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“Il faut sauver le Domaine du Chasseur”

14 juin 2006, 00:00

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“Nous allons trouver une solution, nous avons plusieurs options”, insiste Alain O’Reilly, directeur du Domaine du Chasseur. Il refuse de jeter l’éponge. Son combat : sauver le domaine mis en liquidation par la State Bank of Mauritius.

Le domaine, pionnier de l’éco-tourisme, a fêté ses 19 ans en mai. Propriétaire et liquidateur, en l’occurrence Mushtaq Oosman, sont du même avis : il faut étudier une solution de renflouage.

Le liquidateur veut, lui, “tout faire” pour sauver le domaine et ses emplois. Cent personnes y travaillent depuis près de vingt ans. Elles habitent toutes la région du Sud-Est, déjà plutôt en retard au niveau du développement économique. Mushtaq Oosman a dépêché une équipe sur place. Mais il refuse de donner des chiffres et attend le rapport de ses évaluateurs pour décider de la marche à suivre.

“Nous traversons une période difficile après les investissements consentis ces dernières années, mais surtout avec la crise du chikungunya qui a affecté le tourisme”, explique pour sa part le directeur du domaine.

Situé à Anse-Jonchée, le domaine propose des prestations dans la nature telles que la chasse au cerf ou au cochon sauvage. Il est doté d’un restaurant et de onze bungalows.

Le Domaine du Chasseur a récemment rénové ses infrastructures et investi dans l’agrandissement de son cheptel. En 2004, un Integrated resort scheme avec des investisseurs koweïtiens a été soumis aux autorités. Mais le projet avait buté sur une question de spéculation foncière et n’a pu se concrétiser. Le projet était estimé à quelque Rs 13 milliards.

Récent redémarrage

Alain O’Reilly avait d’abord évoqué, avec ses créanciers, une solution de relance. La démarche aurait échoué. La crise liée au chikungunya est venue compliquer une situation déjà difficile. Très prisé par les groupes, l’établissement ciblait surtout la clientèle française. Or, le marché français a reculé de 13 % sur les quatre premiers mois. Les taux d’occupation, supérieurs à 70 % en janvier, ont chuté à 20 % en avril.

La concurrence féroce en éco-tourisme n’a pas non plus arrangé les choses. Le créneau demeure également assez fragile dans une destination touristique plus connue pour ses plages. Ainsi, en quelques années, plus d’une demi-douzaine de domaines ont ouvert leurs portes, de Ferney à Bel-Ombre en passant par Chamarel. Mais si la fin du premier trimestre a été difficile, il y a eu un redémarrage des activités ces dernières semaines.

Au Domaine du Chasseur, en revanche, le redémarrage semble plus lent et ne devrait pas se concrétiser avant la fin du deuxième semestre. Mais pour Alain O’Reilly, plus que la survie du domaine, c’est aujourd’hui la crédibilité du secteur de l’éco-tourisme mauricien qui est en jeu. “Si le pionnier se casse la gueule ce sera un très mauvais signal.”

Ses projets : rebondir à Rodrigues. Alain O’Reilly envisage d’y créer un restaurant à Butte-Corail ainsi qu’un hôtel de charme. Le financement aurait déjà été trouvé.

“Après le sauvetage du Domaine du Chasseur, nous allons nous engager à fond à Rodrigues”, affirme Alain O’Reilly, confiant.

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