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“Le marché local a atteint sa maturité Il faut se tourner vers l’exportation”

18 avril 2006, 20:00

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● <B>Après avoir passé 40 ans au sein de Phœnix Camp Minerals, puis à la tête de Phœnix Beverages Ltd (PBL), quel effet cela vous fait de quitter la compagnie ? </B>

Depuis quelque temps, je me préparais à cette éventualité. Je ne quitte pas définitivement la compagnie car je serai consultant pendant encore deux années. à partir du 1er juillet 2006, Richard Wooding, un Britannique, me succédera à la tête de PBL, comme CEO. Je dois dire que j’ai été passionné de travailler une bonne partie de ces 40 ans dans le système Coca-Cola, dont nous sommes les embouteilleurs autorisés depuis 1953. La compagnie Coca-Cola est une grande compagnie et le leader mondial des boissons gazeuses. Ce business comporte plusieurs aspects intéressants : la production, la qualité, la distribution et le marketing, entre autres. Pendant ces 40 ans, j’ai eu l’occasion de rencontrer les grandes personnalités de Coca-Cola dont Roberto Gotzueta, chairman et CEO de The Coca-Cola Company. J’ai eu la chance d’assister à de grands événements, dont le centenaire de Coca-Cola à Atlanta en 1986 et aussi aux Jeux olympiques et aux Coupes du monde de football en plusieurs occasions.

● <B>Parlez-nous davantage de votre parcours ?</B>

Je suis arrivé à Phœnix Camp Minerals en janvier 1966 comme chief accountant. J’ai été nommé assistant manager en 1978 puis j’ai succédé à Jacques de Robillard en tant que manager en 1989. En 2001, je suis nommé CEO de PBL.

● <B>Quel est le chiffre d’affaires de PBL aujourd’hui ?</B>

Nous générons aujourd’hui un chiffre d’affaires de Rs 2,2 milliards et employons plus de 1 100 personnes. Par ailleurs, nous comptons une production de 1,1 million d’hectolitres de boissons annuellement. Ce qui représente une consommation annuelle de 90 litres par personne, tout liquide confondu. Aujourd’hui nous sommes leader dans tous les segments du marché, que ce soit bière, cola ou eau. Nous figurons parmi les 15 premières compagnies du pays.

● <B>Quels sont les événements qui ont marqué la compagnie ? </B>

Un événement majeur a été l’introduction des bouteilles en plastique en 1990. C’était une révolution car on introduisait à cette époque de gros logements de 2 litres, chose impossible auparavant avec les bouteilles en verre. C’est Phœnix Camp Minerals qui a été le premier à se lancer dans cette aventure.

Nous nous sommes aussi lancés d’une façon industrielle dans l’eau de table en 1985.

● <B>Si PBL va bien sur le plan financier, c’est en partie en raison de sa situation de monopole dans l’industrie de la bière…</B>

Nous ne sommes pas responsables si nous avons été en situation de monopole. Les autres compagnies auraient pu entrer dans ce business depuis longtemps. Le label Phœnix et sa présence sur le marché sont tellement forts que je pense que cela a pu faire les autres compagnies hésiter avant de se lancer.

● <B>L’arrivée d’un concurrent dans l’industrie de la bière a-t-elle changé la donne ?</B>

Le segment bière a augmenté légèrement. Nous n’avons rien perdu comme volume par rapport à l’année précédente. Mais je dois dire que la concurrence a été bien accueillie. Cela nous a redonné du dynamisme. Nous avons lancé de nouvelles bières comme King’s, Special Brew et Phœnix light. Il y a toute une stratégie qui a été mise en œuvre. Nous sommes très présents sur le marché, et nous avons une plus grande visibilité. Par exemple en termes de réfrigérateurs, nous avons plus de 6 000 à travers l’île. Nous avons une équipe de commerciaux qui sillonne le marché pour s’assurer que nos produits sont toujours mis en avant.

● <B>Vous avez récemment augmenté vos prix de vente de bières…</B>

Il y a des facteurs externes, telle la hausse des matières premières par exemple, que nous ne pouvons pas contrôler. Sans compter que la roupie ne cesse de se déprécier. Nous sommes obligés de revoir nos prix pour rester rentables.

● <B>Parlons des boissons gazeuses. Comment ce marché évolue-t-il ?</B>

Le marché, comme je vous le disais, a atteint une certaine maturité. Il y a toujours à prendre sur la concurrence mais le taux de croissance est moyen. à Maurice, il n’y a que 1,2 million de personnes, donc une clientèle restreinte. Aujourd’hui, nous envisageons de poursuivre notre développement ailleurs. On se tourne maintenant vers l’exportation.

● <B>Dites-nous en plus…</B>

Nous venons d’obtenir l’autorisation de la compagnie Coca-Cola pour produire des cannettes. Ainsi nous envisageons avec l’accord de Coca-Cola d’exporter sur l’île de la Réunion, Madagascar et Mayotte. Notre stratégie est de nous positionner comme fournisseur pour la région. Nous pensons exporter des volumes très intéressants. Nous exportons déjà les bouteilles de deux litres en plastique vers la Réunion. Nous voulons consolider notre position dans ce créneau.

● <B>La consommation a-t-elle évolué ?</B>

L’eau représente une bonne partie de notre chiffre d’affaires. Les gens font beaucoup plus attention à leur santé. Les produits diet ont la cote et prennent plus d’ampleur.

<I>Nous venons d’obtenir l’autorisation de la compagnie Coca-Cola pour produire des cannettes. Ainsi nous envisageons avec l’accord de Coca-Cola d’exporter sur l’île de la Réunion, Madagascar et Mayotte. Notre stratégie est de nous positionner comme fournisseur pour la région. Nous pensons exporter des volumes très intéressants.</I>

● <B>La fusion entre Phœnix Camp Minerals et la Mauritius Breweries Ltd a-t-elle été un succès ?</B>

Il faut ici féliciter les directeurs qui ont poussé à cette fusion. Il était nécessaire de le faire avec la concurrence qui arrivait tant sur le marché local qu’extérieur avec les barrières tarifaires qui vont progressivement baisser.

La fusion nous a permis de remettre en cause notre stratégie de marketing. Par ailleurs, l’année dernière, nous avons procédé à une autre étape de notre restructuration avec une diminution du nombre d’emplois qui s’est faite tout en souplesse grâce à l’esprit de dialogue qui a régné pendant les discussions.

● <B> Est-ce qu’on peut dire que le marché des boissons gazeuses et de la bière est un marché ethnique ?</B>

Non, je ne le crois pas. On ne s’est jamais servi de cela comme stratégie. Cela n’a jamais été la politique de la compagnie.

● <B>À partir du 1er juillet il y a un nouveau CEO…</B>

Nous avons choisi quelqu’un avec une riche expérience dans ce domaine, Richard Wooding. Il a travaillé pour le groupe Heineken. Tout dernièrement il était en charge de la brasserie au Rwanda. Il a déjà travaillé à Maurice à la British American Tobacco, pendant deux ans. Il connaît bien l’île Maurice. Je suis certain qu’avec l’expérience qu’il possède, la compagnie continuera à progresser.

Nous sommes une très grosse entreprise aujourd’hui. Si nous sommes arrivés là, c’est grâce au soutien continu des directeurs et aussi au travail de tous les employés. C’est une compagnie qui a une belle réputation à Maurice et le personnel devrait en être fier.

Avec la stratégie que nous mettons en place, j’ai une grande confiance dans l’avenir de la compagnie.

<I>Propos recueillis par</I> <B>Ashvin RAJARAI</B>

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