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ÉDUCATION : LA PEUR

14 janvier 2006, 20:00

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Personne ne peut le nier. Les parents mauriciens sont très impliqués dans le choix du système d?éducation pour leurs enfants. Le débat est relancé de fort belle manière ces jours-ci avec la décision du gouvernement de rétablir les écoles secondaires d?élite quatre ans après leur élimination. Nous avons voulu écouter ce que les parents avaient à en dire.

Ils sont indignés. Ils n?y comprennent plus rien. Au-delà des incertitudes propres à la formule d?admission dans les collèges d?élite, présentée jeudi par le ministre de l?Éducation, Dharam Gokhool, ils s?interrogent sur le principe de base qu?ils jugent rétrograde. Ils questionnent la méthode du ministre qu?ils qualifient de trop hâtive. Ils se disent que le gouvernement aurait été mieux inspiré de s?attaquer aux imperfections criantes de la pédagogie pratiquée dans les écoles du pays. Ils auraient préféré voir des efforts réels et significatifs pour rehausser le programme d?étude et la qualité des enseignants.

Nous avons réuni autour de la table un échantillon que nous avons voulu représentatif. Les participants sont des parents issus de villes et villages. Nous les avons cherchés, autant que possible, parmi les professionnels et les ouvriers. Dans les milieux aisés et modestes. Leurs enfants ont déjà bravé le Certificate of Primary Education ou vont le faire. Pour enrichir le débat, nous avons également sollicité l?opinion avertie du pédagogue Rada Tirvassen, de l?observateur engagé qu?est André Lee et d?enseignants qui sont aussi parents d?enfants fréquentant l?école primaire.

Appréhension, stress et indifférence

Les critiques sont nuancées selon l?identité de celui qui les formule. Les parents issus de milieux aisés ont un discours plus avant-gardiste. Ils évoquent avec insistance l?urgence de revoir le fond du système éducatif plutôt que de s?attacher à la forme. D?autres, pour qui le nom de l?école fréquentée est encore une clé pour ouvrir des portes, disent leur appréhension et leur stress. Les plus modestes affichent l?indifférence. Pour eux, le nom de l?école que fréquente leurs enfants n?a aucune importance du moment que le gamin réussit ses examens et a une place au secondaire.

Les instituteurs ont tendance à soutenir l?initiative du gouvernement. Ils la perçoivent comme une opportunité de se faire valoir. Les observateurs avertis disent leur chagrin de constater que la masse est en train d?être sacrifiée au nom d?une poignée de privilégiés. Ils relèvent la tendance mondiale vers l?élimination de la compétition de l?école au fur et à mesure qu?un pays se développe et améliore l?accès à l?éducation. Avec l?investissement conséquent dans la construction de collèges ces derniers quatre ans, le problème d?accès se pose beaucoup moins à Maurice. Le pays aurait dû s?acheminer vers la minimalisation de la compétition et du stress à l?école, deux facteurs qui freinent l?apprentissage.

Tout le monde aurait souhaité que le gouvernement soumette sa proposition de réforme au débat publique avant de l?adopter. Même s?il est vrai que la réintroduction des collèges d?élite fait partie du programme électoral sur la base duquel ce gouvernement a été élu. Mais puisque la décision semble être irréversible, autant adoucir la pilule. Cela, en garantissant la transparence dans le choix des enfants qui iront à ces collèges d?élite, réclament d?une seule voix parents, pédagogues et observateurs.

Autant dire que les parents tendent à aborder la problématique de leur propre perspective, selon leurs propres intérêts. D?où l?appel de Rada Tirvassen et d?André Lee de faire preuve de générosité et de solidarité envers les enfants dont les parents sont moins équipés à défendre aussi farouchement leurs intérêts. Une chose est certaine, cependant. On en était loin des réactions de tripes témoignées dans le passé. Se pourrait-il que les mentalités ont évolué au point de refroidir enfin la passion que suscite généralement l?éducation ? Il est encore tôt pour le dire. Les pyromanes ne se sont pas encore mis au travail?

Notre démarche initiale était d?orchestrer un face-à-face avec le ministre de l?Éducation et des Ressources humaines, Dharam Gokhool. Bien qu?entièrement d?accord avec le principe, celui-ci n?a malheureusement pas pu se libérer pour participer à la table ronde, tenue vendredi après-midi. Nous avons cherché des éléments de réponse aux interrogations des parents dans ses déclarations publiques tenues cette semaine.

