement, les banques sortent gagnantes à tous les coups», ajoute-t-il.
Selon Paola Saint Mart, présidente de la Mauritius Women Entrepreneur Cooperative Federation, beaucoup de PME travaillent de façon saisonnière. Ce qui fait que nombre d’entre elles ont du mal à rembourser les banques durant la saison basse. «A la longue, le montant des dettes grossit et la firme ne parvient pas à s’en sortir», explique-t-elle.
Avinash Joganah, directeur d’une PME opérant dans le commerce de l’eau, est beaucoup moins sévère envers les banques. D’après lui, l’échec de nombre de PME n’est dû qu’aux entrepreneurs eux-mêmes. «Trop de gens se lancent dans le marché sans aucune connaissance en gestion et marketing, entre autres», avance-t-il. A son avis, les banques devraient proposer du counselling aux entrepreneurs pour mieux les accompagner et les aider dans la gestion de leurs emprunts.
Publicité
Publicité
Les plus récents
En couverture
Les grands titres de l'express de ce jeudi 9 juillet 2026
Éducation
Rakesh Ghurburrun, la fibre agricole du collège Mayflower
PIB au 1ᵉʳ trimestre
Croissance positive mais moins dynamique qu’en 2025
Zot le konpran !
Éclairage
Maurice face au spectre de la stagflation : une menace à surveiller…