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Île Maurice courtisée

25 juin 2005, 00:00

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Deux titres, deux visions et une formulation qui placent le pays au centre du programme des deux principaux blocs. En choisissant de rendre publics leurs programmes le même jour, ils se sont risqués à un exercice comparatif que nous ne nous priverons pas d?effectuer. «2005-2010 : une nouvelle Ile Maurice», plaide l?alliance gouvernementale. «Une Ile Maurice pour tous», propose l?Alliance sociale. Les titres sont déjà des indicateurs importants.

L?alliance MSM-MMM inscrit son programme dans le temps et, contre toute attente, prend à contrepied son slogan «Progre bizin kontinie» en annonçant «une nouvelle Ile Maurice». Entre le plaidoyer en faveur de la continuité et l?attrait du neuf qui attire les électeurs, l?alliance MSM-MMM a tenté de conjuguer deux objectifs qui témoignent, par extension, des difficultés de son argumentaire électoral. Le titre du programme de l?alliance de l?opposition est une reproduction fidèle de son discours électoral. En faisant le choix de ne pas coller un qualificatif à l?Ile Maurice, elle tente surtout de véhiculer l?idée d?un pays qui répond aux attentes de toute la population à travers l?idée d?un espace d?identification commun.

Ce petit exercice analytique des titres permet de comprendre l?esprit dans lequel les deux alliances inscrivent leurs manifestes électoraux. Les idées sont intéressantes. Les propositions nombreuses. Mais se donne surtout à lire, un catalogue de bonnes intentions. En effet, à la lecture des programmes électoraux, parus il ne faut pas l?oublier à un seulement un peu plus d?une semaine du scrutin, de nombreux observateurs ne peuvent s?empêcher de dire s?ils parvenaient à mettre en place seulement 50 % de leurs propositions, ce serait déjà un grand pas en avant pour le pays. Ce qui démontre, par extension, l?effort fourni par les deux blocs pour identifier des idées novatrices et porteuses pour le pays. Reste qu?il faut désormais voir dans quelle mesure les propositions sont réalisables.

Certaines d?entre elles ne manquent pas d?attrait. Notamment celles qui concernent, du côté de l?Alliance sociale, le recours à un référendum pour la réforme du système électoral. Il est aussi question de la réduction du nombre des ministres et des PPS, de la réforme des collectivités locales, de la révision de la loi sur l?Icac, de la mise en pratique d?un «Equal Opportunities Act», celle du système de juge d?instruction et de chambre et autres mesures en faveur de la démocratisation de l?économie.

Par contre, s?il est beaucoup question de réduction des dépenses de l?Etat, nulle part mention n?est faite d?une réforme en profondeur de l?Etat, des services publics et de l?éventuelle nécessité d?une révision de l?Etat providence. D?autres thèmes sensibles sont évités. Le programme de l?Alliance sociale reprend aussi de manière étendue ses dix propositions et, dans l?ensemble, reflète son discours socialiste.

Du côté de l?alliance gouvernementale, c?est le principe du travail dans la continuité qui prédomine. Accent est mis sur les projets «hub» et celui d?une île hors-taxes. Mais une bonne partie du programme met en relief le bilan du gouvernement. A un plan sectoriel, l?Alliance MSM-MMM compte donc reprendre la dynamique qu?elle dit avoir institué. L?adoption de l?«Equal Opportunities Bill» est programmé de même que la création d?un «Emploi pour tous». L?alliance gouvernementale se propose aussi de formuler un «Employee Share Ownership Scheme» en vue de la démocratisation de l?économie.

«Accroître, poursuivre, encourager, accélerer, consolider?» sont quelques-uns des termes récurrents de ce programme électoral de l?alliance MSM-MMM qui indique nettement que son action à venir, dans l?éventualité d?une victoire, sera surtout un prolongement de ses initiatives passées. C?est l?Alliance sociale qui a le beau rôle à ce chapitre. Un gouvernement sortant peine toujours à faire preuve d?imagination. Reste que les deux blocs font la même erreur. L?un fait l?impasse sur 2000-2005 alors que l?autre évoque une période catastrophique couvrant 1995-2000. Or, dans les faits, l?île Maurice se construit dans le temps quel que soit le gouvernement en place. ça, c?est le programme et le travail du peuple.

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