DECISION HATIVE

Stéphanie Donat : « C?est une mesure trop hâtive, prise sans la moindre analyse et évaluation sérieuse de la réforme Obeegadoo. L?expérience a montré, de par le monde, que l?on se casse le nez quand on prend des décisions hâtives sans consultation. »

Stephen Bonne : « Le ministre a pris une décision hâtive. Il aurait pu avoir introduit des mesures visant à améliorer le système Obeegadoo. Gokhool veut appliquer son manifeste électoral sans réfléchir, sans concertation. »

Bertrand Alexis : « La régionalisation est une bonne chose. Chacun a accès à une école là où il habite. »

Zeeta Louis : « Je ne me sens pas concernée. »

Marie-Ange Cléopâtre : « Il semble que le ministre a choisi de faire vite sans avoir fait un bilan de la réforme Obeegadoo. Nous avons été mis devant le fait accompli. »

Radhakrishna Sadien : « C?est une décision qui reflète bien l?esprit de nos politiciens : on décide sans même s?attarder sur les conséquences pour nos enfants. On ne peut prendre une décision aujourd?hui et vouloir l?appliquer tout de suite sans même en discuter avec toutes les parties concernées. »

André Lee : « Créer des National Colleges ne vient pas résoudre les vraies lacunes de la réforme Obeegadoo. Peut-on appeler concertation des discours du ministre devant des assemblées de parents où il expose quelques enjeux ? Les partenaires de l?éducation n?ont pas eu leur mot à dire. »

Rada Tirvassen : « Cette décision sert les intérêts d?une minorité. Elle ne démocratise pas l?accès à l?éducation. Elle est contraire à la tendance mondiale qui est pour une minimalisation de la compétition à l?école. »

POINT DE VUE DU MINISTRE GOKHOOL

Cette décision va dans le sens de notre engagement de faire de Maurice un « knowledge hub » et une île d?excellence. Nous avons besoin de préparer notre jeunesse à faire face aux défis internationaux. La création des collèges nationaux et régionaux fait suite à la réintroduction des « Form I-VI colleges » et au débat national sur le programme d?études. Nous avons aussi lancé les « Quality Initiatives 2006 ». Nous sommes cohérents avec notre philosophie de donner le maximum de chances à chacun. La mesure fait partie d?un ensemble. Il ne faut pas l?isoler des autres mesures proposées pour faire de Maurice le lieu par excellence de la « World Class Education ». Dès septembre, quand les parents devront remplir les formulaires pour l?admission en 2007, ils pourront opter pour les collèges nationaux. Nous voulons offrir plus de chances à ceux qui ont le potentiel.

COLLEGES NATIONAUX

Stéphanie Donat : « Créer des National Colleges vient-il résoudre les anomalies du présent système éducatif mauricien ? N?allons-nous pas maintenant amener la division de la société mauricienne en relançant le débat sur les langues orientales et le ranking ? Ne risque-t-on pas de déplacer le problème en n?attaquant pas la source des maux de notre système éducatif ? »

Marie-Ange Cléopâtre : « Le ministre répond aux vraies questions (taux d?échec, formation des profs?) par une mauvaise réponse : les National Colleges. »

Stephen Bonne : « Il aurait fallu comparer quatre ans de grading ? régionalisation et 20 ans de ranking. Nous avons aujourd?hui de nombreux collèges, mais il n?y a pas les mêmes infrastructures partout. Le grading et le ranking produisent le même taux d?échec : 35 %. On n?attaque pas les vrais maux de notre système. »

Zeeta Louis : « Collège d?élite ou pas, l?essentiel pour moi c?est que mes enfants ont une éducation. »

André Lee : « La réforme Gokhool ne répond pas au problème causé par le taux d?échec et la qualité de l?enseignement dispensé. »

Saleem Choolun : « Le ministre répond aux besoins des parents et enseignants quant aux enfants ?surdoués?. La compétition est nécessaire et permet à tous d?être motivés. »

Rada Tirvassen : « Toute réforme n?est jamais parfaite, ni imparfaite à 100 %. Comment cette réforme vient-elle aider à la construction d?une Nation et créer la paix sociale ? L?école crée une hiérarchie dans notre société qui est déjà très divisée. Nous introduisons un germe d?instabilité sociale. »

Radhakrishna Sadien : « De quelle élite parlons-nous ? Des études montrent que la drogue et l?alcool touchent les élèves de toutes les écoles. Donne-t-on une meilleure éducation à la vie dans ces collèges d?élite ? Voici la question ! »

POINT DE VUE DU MINISTRE GOKHOOL

Je l?ai dit et je le répète : la création des « National Colleges » n?est qu?une partie de notre projet de réformes de notre système éducatif.

