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«Save the children» alerte l?ONU
Dans le cadre de la Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants, qui se déroule aujourd?hui, Save the Children a rendu public un contre-rapport hier. Celui-ci contient des observations tranchantes ainsi que des recommandations qui respirent le bon sens.
De plus en plus, l?activisme de la société civile influence la façon dont les institutions internationales, et notamment les Nations unies, perçoivent le pays. Après Justice, qui avait présenté son contre-rapport devant le Comité des droits de l?homme en mars, c?est au tour de Save the Children de dévoiler la situation des enfants mauriciens au Comité des droits de l?enfant. Grâce à ce rapport parallèle, le Comité, qui siège à Genève en Suisse, sera plus apte à interroger la délégation officielle, composée des hauts cadres des ministères pertinents, quand celle-ci présentera son rapport national devant les Nations unies le 19 janvier.
Le rapport est le fruit de six mois de recherche. «Un travail de fourmi », commente le secrétaire général de l?organisation, Veenace Koonjal. Il brosse un tableau fidèle des «lacunes et manquements» au niveau des droits des enfants et de leur mise en ?uvre.
La conseillère légale de Save the Children, Marie Lourdes Lam Hung, a expliqué que la réalisation du rapport s?est faite en quatre étapes. La convention relative aux droits des enfants a été épluchée « article par article » pour ensuite être comparée à la situation à Maurice. A partir de là, une liste des «zones qui nous interpellent» a été établie. En dernier lieu, l?Ong est venue avec ses recommandations. «On espère que les autorités concernées, tels les ministères des Droits de la femme et du développement des enfants, de la Justice et de la Sécurité sociale, agiront en fonction des recommandations», ajoute Marie Lourdes Lam Hung.
Parmi ces nombreuses recommandations, on note la nécessité de mettre sur pied une Children?s Court présidée par un juge pour enfants, et pourvue en personnel qualifié. Un comité d?enfants, âgés entre 13 et 15 ans, pourrait aussi «faire entendre la voix des enfants». Quoique prévu par l?article 13 de la National Children?s Act, ce comité n?a pas encore vu le jour.
Save the Children demande aussi que les enfants se trouvant en détention pour des offenses mineures n?aient pas à payer de caution pour sortir des Rehabilitation Youth Centres (RYC) et Correctional Youth Centres (CYC). L?organisation parle en connaissance de cause pour avoir déboursé Rs 32 000 pour libérer plus d?une dizaine d?enfants sous caution. Elle affirme que les RYC et CYC doivent être détachés du service des prisons.
Par ailleurs, l?Ong est d?avis qu?il ne faut pas incarcérer les enfants pour des délits liés à la consommation de drogue. Elle souligne aussi le traumatisme infligé sur l?enfant frappé d?un Emergency Protection Order (EPO). En effet, l?enfant doit se rendre personnellement en cour pour obtenir un EPO. Marie Lourdes Lam Hung déplore le remplacement du Child Protection Officer par le Child Welfare Officer. «Ce n?est pas la même chose !», lance-t-elle.
Plus grave encore, le Protection from Domestic Violence Act n?est jamais invoqué. Il semblerait que les autorités préfèrent utiliser le Child Protection Act. Selon la conseillère légale de l?Ong, cet état de choses est des plus inappropriés, surtout dans les cas d?inceste. «Si un parent viole l?enfant, ce dernier doit être enlevé de la maison. Au lieu de cela, on place l?enfant dans un abri !»
Ces recommandations mentionnées ici ne sont qu?un bref aperçu du travail accompli par Save the Children. L?important, c?est qu?il a été présenté en main propre aux experts du comité. L?Ong espère maintenant que Maurice enverra une délégation de «très haut niveau». Ce qui semble réalisable, étant donné que son conseiller légal, en 1995, n?était nul autre que l?actuel ministre de la Justice, Rama Valayden.
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