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Ramacreshna Gengudu, directeur de City Fashions Ltd & RKY Co. Ltd : Un patronnier devenu patron

27 novembre 2014, 11:44

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Ramacreshna Gengudu, directeur de City Fashions Ltd & RKY Co. Ltd : Un patronnier devenu patron

À la tête de City Fashions Ltd & RKY Co. Ltd, Ramacreshna Gengudu s’est imposé dans le rayon haut de gamme en Afrique du Sud. Devenu sous-traitant d’un groupe incontournable du textile sud-africain, Triumph, l’homme d’affaires consolide aujourd’hui son carnet d’adresses avec des grosses pointures du même pays. Ses dernières conquêtes sont les marques Cap Union et KW. «Les modèles sont actuellement en développement », dit-il.

 

Aux yeux du businessman, «plus rien ne fait peur aux Africains». En effet, selon des statistiques émanant de Proparco (filiale de l’Agence française de développement), ils seront 132 millions en 2020 pour un marché de 450 milliards d’euros. En 2040, la classe moyenne africaine devrait consommer pour 1,3 milliard d’euros (Rs 52 milliards) par an. Une conjoncture très favorable, dit-il, qui ouvre des perspectives aux sous-traitants mauriciens qui les suivront de très près dans cette montée en puissance.

 

«Nous développons des marques de renom, comme Urban Degree, Jenni Button,Hilton Weiner, Vertigo, entre autres», soutient notre interlocuteur. Et, de poursuivre, que la rivalité entre marques africaines et internationales a toutes les chances de se multiplier sous l’effet de la forte croissance en Afrique, à plus de 5 % par an.

 

L’homme d’affaires reste cependant humble dans sa démarche. «Notre évolution s’est faite en étapes. Car, dans  le textile, rien n’est acquis, il faut constamment se battre pour garder ses clients», explique -t-  il. Ce secteur, il le connaît sur le bout des doigts. «Je suis dans le métier depuis les années soixante-dix. Et j’ai démarré ma carrière au bas de l'échelle, en commençant à apprendre  le b.a.-BA, soit la coupe et le patronage. J’ai tout appris sur le tas.»

 

C’est au fil des années, en faisant ses preuves, qu’il obtiendra des postes de responsabilité. «J’ai travaillé pour plusieurs  enseignes, dont Duke qui m’a permis de me développer professionnellement, en tant que chef de coupe pour ensuite être promu au poste de responsable d’atelier, en ayant à ma charge les départements de coupe et de production.» Il enrichit davantage son expérience en travaillant pour un autre grand fabricant de produits haut de gamme en soie, la compagnie Index.

 

Toutefois, les années quatre-vingt marqueront un nouveau départ pour le jeune homme qu’il est à l’époque. «Je décide de me mettre à mon compte et démarre une unité de confection dans mon garage avec  cinq machines industrielles», raconte le businessman. C’est ainsi que RKY & Co Ltd voit le jour. C’est le point de départ d’une toute nouvelle aventure.

 

Aujourd’hui, l’homme d’affaires mesure le chemin parcouru. Il a investi dans son propre bâtiment à Camp-Fouquereaux, qui héberge les deux sociétés soeurs, City Fashions Ltd & RKY Co. Ltd qui brassent un chiffre d’affaires de Rs 125 millions. Mieux encore : il a posé les bases d’une entreprise familiale dont la relève est assurée. «Mes trois enfants, dont deux dans la trentaine et un jeune  de 24 ans, travaillent pour nos entreprises», dit-il fièrement. Il a su leur offrir ce que lui n’a pas reçu : l’éducation. Sa fille Rishta Gungudu a fait un doctorat en textile et fait profiter l’entreprise familiale de son savoir-faire. Il en va de même pour son fils qui a un Master in Security & Assurance et qui prend en charge toute la partie IT de l’usine.

 

On comprend mieux pourquoi les grosses entreprises sud-africaines lui font confiance. D’autant plus, qu’avec une formation de patronnier, l’homme d’affaires peut s’imposer sur plusieurs fronts : «Nous sommes une équipe polyvalente et misons sur tous types de produits : chemises, robes, pantalons, vêtements d’enfants, pyjamas, entre autres», dit-il.

 

L’Afrique est un eldorado autant pour les multinationales que pour les grosses pointures locales. City Fashions Ltd & RKY Co. Ltd, dit-il, sont bel et bien là pour profiter de cet environnement favorable qui pousse les marques sud-africaines à rivaliser avec les ténors mondiaux, en matière de moyens financiers, de marketing, de distribution et d’innovation.

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