Il faut avoir une vision globale de toute la question. Comment peut-on parler d?accès équitable à l?éducation si tous les collèges n?ont pas les mêmes facilités infrastructurelles ? Nous nous attelons à remédier les lacunes et faiblesses de notre système éducatif. La formation des enseignants, par exemple, est un des axes prioritaires de notre action. Les gens ne s?intéressent qu?à la question de collèges nationaux, alors que cela n?est qu?une partie d?une situation complexe. Il ne faut pas voir que l?arbre, il faut voir la forêt également.

ROLE DES PARENTS

Saleem Choolun : « Le parent a désormais le choix de pouvoir ?pousser?son enfant à se surpasser et à atteindre l?excellence. C?est lui qui choisit d?offrir à ses enfants des leçons particulières. C?est son choix. »

Stéphanie Donat : « Je trouve absurde de rentrer dans la rat race pour 630 places. Cette course est causée par la panique des parents, qui ont peur que leurs enfants échouent. D?où le stress des leçons particulières. »

Stephen Bonne : « Je suis un enseignant qui donne des leçons particulières. Mais j?estime que l?on va accentuer la compétition avec les National Colleges. Ce choix, at the end of the day, revient aux parents. Mais l?État doit permettre à tous d?avoir les mêmes chances. »

Zeeta Louis : « Mes enfants n?ont jamais pris de leçons particulières. Les parents doivent accompagner leurs enfants. »

Marie-Ange Cléopâtre : « C?est tout à fait normal pour les parents d?aspirer au meilleur pour leurs enfants. Ils vont pousser vers les leçons particulières. Encore plus qu?avant. »

Radhakrishna Sadien : « L?édu-cation des enfants est la préoccupation majeure du Mauricien. Le parent ne comprend pas les réformes et il panique. Comment alors renvoyer la responsabilité sur lui ? »

André Lee : « Nous sommes tous sur l?arrêt d?autobus et il n?y a que deux bus, le premier avec des places assises et le second qu?avec des places debout.Tout le monde va se ruer vers le premier bus. Ils sont peu nombreux à vouloir attendre le prochain bus. L?éducation à Maurice est comme cela. Elle n?offre pas des places assises à tous. »

POINT DE VUE DU MINISTRE GOKHOOL

Je le répète : la décision finale d?entrer dans cette filière ou non dépendra des parents. Ce sera aux parents de motiver leurs enfants. Ce système d?éducation « based on merits » est dans notre programme gouvernemental. Un enfant, selon son potentiel et ses aptitudes, pourra être admis dans un collège national de son choix. Tout enfant mauricien pourra aspirer à une place dans un de ces neuf établissements. Ce sera aux parents d?opter pour ce système, donc de choisir s?ils désirent des leçons particulières ou non. Nous ne sommes là que pour offrir cette possibilité. Le choix final sera celui des parents. De plus, l?ouverture des collèges nationaux permettra d?offrir 1 260 places additionnelles dans les collèges régionaux. Les parents devront savoir saisir cette chance. « We are widening access and opportunities. »

NOS INVITES

Marie-Ange CLÉOPÂTRE, de Curepipe, travaille dans le domaine de la presse, parent d?un enfant en Std IV dans une école RCA, contre les « National Colleges ».

Stéphanie DONAT, de Rose-Hill, chef d?entreprise, mère de deux enfants en Std IV et V dans une école primaire RCA, plutôt contre les « National Colleges ».

André LEE, de Beau-Bassin, petit entrepreneur, parent d?élève, président de la PTA du collège de Lorette de Quatre-Bornes, membre de la FAPEC, contre la proposition de Gokhool.

