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«La Bourse de Maurice profite d?un mouvement en faveur des marchés émergents»
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«La Bourse de Maurice profite d?un mouvement en faveur des marchés émergents»
Les dernières prévisions du Bureau central des statistiques (BCS) sont très encourageantes. Le BCS prévoit un taux de croissance de 6 % pour l?année en cours. 2007 a vu une progression de 5,6 % du produit intérieur brut (PIB). Les principaux moteurs de l?économie seront au rendez-vous cette année après la bonne performance de l?année dernière.
Plusieurs secteurs ont connu une forte activité en 2007. Parmi, le textile qui a progressé par 10 %. Cela confirme la stabilisation de cette industrie après plusieurs années difficiles.
Le bâtiment fait un bond de 15 % sur la base des projets de l?Integrated Resort Schemes (IRS) et de la construction et la rénovation des hôtels principalement.
Le tourisme est en plein essor avec une croissance de 13,1 %. Nous avons dépassé la barre de 900 000 touristes l?année dernière. Le secteur financier profite de cette effervescence et réalise une progression de 7,3 %.
L?investissement privé est en hausse. Il représente 18,9 % du PIB contre 15 % en 2006. L?investissement privé est tiré principalement par l?IRS et le tourisme et, dans une moindre mesure, par le textile-habillement.
La balance extérieure s?améliore. Le déficit commercial, en termes réel par rapport au PIB, passe de 11,3 % en 2006 à 7,9 % en 2007.
Je note aussi une amélioration dans l?épargne. Le taux de l?épargne (par rapport au PIB) passe de 17 % en 2006 à 17,6 % en 2007. En même temps, la croissance de la consommation est au ralenti : 5 % en 2006 contre 4 % en 2007.
● <B>Si au niveau local les choses se présentent plutôt bien, il y a beaucoup d?incertitudes sur le plan mondial. Quelle est l?origine des instabilités qui secouent les grandes places financières ?</B>
Cette instabilité trouve son origine dans la crise des crédits immobiliers à risque (sub-prime mortgages) aux Etats-Unis. Le terme sub-prime est celui qui a été le plus utilisé sur les places financières en 2007.
La crise du sub-prime est la conséquence du phénomène de titrisation (securitisation), soit un mécanisme où les banques qui ont prêté de l?argent cèdent leurs créances à d?autres institutions sous forme de titres négociables.
Ces titres sont aussi connus comme des collateralised debt obligations (CDO) ou des asset-backed commercial papers. En effet, les banques américaines qui ont prêté aux clients à risque, ont reconstitué les créances en question sous forme des produits financiers structurés en les mélangeant avec d?autres types de dettes tels que les recevables des cartes de crédit.
Ces créances reconstituées ont été revendues sur le marché des capitaux à d?autres institutions financières à travers le monde. Les titres étaient offerts à des taux de rendement très attrayants pour attirer les investisseurs.
Les banques prêteuses n?avaient aucune motivation pour appliquer les règles de vigilance car il s?agissait des items hors balance sheet. Ceux qui ont racheté les produits structurés ont, par contre, sous-estimé les risques des crédits sub-prime.
Le déclic est intervenu lorsque les prix des logements aux Etats-Unis ont commencé à chuter. Les emprunteurs n?arrivaient plus à honorer leurs engagements auprès de leurs banques. Il y a eu un effet boule de neige sur les marchés financiers à travers le monde. A ce jour, seulement une partie infime des créances défaillantes a été mise au grand jour.
Le spectre du sub-prime américain va continuer à hanter les marchés financiers internationaux. Les analystes prévoient un ralentissement économique aux Etats-Unis et en Europe sur fond de craintes de la chute continue du marché des logements aux Etats-Unis, des cours pétroliers élevés et d?un resserrement des crédits.
● <B>Dans quelle mesure l?économie mauricienne est-elle exposée à ces instabilités financières ?</B>
Les marchés émergents, dont Maurice, ont pu résister à ces perturbations. Au fait, ils ont profité des instabilités qui ont touché les marchés développés. Les investisseurs sont en train de fuir les places financières développées pour se réfugier dans les marchés émergents.
Il y a eu une rentrée nette de $33 milliards dans les instruments à rendement fixe des marchés émergents au cours de 2007. Les investisseurs estiment que les fondamentaux économiques des économies en développement ont connu beaucoup d?amélioration ces dernières années et présentent des perspectives de croissance intéressantes.
Maurice n?est pas en reste. La Bourse de Maurice profite d?un mouvement en faveur des marchés émergents. Les investisseurs étrangers s?intéressent de plus en plus au marché boursier mauricien. La Bourse a enregistré un net portfolio inflow de Rs 1,5 milliard en 2007.
Propos recueillis par <B>Akilesh ROOPUN</B>
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