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À l?hôpital ou en clinique?
La scène se passe dans un Health Centre des Plaines-Wilhems. C?est l?heure de la consultation. Le médecin de service ne lève pas la tête pour regarder sa patiente, une sexagénaire.
Il ne lui adresse même pas un mot d?accueil pour la mettre à l?aise. Puis, la consultation commence.
Le médecin est concentré sur son dossier. Mais il marque un temps d?arrêt lorsque la patiente lui fait remarquer que ledit dossier n?est pas le sien. Après quelques minutes, le médecin retrouve le bon document. « En moins de deux, il m?annonce que la consultation est terminée. Il n?a même pas pris la peine de m?ausculter. Je m?attendais au moins qu?il mesure ma pression artérielle. Je suis partie de là plus mal que lorsque je me suis rendue dans ce centre de santé », confie la patiente.
Si les droits des patients étaient scrupuleusement respectés et que les médecins suivaient les dispositions du Code of Practice inscrites dans le Medical Council Act de 1999, de telles situations auraient pu être évitées.
Les droits des patients. Voilà un concept qui n?est, semble-t-il, pas encore entré dans nos m?urs. Si cette patiente connaissait ses droits, elle aurait pu attirer l?attention du médecin sur son manquement. Mais elle a refusé de donner suite à une possibilité de porter plainte. Pire, dans ce centre de santé, il n?y a aucune information indiquant à un patient comment consigner une plainte.
Toutefois, il ne faut pas mettre tous les torts sur les médecins du secteur public, car ces derniers travaillent parfois dans des conditions extrêmement difficiles. « Il est possible d?imaginer la pression qui pèse sur les épaules des médecins. Il n?est pas toujours aisé de trouver le juste équilibre entre le temps à être consacré à un patient et le nombre de malades qu?il faut ausculter. Cependant, l?accueil du patient est primordial. Le médecin doit le mettre à l?aise et tout faire pour créer un climat de confiance entre ce dernier et lui », explique John Ng Lung Kit, directeur de la Clinique mauricienne et médecin de profession.
Serge Rayapoullé, membre fondateur du Comité pour l?amélioration de la santé, estime qu?il est grand temps pour le ministère de mettre en place une charte du patient. « Ce projet ne date pas d?hier. À l?époque où il était ministre de la Santé, Kadress Pillay avait fait placarder une charte du patient dans chaque salle de consultation. Et lorsque Kishore Deerpalsing était ministre de la Santé, le numéro du Complaints Bureau était affiché dans tous les centres de santé. Cependant, j?estime que le carnet de santé est une priorité. Cela contribuera à réduire sensiblement le budget de fonctionnement du ministère. Il permettra d?alléger le volume de travail du personnel soignant. Le suivi médical en sera facilité. »
<B>Les conséquencessont trop coûteuses</B>
Dans d?autres sociétés, les droits du patient sont inscrits dans la législation. Au Nouveau-Brunswick (Cana-da), par exemple, un patient est légalement en mesure de recevoir des renseignements pertinents sur les soins, de poser des questions et de recevoir des réponses.
Et selon l?article 35 du code de la santé publique en France : « Le médecin doit à la personne qu?il examine, qu?il soigne ou qu?il conseille, une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu?il lui propose. Tout au long de la maladie, il tient compte de la personnalité du patient dans ses explications et veille à leur compréhension. »
Un cas de violation des droits fondamentaux d?un patient est un cas de trop. Les conséquences que cela pourrait occasionner sont trop importantes et coûteuses pour se contenter de trouver des excuses à un médecin soupçonné d?un tel manquement.
Le Medical Council Act de 1999 prévoit bien l?établissement d?un Code of Practice pour les médecins. Mais que peut faire un patient ignorant de ses droits face à un praticien qui ne respecte pas les consignes du Code of Practice ? Un préposé du ministère de la Santé annonce que le parquet examine une charte destinée aux patients et que le document sera rendu public incessamment. Effet d?annonce ou pas, la balle est désormais dans le camp du ministère de la Santé.
Chacun est confronté, au quotidien, à des situations où la connaissance de ses droits et ses devoirs est primordiale. Cette rubrique se propose de vous les faire connaître, afin que vous sachiez, notamment dans vos relations avec l?administration, ce que vous êtes en droit d?attendre d?elle.
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