Saleem CHOOLUN, de Port-Louis, instituteur à l?école de Chitrakoot, Vallée-des-Prêtres, secrétaire général de la « Government Teachers?Union » (GTU), père de deux enfants en Std III et IV dans une école gouvernementale, favorable aux mesures annoncées par le ministre Dharam Gokhool.

Zeeta LOUIS, de Roche-Bois, mère et grand-mère, trois petits-enfants à l?école primaire, ni pour, ni contre la réforme Gokhool.

Bertrand ALEXIS, pêcheur de Roche-Bois, grand-père d?un élève de Std III, pas de position précise quant aux mesures Gokhool.

Radhakrishna SADIEN, de Curepipe, président de la « Government Servants? Association » (GSA) et père d?un fils sorti 1er au CPE et d?une fille ayant vécu la formule Obeegadoo. Ni pour, ni contre la formule Gokhool.

Stephen BONNE, de Beau-Bassin, « Deputy Head Teacher » à Saint-Jean-Bosco RCA, une fille en Std IV, plutôt pour la formule Gokhool.

Rada TIRVASSEN, de Moka, linguiste, chargé de cours à l?institut de pédagogie (MIE), parent de deux enfants ayant suivi la filière secondaire privée et payante, contre la formule Gokhool.

« NATIONAL COLLEGES »</B>

Droopnath Ramphul SSS, Maurice Curé SSS, Gaëtan Raynal SSS, MGI, QEC, JKC, RCC, RCPL et Sookdeo Bissoondoyal SSS.

MODE D?ADMISSION

André Lee : « Nous n?avons pas le droit de créer un système national qui ne serait au service que de 2,5 % de la population. On ne peut donner des facilités juste à la locomotive et ne pas se soucier si les wagons sont sur la même voie ferrée. Comment n?admettre que 1 260 enfants sur les 1 500 ayant quatre A + ? Comment dépar-tager 1 260 enfants séparés de 10 points ? Tout est flou ! »

Stephen Bonne : « Nous allons diviser le pays à nouveau avec une nouvelle guerre des langues orientales. Il aurait fallu accorder un différent weightage : davantage à l?anglais et aux mathématiques et un peu moins aux autres matières. Nul n?aura alors l?impression d?être perdant. »

Saleem Choolun : « Avec les A +, les instituteurs pourront mieux développer les aptitudes des enfants et leur permettre de viser l?excellence. Pas de weightage. Nous voulons le même poids pour toutes les matières. »

Stéphanie Donat : « Comment le ministère va-t-il améliorer la qualité des A + ? En français, par exemple, cela représentera-t-il un niveau minimal appréciable ou bien sera-t-il aussi bas qu?aujourd?hui ? »

Marie-Ange Cléopâtre : « Comment se décidera le choix de l?entrée aux National Colleges ? Les 630 filles admises avec 24 unités ne pourront toutes avoir accès au QEC. Comment se décidera ce choix ? Qui décidera ? »

Bertrand Alexis : « Nous avons besoin d?écoles de qualité là où nous habitons. Il faut que cela soit maintenu. »

Radhakrishna Sadien : « Rien ne sert d?avoir des A + si la qualité n?est pas là. Ne risque-t-on pas d?avoir des enfants encore plus exam-oriented et entraînés pour ne répondre qu?à des questions et non plus à réfléchir ? Peut-on parler d?élite à 10 ans ? Comment empêcher que des élèves satisfaisant les mêmes critères et ayant les mêmes aggregate se retrouvent dans des collèges différents ? »

Rada Tirvassen : « Cette mesure de Gokhool va-t-elle aider à cons-truire une société plus généreuse et solidaire ? Une société plus mauricienne ? L?accès à l?éducation sera-t-elle plus démocratique ? Nul ne sait comment la formule Gokhool répondra à tout cela. »

POINT DE VUE DU MINISTRE GOKHOOL

Notre formule est simple : le « grade aggregate » des quatre meilleures matières et le choix des parents. Il n?y aura plus de critère de proximité pour les collèges nationaux. Pour la sélection dans les différents établissements, le Mauritius Examinations Syndicate (MES) se basera sur ces deux critères. Les simulations montrent que le système va répondre positivement aux places nécessaires à ces quatre A+. Ce n?est qu?une étape de la réforme. Il n?y aura point de « ranking ». Il faut faire confiance au MES pour gérer ce système de manière efficace et professionnelle. Le MES sera appelé à allouer les places selon le nombre de places disponibles. Je puis garantir qu?il n?y aura pas de favoritisme, passe-droits ou autre dérogation. Les critères seront respectés par le MES. Si l?on se met à douter du MES, on n?en finira pas : on doutera du judiciaire, etc.

