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20 000 condamnés attendent dans les couloirs de la mort

21 avril 2006, 00:00

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Dans un rapport publié hier, Amnesty International relève que plus de 20 000 condamnés à mort attendent leur exécution dans le monde et que 94 % des 2 148 exécutions officielles perpétrées en 2005 ont eu lieu dans quatre pays, les États-Unis, l?Iran, la Chine et l?Arabie saoudite.

Un minimum de 2 148 condamnés à morts ont été exécutés en 2005 : au moins 1 770 l?ont été en Chine, 94 en Iran, 86 en Arabie saoudite et 60 aux États-Unis, selon le rapport annuel sur la peine de mort de cette organisation de défense des droits humains basée à Londres.

Toutefois, leur nombre, notamment en Chine, pourrait être bien supérieur en raison du secret entourant la peine capitale.

De nombreux gouvernements refusent de publier des statistiques officielles complètes sur les exécutions. Le Vietnam considère ces chiffres comme un secret d?État.

80 % des exécutions ont lieu en Chine. Soixante-huit crimes et délits différents y sont passibles de la peine de mort, y compris des crimes qui n?impliquent pas de violence comme la fraude fiscale, les détournements de fonds, les délits liés à la drogue, relève Amnesty.

?Cela peut être une erreur irréparable?

?Dans certains pays, le recours à la peine de mort est lié dangereusement à des intérêts économiques. En Chine, de nombreuses voix s?inquiètent de ce que les profits élevés fournis par les transplantations d?organes prélevés sur les personnes exécutées puissent inciter à conserver la peine de mort?, relève Amnesty.

Amnesty dénonce également des ?procédures inhumaines? dans certains pays : en Biélorussie et en Ouzbékistan, ni les condamnés à mort, ni leurs familles ne sont informés à l?avance de la date de l?exécution, ce qui les prive de la possibilité de faire leurs adieux.

?20 000 personnes comptent à rebours jusqu?au jour où l?Etat va supprimer leur vie. La peine de mort est le déni suprême des droits humains, irréversible. Elle est souvent appliquée d?une manière discriminatoire, à la suite de procès inéquitables ou pour des raisons politiques. Cela peut être une erreur irréparable en cas d?erreur judiciaire?, souligne Irene Khan, secrétaire générale d?Amnesty.

Parmi les progrès enregistrés, Amnesty note que les Etats-Unis ont interdit, en mars 2005, les exécutions de mineurs au moment des faits, après avoir été ?les leaders mondiaux de cette pratique?. Aujourd?hui, l?Iran est le seul pays connu qui exécute encore des délinquants juvéniles.

@ 2006 ? Le Monde (Distribué par the New York Times Syndicate)

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