TRANSPARENCE

André Lee : « Le ministre Gokhool fait de l?accès aux collèges d?élite une véritable loterie. Il nous dit ensuite de lui faire confiance et qu?il contactera les gagnants éventuels. Mais il refuse de publier les résultats de la loterie. Personne ne sait quels sont les billets gagnants. Il n?y aura aucune transparence. Il nous demande de faire confiance au MES. Or, le MES a connu de nombreux couacs avec le CPE : questionnaires avec des fautes, erreurs de classement dans le ranking? Que la liste et les aggregate de tous les admis dans les National Colleges soient publiés. Seule la transparence pourra rassurer le public. »

Rada Tirvassen : « De quelle transparence parle-t-on ? Ce système sera tout sauf transparent ! Un système injuste et discriminatoire peut être transparent ? »

Marie-Ange Cléopâtre : « Que le ministère publie la liste et les aggregate de tous ceux admis dans les National Colleges. Et que l?on puisse questionner les autorités quant à toute injustice ! »

Radhakrishna Sadien : « La transparence est un critère essentiel. Il faut que toute la population puisse avoir la certitude que les critères sont appliqués de la même manière pour tous. »

Stephen Bonne : « Publier les notes n?est pas la solution. Cela ne fait qu?accentuer le stress sur les parents et donc sur l?enfant. Avec un classement régional, le problème ne se pose pas. »

POINT DE VUE DU MINISTRE GOKHOOL

Les critères sont clairs et précis. La liste des enfants admis sera affichée dans chacun des neuf collèges nationaux. Elle sera publiée en ordre alphabétique. Le MES gérera tout cela. Il n?est pas question de publier la liste totale des élèves admis ainsi que leur « aggregate ? grading ». Aucun « Examination Board » ne le fait. Par contre, pour aider les parents à mieux cerner ce qu?attendent les examinateurs du CPE, j?ai demandé au MES de rendre accessible et public un « Executive Summary » du rapport par matière des « Chief Examiners » de cet exercice. Ce sera un outil indispensable pour les enseignants et les parents qui veulent aider leurs enfanst à mieux se préparer au CPE. Nous n?avons rien à cacher et nous prônons la transparence.

SOUHAITS

Marie-Ange Cléopâtre : « Il n?est pas trop tard pour suspendre la décision ministérielle. Il faut une réflexion en profondeur sur l?actuel système avant d?agir. Je suis très inquiète pour l?avenir du pays. »

Stéphanie Donat : « Il est inutile d?introduire les National Colleges maintenant. Concentrons-nous à améliorer ce qui existe déjà et à permettre à tous l?accès à une éducation de qualité. C?est déjà un vaste chantier. »

Rada Tirvassen : « Il faudra, tôt ou tard, que le ministre s?attaque aux deux problèmes majeurs de notre système : le taux d?échec (12 % seulement d?une classe d?âge arrive au HSC) et la qualité de l?enseignement. Mon souhait : concentrons-nous sur ces enjeux au lieu d?aller vers un élitisme qui va accentuer la fracture sociale et aller à l?encontre de l?unité nationale. En ces temps difficiles, notre pays n?a pas besoin de cela. »

Stephen Bonne : « Et qu?en est-il des défavorisés qui fréquentent les ZEP et les Prevoc ? Quand s?attaquera-t-on au problème de mixed abilities, où l?on a des classes de 40 élèves ? Quand s?attaquera-t-on au problème de promotion automatique ? »

Radhakrishna Sadien : « Je souhaite que le ministre suspende sa décision et qu?il provoque de vrais débats et des consultations tous azimuts. On ne peut changer de système sans évaluation et concertation. »

Saleem Choolun : « Il faut que le ministre maintienne son cap et agisse rapidement. »

André Lee : « Le ministre a choisi de placer des considérations politiques avant le bien-être de l?enfant mauricien. J?espère que les citoyens mauriciens vont réagir et lui dire stop ! Il n?est pas trop tard pour lui de revoir sa copie. »

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